Altice pose un pied sur le sol américain… et alourdit sa dette

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Altice annonce l’acquisition du câblo-opérateur américain Suddenlink pour 9,1 milliards de dollars. Et pose un pied aux Etats-Unis. Patrick Drahi réussit là où Xavier Niel a, pour l’heure, échoué.

Insatiable ! Altice vient d’annoncer une nouvelle acquisition majeure. Cette fois, la holding télécoms détenue par Patrick Drahi fait main basse sur Suddenlink, un câblo-opérateur américain. Une acquisition qui valorise l’opérateur à 9,1 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros). Soit 7,6 fois la valeur de l’Ebitda ajusté de la cible.

Septième câblo-opérateur américain

Suddenlink s’inscrit comme le septième plus important opérateur fixe des Etats-Unis. Il dispose d’un réseau haut débit déployé au Texas principalement ainsi qu’en Virginie occidentale, en Louisiane, Arkansas et Arizona. L’opérateur compte 1,5 million de clients résidentiels et 90 000 entreprises à qui il propose des services d’accès, de téléphonie, de vidéo et de services professionnels. En 2014, l’entreprise texane a généré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars pour 900 millions de bénéfices.

Suddenlink constitue le deuxième rachat le plus important de ces 18 derniers mois pour Altice après SFR (pour 13,5 milliards d’euros en avril 2014, l’opération ayant été complétée par le rachat de la participation restante de Vivendi dans le capital de l’opérateur), mais devant Portugal Telecom (7,4 milliards d’euros en décembre dernier). Dans les détails, Altice acquiert 70% du capital du câblo-opérateur en rachetant des parts détenues par les investisseurs BC Partners, CPP Investment Board et des gestionnaires. Les 30% non détenus par Altice restent aux mains des sociétés d’investissement. Altice entend financer son acquisition par la dette, nouvelle ou existante, à hauteur de 6,7 milliards de dollars, et par 1,2 milliard en cash. Ce qui amène le niveau d’endettement d’Altice aux environs des 30 milliards d’euros ; le groupe ayant annoncé une dette nette de 24,5 milliards lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre 2015. Notons que BC Partners et CPP Investment Board accordent également un prêt de 500 millions de dollars au propriétaire de Numericable-SFR, qui espère finaliser l’opération avant la fin de l’année après accord des autorités de régulation.

Une porte d’entrée sur le premier marché mondial

Avec un potentiel de croissance présenté comme prometteur, Suddenlink s’inscrit dans la logique de développement par acquisitions d’Altice avec la volonté d’opérer des offres résidentielles et professionnelles. L’opération permet surtout au groupe luxembourgeois, qui opère aujourd’hui en Europe, en Israël et sur des territoires d’outre mer, de mettre un pied sur le sol américain, considéré parmi les marchés les plus attractifs dans le monde pour l’industrie des télécoms. « Notre investissement dans Suddenlink, le premier dans le secteur du câble aux États-Unis, ouvre une voie industrielle et stratégique attrayante pour Altice aux États-Unis, l’un des plus grands et des plus dynamiques marchés des communications dans le monde », déclare Dexter Goei, le CEO d’Altice. C’est aussi un joli pied de nez à Iliad (Free), qui avait tiré un trait sur son rêve américain après l’échec du rachat de T-Mobile à l’automne 2014. Et il est fort probable que les ambitions d’Altice au pays de l’Oncle Sam ne s’arrêtent pas à Suddenlink. Bref, Patrick Drahi pourrait réussir là où Xavier Niel a échoué, à ce jour du moins.


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