Avec AirGig, AT&T veut réinventer les réseaux sans fil

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AT&T a présenté une technologie sans fil capable de fournir plusieurs gigabit/s de données en exploitant le réseau électrique de moyenne tension. Un futur concurrent de la fibre optique ?

Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle technologie sans fil révolutionnaire ? AT&T veut le croire. Après 10 ans de recherche, les chercheurs de l’opérateur américain viennent de présenter AirGig, une technologie de connectivité sans fil aussi inédite que prometteuse. Sur le papier du moins. L’idée étant de fournir un Internet sans fil ultra haut débit (plusieurs gigabits par seconde) à faible coût de déploiement comme d’exploitation. AirGig s’affranchirait en effet des frais de licence d’exploitation des spectres hertziens. Une ressource naturelle limitée généralement vendue des fortunes aux opérateurs par les Etats.

AirGig s’appuie sur les réseaux de lignes électriques de moyenne tension (celles portées par les poteaux en bois ou béton de nos rues et campagnes) pour envoyer un signal radio modulé qui assure le transport des données et cela sans nécessairement être connecté au réseau électrique. En fait, le système exploite de nouvelles antennes qui créent un champ électromagnétique chargé d’accélérer et de guider les ondes le long de la ligne d’alimentation. Une sorte de courant porteur sans fil ? AT&T n’en dit pas plus pour le moment.

Un réseau rapide à déployer

La réception finale du signal s’effectue à partir des small cell (petites antennes cellulaires) ou de DAS (Distributed Antenna Systems) aujourd’hui déjà exploités. AT&T évoque des antennes en « plastique » à bas coût et des terminaux positionnés le long du réseau électrique qui génèrent les ondes millimétriques (au-delà de 6 GHz) potentiellement compatibles avec les technologies mobiles LTE 4G aujourd’hui et 5G demain.

L’opérateur insiste sur l’absence de nécessité de construire de nouveaux pylônes ou points haut pour accrocher des antennes mobiles. Et encore moins la pose de fibres ou câbles coaxiaux sous terre. Une configuration idéale pour assurer un déploiement optimale de la technologie et raccorder rapidement une zone aussi bien urbaine que rurale à partir du moment où elle est parcourue d’un réseau d’électricité. AirGig est aujourd’hui en phase d’expérimentation poussée au sein des laboratoires de AT&T et en extérieur dans ses campus. L’opérateur espère lancer des essais grandeur nature en 2017.

Une approche smart grid

« Nous pensons que cette approche est unique dans notre industrie », indique l’opérateur qui a déposé une centaine de brevets autour de sa technologie. Une approche qui, en plus des particuliers et entreprises, pourrait également intéresser les société de services publics pour l’exploitation d’applications de gestion d’énergie (smart grid), de voirie et tout autre système de mesure et contrôle à distance, et ouvrir ainsi une nouvelle dimension pour l’Internet des objets (IoT).

« Nous pensons que le projet AirGig a le potentiel d’apporter rapidement la connectivité à toutes les parties du monde, déclare John Donovan, président et responsable de la stratégie d’AT&T. Projet AirGig est encore en phase d’expérimentation. Cela dit, je suis heureux de ce que les ingénieurs d’AT&T Labs ont développé à ce jour. Notre approche globale d’accès, en collaboration avec notre architecture réseau SDN, est inégalée dans sa capacité à ouvrir la voie à des expériences connectées comme la réalité augmentée, la réalité virtuelle, les voitures autonomes, la télémédecine et la vidéo 4K mobile. Dans les villes urbaines, rurales dans le monde entier. » Une approche qui n’est pas sans faire penser à la vision d’un monde hyperconnecté sur un réseau ultra performant propre à la 5G.


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