Bannir Microsoft ? La Russie y pense

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Selon un document des renseignements américains, Vladimir Poutine aurait fait du remplacement de Windows et Office une priorité. En pratique, la transition reste complexe.

Dans le contexte actuel de cyberguerre froide, qui voit les Etats-Unis accuser la Russie d’actes de piratage afin d’influencer la campagne électorale en cours, Vladimir Poutine aurait fait du remplacement des technologies Microsoft par des logiciels conçus en Russie une priorité. C’est en tout cas ce qu’affirme un document du ministère de l’Intérieur américain (US Homeland Security) que s’est procuré la chaîne de télévision américaine NBC. La crainte du leader du Kremlin ? Voir les Etats-Unis utiliser leur connaissance de Windows et Office pour infiltrer les organisations russes.

Selon ce document, les craintes de Moscou proviennent – paradoxalement – du modus operandi choisi par des pirates russes pour provoquer une panne sur le réseau électrique ukrainien dans le courant de l’année dernière. Une infiltration qui trouvait son origine dans un hameçonnage ciblé exploitant des documents Microsoft Office. Poutine craint que des techniques similaires soient employés contre les intérêts russes. D’où la volonté du Kremlin de bannir Redmond des administrations et des entreprises contrôlées par l’Etat.

1 500 logiciels russes

Quelques heures après la sortie de ce rapport, un porte-parole du Kremlin a toutefois tempéré ses conclusions. Si Dmitri Peskov a confirmé qu’une transition vers des technologies russes était bien en cours, il a précisé que le remplacement total de Windows et d’Office n’était pas à l’ordre du jour, faute d’alternative crédible développée par l’industrie locale.

En novembre 2015, le Premier ministre Dmitri Medvedev approuvait une législation obligeant les administrations locales à se tourner vers des logiciels russes. Seules entorses permises : les cas où un besoin précis n’est pas couvert par une application ‘made in Russia’. Au moment de l’entrée en vigueur de cette loi, en janvier 2016, Moscou avait créé une liste de 1 500 logiciels russes capables de remplacer des standards internationaux. Mais cette liste ne permet pas aujourd’hui de combler tous les besoins des administrations locales.

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Crédit photo : Kremlin.ru

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