Big Data : « Une bulle autour des Data Scientists »

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Les Data Scientists sont rares. Donc les Data Scientists sont chers. Pour l’organisateur du salon DataJob, ces excès du Big Data sont appelés à se réguler. Il parle d’un « phénomène de mode ».

A environ une semaine de DataJob, salon consacré au métier du Big Data dont Silicon.fr est partenaire, rencontre avec Jérémy Harroch, fondateur et Pdg de la société de conseil Quantmetry, à l’origine de cette manifestation. La seconde édition de DataJob se tient le 20 novembre à Paris.

J Harroch
Jérémy Harroch, Quantmetry.

Silicon.fr : Pourquoi avoir lancé un événement sur le recrutement pour les métiers du Big Data (DataJob) dès 2013 ?

Jérémy Harroch : Mon parcours professionnel m’a permis d’observer très tôt la montée des thématiques du Big Data. Et de comprendre rapidement que la problématique numéro un dans ce domaine résiderait dans les RH. Car peu de personnes sont réellement formées à ces métiers, et peu de formations spécialisées existent. Généralement, les bons Data Scientists se sont formés sur le tas. Ce constat a présidé à la naissance de ma société Quantmetry, spécialisée dans le conseil autour du Big Data, puis à la création de DataJob, en 2013. Cette seconde édition, qui vise toujours à réunir les mondes des techniciens, des chercheurs, de la formation, des entreprises et des start-up, adoptera un format plus ambitieux. C’est aussi l’édition de la maturité car les acteurs ont désormais plus de recul sur la thématique.

Qui sont les Data Scientists aujourd’hui ?

On trouve aujourd’hui deux types de profils. Il y a d’abord ceux qui étaient Data Scientists sans le savoir : ils travaillent par exemple dans le trading algorithmique, chez les actuaires (spécialistes du calcul des risques dans l’assurance, NDLR) ou chez les ingénieurs biostatisticiens. D’un autre côté, on trouve des profils qui ont acquis les compétences nécessaires. On parle souvent ici d’ingénieurs ayant suivi une spécialisation en recherche opérationnelle, en théorie du signal ou ayant complété leur cursus avec un mastère Big Data. A noter que ces formations ne suffisent pas, l’école française ayant tendance à dédaigner l’IT. Il faut souvent enrichir ses connaissances via des MOOC, des tutoriels commerciaux – signalons à ce sujet l’offre très bien construite de Hortonworks – ou des cercles d’apprentissage en dehors de l’école (Meetup, After Work…). Ce sont pour l’instant des profils rares.

Le marché du recrutement est donc très tendu avec des niveaux de salaires totalement décorrelés des compétences réelles et de l’expérience des candidats (jusqu’à 40 000 et 45 000 euros pour un junior, NDLR), même si on est encore loin des niveaux atteint dans le trading au cours des années 90. C’est un phénomène de mode qui, à mon avis, ne va pas durer longtemps. Car le Data Scientist va devenir une ressource de base pour un grand nombre d’entreprises. Les grands gagnants seront ceux qui sont parvenus à cumuler expertises technologique, scientifique et métier. Ces profils-là se trouvent aujourd’hui plutôt dans les start-up et parient sur l’avenir en sachant qu’elles sont au bon endroit pour développer leurs compétences.

Y-a-t-il un ou plusieurs profils de Data Scientists ?

On peut distinguer d’un côté les ‘faiseurs’, à l’origine de la création de solutions innovantes résolvant des problèmes qu’on ne parvenait pas à solutionner auparavant, et, de l’autre, les Data Analysts, qui sont plutôt des exécutants d’un processus mathématique existant. Ces profils sont entourés d’un certain nombre de collaborateurs, comme une maîtrise d’ouvrage, tournée vers la gestion de projets et le management, et des ingénieurs data, venant du décisionnel ou de l’actuariat.

De quels volumes de recrutements parle-t-on ?

Si on écoute les recruteurs, on serait autour de 2 000 à 3 000 profils recrutés par an. Mais cette demande est en réalité loin d’être couverte. On compte aujourd’hui 10 formations spécialisées mettant chacune sur le marché une promotion d’une vingtaine d’individus. S’y ajoutent quelque 200 personnes participant à des cercles d’apprentissage en dehors de l’école et environ autant qui en passent par l’autoformation. En comptant les personnes en poste qui changent d’emploi, on doit approcher le seuil des 1 000 recrutements à l’année.

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