Brian Lillie, Equinix: « faciliter la création de cloud hybride haute performance»

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Un monde d’écosystèmes reposant sur des datacenters interconnectés à très haute vitesse hors du cloud. Le DSI du spécialiste mondial des datacenters apporte une vision surprenante mais avisée de l’informatique de demain… ou déjà d’aujourd’hui ?

Recruté au poste de DSI chez Equinix en aout 2008, Brian Lillie occupe un poste privilégié pour assister à une transformation majeure au cœur de la révolution numérique : celle des datacenters et des gros hubs, rarement visibles ou connus du grand public, et même des professionnels. Aux premières loges pour assister les clients Equinix dans leurs demandes, ou développer des portails à leur attention, ce DSI affine sa vision globale de l’informatique de demain. Enrichissant.

Brian Lillie,Equinix
Brian Lillie,Equinix

Qui sont les concurrents d’un loueur d’espace en datacenter?
La plupart de nos clients sont nos concurrents. Et souvent réciproquement.
Avec la croissance du Cloud, de la mobilité, des réseaux sociaux et bientôt de L’Internet des Objets, tout le monde enregistre une forte croissance à laquelle il faut répondre avec toujours plus de datacenters fortement équipés et connectés. Ainsi, Amazon Web Services est un concurrent, mais aussi un partenaire et un gros client au niveau mondial.
Sinon, nos clients se trouvent plus au niveau régional, comme Telehouse. En Asie, on trouve l’opérateur NTT ou encore Megaport.
Le plus frontal serait sans doute DRT (Digital Realty) qui vend plutôt en gros. D’ailleurs, nous sommes leur client pour revendre “au détail” aux entreprises. En effet, Equinix ne conçoit pas de datacenter complet clés-en-main pour ses clients.

Pouvez-vous être plus précis sur un ou deux exemples?
Par exemple, AWS construit ses propres datacenters, mais nécessite une maîtrise du trafic réseau dans ses Availability Zones. Ils font donc appel à Equinix pour agréger tout leur trafic (Network Aggregation). Au final, Equinix est donc un partenaire clé pour son offre de connexion directe à ses datacenters Direct Connect. Et il en va de même pour les offres équivalentes Microsoft Azure ExpressRoute ou Carrier InterConnect de Google.

Pouvez-vous nous expliquer votre approche de Private Peering?
Parmi nos solutions, nous proposons la vente de connexion ultra-rapide (Fiber Channel Connect) entre clients dans un (ou plusieurs) de nos datacenters. Ainsi, l’agence Reuters a remarqué que beaucoup de ses clients étaient hébergés dans l’un de nos immeubles de New York. Nous les avons donc reliés entre eux, constituant ainsi un écosystème interconnecté à haute vitesse et sécurisé. Et cela vaut aussi pour les liens avec nos immeubles à Londres, Tokyo, en Suisse, en Allemagne… Bref un écosystème financier mondial sur réseau dédié. Bien entendu, les géant du cloud sont très intéressés pour établir une connexion de ces acteurs via du réseau vers leurs infrastructures. Une interconnexion plus fiable qui ne passe pas forcément par un opérateur ou de multiples liens de divers opérateurs.
Cette notion de Private Peering est promise à un grand avenir face au peering public du Web, qui propose d’autres avantages.
A travers ce type d’écosystème, Equinix illustre aussi son savoir-faire pour accompagner les entreprise dans leur concevoir leur architecture hybride à une échelle de type cloud (“Webscale like architecture”). Nous sommes en mesure de partager avec eux nos meilleures pratiques éprouvées sur ce type de projets.
C’est d’ailleurs tout l’intérêt de notre offre Performance Hub qui étend le réseau de l’entreprise via notre infrastructure à très haute vitesse.

Comment cela peut-il répondre aux attentes de transformation numérique ? Des exemples ?
Les entreprises cherchent aujourd’hui à ré-architecturer leur système d’information et à repenser leur agrégation réseau pour obtenir un cloud hybride à haute performance, tout en profitant du cloud pour le Big Data par exemple. Ce sont des scenario de plus en plus courants pour la transformation numérique des grandes entreprises. Je viens d’ailleurs de rencontrer de nombreux acteurs du Cac40, très intéressés par ces gros hubs à très haute vitesse présents aux quatre coins du monde, leur permettent -par exemple- d’être présents efficacement au plus près des internautes.
Une problématique se pose (et se posera de plus en plus) pour réduire au minimum la latence dans le cadre de l’Internet des objets. L’un de nos client, General Electric, assure déjà une couverture sur 12 pays afin d’obtenir du quasi temps réel pour l’Internet des objets.

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Auteur : José Diz
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