Conscient de la faiblesse de son offre applicative mobile (composée de quelques 60 000 applications) face à l’App Store d’Apple ou l’Android Market de Google (et même du Marketplace de Microsoft), RIM (Research in Motion) cherche à séduire les développeurs. À l’occasion de la BlackBerry DevConf d’Amsterdam (les 7 et 8 février 2012), le constructeur canadien n’a pas hésité à faire parler les chiffres et mettre en avant le fait que les développeurs gagnent plus d’argent avec BlackBerry qu’Android ou iOS.
Mais l’offensive va plus loin. Notamment en allant jusqu’à offrir une tablette PlayBook aux développeurs de la concurrence. Dans un tweet posté par Alec Saunders, le vice-président responsable des relations et écosystème développeurs invite les développeurs Android à soumettre leurs applications au BlackBerry App World, la boutique applicative du vendeur, avant le 13 février. Les meilleurs gagneront une tablette maison. Rappelons en effet que, après adaptations mineures, les applications Android sont exécutables sous l’OS de la PlayBook (dérivé de l’UNIX QNX et qui doit évoluer vers BlackBerry 10 qui sera commun aux tablettes et smartphones).
Une stratégie risquée
BlackBerry fait preuve d’une stratégie hasardeuse et risquée. Inciter les développeurs d’Android à découvrir l’univers BlackBerry est d’autant plus malin que cela leur ouvre un nouveau champ de distribution. Mais BlackBerry donne ainsi l’impression de négliger ses plus fidèles développeurs qui pourraient alors être tentés par la concurrence.
Autre message peu rassurant, RIM brade ses tablettes qui peinent à se vendre (moins de un million depuis son lancement). Aux États-Unis, le prix de la PlayBook tombe désormais à 199 dollars le modèle 16 Go, 249 dollars le 32 Go et 299 dollars le 64 Go (soit le prix de la Kindle Fire qui dispose de seulement 8 Go). En France, on retrouve ses tarifs (en euros) chez plusieurs grands marchands en ligne ou de proximité.
Certes, RIM cherche probablement à écouler ses stocks avant l’arrivée de la PlayBook 2. Mais le message risque d’être interprété comme la fin de l’offre tablette BlackBerry et de décrédibiliser encore quelque peu le constructeur sur ce marché glissant. Néanmoins, l’environnement BlackBerry reste attractif. Au DevConf, le constructeur s’est félicité d’avoir franchi les deux milliards de téléchargements d’applications depuis son BlackBerry App World en janvier dernier et maintient une moyenne de six millions de téléchargements quotidiens. Une bonne nouvelle dans le flot de difficultés que traverse RIM depuis deux ans.
Derniers commentaires
One reply to BlackBerry offre sa tablette PlayBook aux développeurs… Android
Je ne suis pas certain que l’analyse soit juste. Le pari est que les développeurs opérant Android puissent facilement adapter une masse d’applications pour le Playbook qui en favorise ainsi l’utilité et donc l’attrait. Possible aussi qu’une partie de ces développeurs prennent goût et avantage de l’environnement mis en place pour le développement sous QNX et des bénéfices inhérents aux applications natives. Aussi, la réduction des prix du Playbook est de nature à intéresser plus d’acheteurs. Il vaut vraiment mieux vendre à rabais que de rester coller avec des stocks, surtout si les mesures prises parviennent à partir la roue. C’est un certain risque mais il faut que RIM prenne des risques et prenne action. La tablette Playbook et QNX méritent vraiment mieux que ce qu’en dit une certaine presse.