Godefroy de Bentzmann, Syntec Numérique : « ma priorité, peser sur la Présidentielle »

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Elu président du Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann fait de la Présidentielle le premier objectif de son mandat. L’objectif ? Peser (enfin) sur cette échéance centrale de la vie politique.

Tout juste élu à la présidence de Syntec Numérique, Godefroy de Bentzmann, le co-président de Devoteam, détaille les priorités de son mandat à la tête du syndicat patronal regroupant les SSII (ou ESN selon la nouvelle terminologie), les éditeurs de logiciels et les sociétés de conseil en technologies. Avec un temps fort incontournable qui se profile dans quelques mois : l’élection présidentielle, pour laquelle le Syntec Numérique affûte déjà ses armes.

Silicon.fr : Quelle est la première priorité de votre mandat ?

Godefroy de Bentzmann : Evidemment la plate-forme présidentielle que nous préparons, et qui renfermera nos propositions. Nous voulons formaliser la vision de Syntec Numérique dès la ou les primaires, afin d’être en mesure de faire bouger les lignes assez tôt. Nous sommes d’ailleurs déjà en train de monter l’équipe qui sera chargée de ce dossier. Pour cette échéance, nous avons l’ambition de nous connecter à d’autres syndicats ou organisations, issues du numérique ou pas, avec pour ambition d’amener différents angles de vue.

Quels sujets entendez-vous porter durant cette campagne ?

G.d.B. : Un des sujets évidents, c’est le temps de travail. La France n’a pas d’autre solution que de libérer le temps de travail, pour sortir d’une logique héritée du 19ème siècle.  Regardons les choses en face : une étude menée récemment auprès de 150 000 employés en Europe montre que ceux-ci passent en moyenne 1h30 par jour à surfer sur le Net, pour des motifs personnels. Et les entreprises l’acceptent ! Vouloir segmenter les activités n’a plus de sens. Les 35 heures, les 11 heures de repos consécutives sont des aberrations, et constituent de vrais enjeux dans nos métiers. Voir une société de services être attaquée pour avoir fait travailler des salariés le 1er mai pour un contrat avec Météo France, en voir une autre poursuivie pour un e-mail envoyé par un de ses salariés à 22 heures, c’est inacceptable !

Lors de la dernière Présidentielle, le numérique n’avait pas pesé dans la campagne, malgré les efforts de Syntec Numérique. Avez-vous l’espoir que, cette fois, ce soit différent ?

G.d.B. : Au cours des 6 à 18 derniers mois, on a assisté à une prise de conscience du poids du numérique dans l’économie. Je pense donc que les candidats seront plus sensibles au sujet que lors de la dernière élection. D’où notre volonté de concevoir une plateforme pour les alimenter en propositions.

L’autre dimension affichée dans votre programme, c’est l’Europe. Quelle démarche imaginez-vous pour peser à l’échelle du continent ?

G.d.B. : Sur la partie lobbying, le travail de Syntec Numérique s’est pour l’instant concentré sur la France, alors que la plupart des sujets réglementaires démarrent à Bruxelles. Même si on a investi dans DigitalEurope (un groupe de pression représentant l’industrie high-tech européenne, NDLR), notre organisation – nos commissions, collèges et comités – est au fond mal connectée aux institutions bruxelloises. C’est pourquoi nous allons recruter un permanent pour nous positionner suffisamment en amont sur les sujets en débat à Bruxelles et pour mieux nous connecter à d’autres organisations travaillant sur lesdits sujets, afin par exemple de définir des positions communes. Dans 3 ans (la durée du mandat de président de Syntec Numérique, NDLR), il faut que notre organisation soit bien plus européenne qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Par ailleurs, la dimension européenne recèle également un sujet économique, notamment pour les éditeurs de logiciels dont la réussite économique dépend de l’internationalisation. Plus de 600 de nos 1 800 adhérents sont des éditeurs. Nous devons mettre en place une mécanique pour les aider à se développer sur le continent, via un accompagnement sur de grands événements ou encore via des connexions aux organisations professionnelles d’autres pays.

L’actualité européenne, c’est aussi la perspective éventuelle d’un Brexit. Est-ce un sujet d’inquiétude pour les membres de votre syndicat ?

G.d.B. : Nous n’avons pas eu d’alerte spécifique sur ce sujet pour l’instant. Pour nos adhérents, si la Royaume-Uni choisit le Brexit, ce sera une contrainte supplémentaire. Mais on s’adaptera.

Depuis plusieurs années déjà, traîne l’idée d’une fédération du numérique, regroupant toutes les organisations travaillant sur ce sujet. Sans que cette idée ne se concrétise. Avez-vous pour intention de poursuivre cet effort en faveur d’un regroupement des organisations professionnelles ?

G.d.B. : Oui, mais deux sujets coexistent en réalité. Le premier part du constat que de nombreux métiers ont besoin de se regrouper sur la thématique du numérique. C’est ce que nous avons fait sur la e-santé, en créant eHealth France avec 5 autres syndicats professionnels. Des initiatives similaires peuvent naître sur la ville ou l’industrie 4.0 par exemple. Par ailleurs, il y a un sujet relatif à des organisations, comme Tech in France (l’ex-Afdel, regroupant principalement des éditeurs de logiciels, NDLR), qui font le même métier que nous. Notre intérêt est de nous regrouper, de régler cette anomalie en remettant ensemble les gens qui devraient l’être. Mais, pour faire l’union du numérique, je pense qu’il faut partir de sujets très concrets, plutôt que d’aborder le dossier par l’angle statutaire. Il faut que les gens de terrain de nos organisations commencent par travailler ensemble.

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