Altice boucle l’acquisition de Cablevision

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Altice a réussi son augmentation de capital dans des conditions moins favorables que prévues. Le financement de l’acquisition de Cablevision est également bouclé. Mais le marché reste méfiant.

Altice a finalement bouclé son augmentation de capital, a annoncé la holding de Patrick Drahi hier en milieu d’après-midi. L’opération, qui compte pour 10% du capital de l’entreprise, s’est effectuée sous la forme d’un placement accéléré (avec deux types d’action à 17 euros chaque) qui a permis à l’entreprise d’obtenir 1,61 milliard d’euros. Altice en espérait 1,8 milliard. Des dirigeants du groupe ont participé à l’augmentation à hauteur de 170 millions d’euros (dans les actions de type B). Au final, Patrick Drahi conserve 58,5% du capital pour 92% des droits de vote.

L’augmentation de capital va permettre à Altice de boucler l’acquisition de l’américain Cablevision pour 17,7 milliards de dollars (15,7 milliards d’euros) annoncée en septembre dernier. Laquelle est néanmoins également soutenue par un emprunt obligataire de 8,6 milliards de dollars placé par Altice sur des termes de 7 ans (pour deux prêts à 3,8 milliards chacun), et 10 ans (pour 1 milliard). Mais à des taux moins intéressants (7,6%) que ceux obtenus en début d’année pour Portugal Telecom (5% à 6,5%), indiquent Les Echos

Le titre chahuté

En résumé, Altice a réussi son nouveau coup d’éclat : acquérir un deuxième cablo-opérateur américain quatre mois après le rachat de Suddenlink, donnant l’impression que, après SFR, Virgin Mobile en France, et Portugal Telecom l’année dernière (sans compter l’offre, rejetée, sur Bouygues Telecom), les capacités d’acquisitions de Patrick Drahi semblaient sans limite. Il est vrai que ce dernier ne cache pas ses ambitions de créer un véritable empire télécoms international. Néanmoins Dexter Goei, le CEO d’Altice, déclarait la semaine dernière que le groupe ferait « une pause dans le rythme des acquisitions en particulier sur les grandes opérations ».

Surtout, le titre d’Altice a sérieusement été chahuté ces derniers temps laissant apparaître l’inquiétude du « marché » face à la capacité d’endettement de la holding qui atteindrait les 45 milliards d’euros de dettes, rapporte ITespresso.fr. Hier après-midi, l’action cédait plus de 8 % par rapport au cours de clôture de la veille. Et celui de sa filiale Numericable-SFR reculait de 1,65% sur Euronext Paris, après une chute de 9,24 % hier en séance. En milieu d’après-midi, ce vendredi 2 octobre, le titre reculait à 16,7 euros à Amsterdam contre 16,98 euros la veille. Ni l’augmentation de capital, ni le bouclage de l’acquisition de Cablevision ne semblent, pour l’heure, redonner la confiance du marché.


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