Cédric Villani chargé de mission en IA au nom du gouvernement

Business IntelligenceData & StockageGouvernanceProjetsRégulationsSecteur Public
cedric-villani-mission-IA-gouvernement

Le secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi confie une mission de réflexion sur l’IA au mathématicien devenu député Cédric Villani… Six mois après le précédent rapport officiel.

La question de l’intelligence artificielle ne gagne pas seulement les start-up de la Silicon Valley, les processeurs spécialisés ou les laboratoires universitaires.

Elle s’invite également au sein du gouvernement français. Pour l’heure sous l’angle de la réflexion plus que de ses usages technologiques. Ce n’est pas encore demain que l’on remplacera un ministre par un algorithme, donc.

Chargé de réfléchir à la problématique de l’IA par le Premier ministre Edouard Philippe, le secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi a confié une mission d’information sur le sujet à Cédric Villani, député LREM de l’Essonne.

« J’avais besoin de trouver un partenaire qui pense différemment qu’au gouvernement. Cédric Villani a une méthode de travail, du fait de son métier de mathématicien, assez hétérodoxe et complète », rapporte le JDD.

Décoré de la Médaille Field (la plus prestigieuse récompense en mathématique avec le prix Abel) et du prix Fermat, le mathématicien dispose également du bagage scientifique pour embrasser les algorithmes à la base de l’IA.

Il est également membre de la Commission des Lois et préside l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Une stratégie pour les prochaines années

Le député vêtu d’une lavallière accompagnée d’une araignée brochée dispose de trois mois pour boucler son rapport. La mission ne débouchera pas sur un projet de loi dans l’immédiat, précise Mounir Mahjoubi au JDD.

Pour le secrétaire d’Etat au Numérique, l’idée est de « proposer une stratégie pour les prochaines années, définir si un débat national doit être mené et sur quels sujets. Si on prive les Français d’une réflexion sur le sujet, il y aura un déni de démocratie ».

Cédric Villani s’appuiera notamment sur « France IA », le précédent rapport rendu il y a à peine six mois  à François Hollande, alors Président de la République.

Un travail de synthèse issu de la réflexion de plus de 500 contributeurs qui préconisait que les entreprises commencent à intégrer des briques d’IA.

Présent lors de la remise du rapport France IA le 21 mars dernier, Cédric Villani déclarait que « la France a longtemps souffert d’un trop grand cloisonnement entre [le monde de la recherche et celui de l’industrie] et est en train de lutter activement à combler le fossé entre ces deux univers ».

L’expert en mathématiques planchera sur les applications de l’IA, que ce soit dans la voiture autonome que dans l’enseignement, la santé, la relation client, l’énergie, les robots (tueurs ou non), etc. Il devra également réfléchir à l’acceptabilité sociale de l’IA.

Autant de questions délicates dont l’étude et l’accompagnement seront supportés par un budget qui devrait être conséquent.

Lors de la présentation de France IA, François Hollande avait annoncé le déblocage de 1,5 milliard d’euros sur 10 ans dédiés à l’IA dans le cadre du programme d’Investissement d’avenir.

Cédric Villani saura-t-il donner l’impulsion à l’industrie pour embrasser l’IA ? A voir. Dans tous les cas, le mathématicien s’inscrit probablement aujourd’hui comme le médiateur le plus emblématique du moment pour convaincre industriels et société civile.

(Crédit photo : Site Web de Cédric Villani : http://www.villani2017.eu/biographie)


Lire également
Face aux GAFA, France IA pose les jalons de son développement
L’IA au firmament des tendances technologiques selon Gartner
Quand l’IA vient supplanter les experts en assurance


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur