Stephane Roussel, PDG de SFR

4G : 5000 emplois menacés chez SFR en cas de refarming

Selon le PDG de SFR, 5000 emplois seront détruits si Bouygues Telecom bénéficie de manière anticipée du droit d’exploiter la 4G en 1800 MHz.

La 4G devait être une planche de salut pour les opérateurs. Elle pourrait bien se révéler savonneuse. Pour SFR notamment. C’est du moins l’avis qu’à récemment exprimé Stéphane Roussel, de manière informelle, à une poignée de journalistes.

Le PDG de SFR s’exprimait face aux risques concurrentiels induits d’accorder à Bouygues Telecom le droit de commercialiser la 4G dans la bande des 1800 MHz. L’opérateur avait fait la demande en juillet dernier à l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) de pouvoir réattribuer l’usage des fréquences (le refarming) de la 2G vers la 4G.

Un avantage concurrentiel

Bénéficier de ce droit permettrait à Bouygues Telecom de lancer plus rapidement ses offres 4G qu’avec la bande des 2600 MHz et 800 MHz dont il détient néanmoins une licence, mais qui nécessite le déploiement d’un nouveau réseau. Un avantage concurrentiel contre lequel s’opposent les opérateurs.

Stéphane Roussel a donc relancé la question en estimant à 5000 le nombre d’emplois qui pourraient être menacés dans l’écosystème de SFR (siège, boutiques et fournisseurs) si Bouygues Telecom obtient le refarming. Et de « 2500 si la réattribution des fréquences advenait en 2014 », rapporte l’AFP. Des chiffres issus d’études internes, nous précise l’opérateur.

Un changement des règles risqué

Les concurrents de Bouygues Telecom dénoncent notamment les risques qu’il y a à changer les règles du marché en cours de route. À savoir avoir investi 3,6 milliards d’euros en licences de nouvelles fréquences et continuer à investir pour déployer le réseau permettant de les exploiter si c’est pour voir l’un d’entre eux bénéficier d’un droit d’utilisation d’anciennes fréquences pour exploiter la prometteuse 4G.

Un argument que les intéressés pourraient exploiter pour attaquer la décision en justice et demander le remboursement des licences 4G devenues, en partie, obsolètes. D’autre part, en cas de concurrence déloyale, les opérateurs pourraient lever le pied sur les investissements 4G mettant en péril la filière télécoms en France.

La décision de l’Arcep en attente

Partagée entre la nécessité de soutenir Bouygues Telecom, qui souffre de l’arrivée de Free Mobile, et celle de respecter les règles du marché, l’Arcep devrait se prononcer en février sur la question. Pour sa part, la Commission des participations et des transferts préconiserait le refarming pour 2020. Trop tard pour Bouygues Telecom ?


SFR lance sa 4G à Lyon en images

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