AWS plaide pour l’extension du domaine du Cloud au legacy

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Les start-up, les tests et le développement. Ce sont ces marchés qui ont fait la fortune AWS, mais le bras armé du Cloud d’Amazon voit désormais plus loin et cible la migration des environnements IT existants.

Amazon Web Services (AWS) a beau être le leader incontesté du Iaas, de l’infrastructure fournie sous forme de services, avec un chiffre d’affaires annuel de 10 milliards de dollars au rythme actuel, il n’entend pas s’arrêter à ce seul segment. A l’occasion du 5èmeAWS Summit, qui se tenait le 31 mai à Paris, la filiale du e-commerçant n’a pas fait mystère de sa volonté de mordre les mollets des fournisseurs traditionnels de l’IT. Devant quelque 2 000 personnes, Werner Vogels, le directeur technique (CTO) d’AWS (en photo ci-dessus), a martelé son message : le Cloud rend plus simple le lancement de nouvelles activités, mais il permet aussi d’optimiser l’infrastructure existante. « Très souvent, dans les DSI, entre 20 et 30 % du logiciel acheté n’est même jamais utilisé », lance le CTO.

Car, dans la migration des environnements vers le Cloud, AWS entend faire un peu mieux que récupérer la seule couche infrastructure. De plus en plus, le géant du Iaas propose des services applicatifs clefs en main. C’est notamment vrai dans l’analytique ou les bases de données où l’activité Cloud du e-commerçant vend ses propres services, basés sur des technologies Open Source. Côté analytique, AWS aligne ainsi EMR (Elastic MapReduce, un service basé sur Hadoop), Redshift (datawarehouse), QuickSight (BI), ElasticSearch (recherche plein texte), Kinesis (analytique temps réel) et Machine Learning. Une offre complète. Et, côté base de données relationnelles, AWS propose son propre moteur, Aurora, en plus d’offres plus traditionnelles (MySQL, Oracle, SQL Server, PostgreSQL). Aurora propose, selon Werner Vogels, des fonctions de classe entreprise, pour les coûts de l’Open Source : « cette technologie est 5 fois plus rapide que n’importe quelle base SQL que vous ayez connu », s’aventure Werner Vogels.

« S’aligner sur les coûts de l’Open Source »

Comme Redshift pour le datawarehouse, Aurora cible notamment un marché de remplacement des bases de données traditionnelles, Oracle et Microsoft SQL Server en tête. « Nombre d’entre vous souhaitent se débarrasser des bases de données onéreuses pour s’aligner sur les coûts de l’Open Source », remarque Werner Vogels. Selon le CTO, Aurora est le service connaissant la croissance la plus rapide de l’histoire d’AWS. Le spécialiste des voyages Expedia aurait ainsi basculé une base de près de 300 millions de lignes sur cette technologie.

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« Dans le Big Data, les acteurs traditionnels ont perdu la bataille face à l’Open Source », résume Aissa Belaïd, le responsable de l’équipe data du site LeBonCoin.fr. Le spécialiste des petites annonces mise pour l’instant sur ses propres déploiements de technologies Open Source sur les infrastructures d’AWS, mais n’exclut pas de migrer vers les services managés d’Amazon.

Un outil AWS d’aide à la migration

Pour faciliter la migration des bases de données vers ses technologies, le géant du Cloud propose un outil de conversion, permettant de passer d’un schéma de données à un autre (et notamment à Aurora). AWS multiplie également les options permettant d’accélérer la phase de reprise de données, via l’utilisation de ses points de présence (à ce jour AWS en compte deux en France, à Paris, et Marseille), via des liens directs (une option qu’AWS entend prochainement proposer pour Paris) et même via des appliances physiques – les Snowball – livrées par camion et permettant de transférer rapidement dans le Cloud jusqu’à 80 To par unité.

Cette stratégie visant à pousser les grands comptes à basculer une partie de leur patrimoine informatique sur ses plates-formes se décline aussi dans un service d’audit (Application Discovery Service), permettant de parcourir les applications présentes dans le système d’information et de répertorier leurs dépendances. Ce logiciel, qui se base sur un agent installé localement, permet « de définir quelles applications peuvent migrer en premier », résume Werner Vogels. Car, pour ce dernier, les environnements hybrides, mêlant Cloud et serveurs placés derrière le firewall, sont appelés à durer. « Ces deux mondes fonctionnent très bien ensemble », assure le directeur technique, qui cite là encore les efforts déployés par sa société en la matière (Cloud privé virtuel, gestion unifiée des identités). Même les pionniers de la migration dans le Cloud de l’informatique legacy cités par AWS – GE qui envisage d’y transférer 9 000 workloads, ou la banque australienne SunCorp – planifient cette transition sur plusieurs années.

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