L’automatisation et l’IA vont-ils avoir la peau des travailleurs ?

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L’automatisation impacte l’emploi. Mais peu de professions seront totalement remplacées par des machines et applications intelligentes durant la prochaine décennie, selon le cabinet McKinsey.

L’impact de l’automatisation sur l’emploi varie considérablement d’une activité à l’autre. C’est le constat d’une étude américaine (« Where machines could replace humans ») du cabinet McKinsey. La société a analysé des données publiques concernant 800 métiers dans 2000 domaines. L’objectif : déterminer quelles activités sont les plus susceptibles « techniquement » d’être automatisées.

45 % des activités automatisables

Aux États-Unis, les technologies disponibles aujourd’hui « pourraient automatiser 45 % des activités que les travailleurs effectuent en contrepartie d’une rémunération », selon les consultants de McKinsey. C’est le constat que faisaient déjà, en 2013, l’économiste Carl Benedikt Frey et l’ingénieur Michael A. Osborne (voir leur étude). Ce taux attendrait même 54 % dans l’Union européenne des 28 et 50 % en France, d’après le groupe de réflexion économique européen Bruegel.

Outre-Atlantique à nouveau, McKinsey estime que « 60 % de tous les métiers pourraient voir automatiser 30 % de leurs activités ». Le risque d’automatisation complète, soit le remplacement par un robot ou une application d’intelligence artificielle (IA), est donc peu élevé. Mais tous les métiers ne sont pas logés à la même enseigne.

Management et éducation moins exposés

Avec les technologies actuellement disponibles, les activités les plus susceptibles d’être automatisées se trouvent dans la restauration collective (avec un potentiel d’automatisation estimé à 73 % par McKinsey. Suivent : la production (59 %), le commerce de détail et les transports (51 %), et l’extraction des ressources (50 %). Les emplois administratifs et les cols bleus sont donc les plus exposés. Ils ne sont pas les seuls. Des travailleurs de la connaissance actifs dans différents secteurs, dont la finance (43 %), la santé et les médias (36 %, respectivement), sont également concernés (c’est le cas des rédacteurs, entre autres).

À l’inverse, la faisabilité technique de l’automatisation est la plus faible dans l’éducation (27 %), « pour le moment ». Tous secteurs confondus, les activités les plus difficiles à automatiser aujourd’hui sont celles du management (avec un potentiel d’automatisation de 9 % seulement), de l’expertise appliquée à la prise de décision, la planification ou au travail créatif (18 % ). Selon un autre rapport, la 4e révolution industrielle vue par le Forum économique mondial, les profils qualifiés en informatique, mathématique, architecture et ingénierie devraient bénéficier d’une forte croissance de la demande du marché. Bref, des profils qui développent et maintiennent les applications d’IA.

9 % d’emplois menacés en France

Selon des travaux de l’OCDE, 9 % des emplois en France présentent un risque élevé de remplacement par des robots et/ou logiciels (plus de 70 % de tâches automatisables), un taux conforme la moyenne. Et 30 % présentent un faible risque d’automatisation complète.

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crédit photo © charles taylor – shutterstock.com

Auteur : Ariane Beky
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