Christian Ligier (Red Hat) : «L’usage des conteneurs va exploser»

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Red Hat entend profiter de la transformation numérique des opérateurs pour se positionner comme un acteur central du secteur.

Il y a un peu plus d’un an, Red Hat était sélectionné par Orange Business Services (OBS) pour participer à la construction du PaaS (Platform as a service) et de services SDN (réseau programmable) et NFV (virtualisation des fonctions réseaux) de l’opérateur français à partir de la plate-forme OpenShift du fournisseur Open Source. « L’architecture est finalisée, le déploiement est programmé dans différents pays », nous a confié Christian Ligier, responsable des ventes EMEA et monsieur télécoms chez Red Hat, à l’occasion du Red Hat Forum qui se tenait cette semaine à Paris. L’Espagne sera servie en premier suivie du reste de l’Europe et du Moyen-Orient où l’opérateur a déployé ses infrastructures.

Un modèle de coopération réussi entre un acteur du software et un opérateur qui a fait le choix de sélectionner ses différents composants pour construire sa propre solution plutôt qu’une offre de bout en bout fournie par un équipementier. « Organiser soi-même sa propre architecture permet d’en conserver la maîtrise », justifie Christian Ligier. Un choix qui demande plus de temps de mise un œuvre mais « Orange est plutôt rapide par rapport au reste du marché », considère notre interlocuteur.

L’adoption de la virtualisation des réseaux des opérateurs est d’ailleurs appelée à s’accélérer. « Face à la concurrence (notamment les acteurs du web ou OTT, NDLR), les fournisseurs Internet doivent chercher de nouveaux revenus autres que le seul service de communication. Or, la rigidité de leur modèle éprouvé de réseau est un inconvénient, explique Christian Ligier. Pour y répondre, ils sont obligés de basculer sur des technologies élastiques, flexibles, qui permettent de faire face à la demande du marché pour fournir plus rapidement des services connexes. »

Red Hat, partenaire de référence des équipementiers

Qui plus est, les entreprises qui mettent en œuvre le costumer analytics, le self service, l’automatisation de la gestion des infrastructures, profiteraient d’une marge opérationnelle de 43% contre 21% pour celles qui restent sur des architectures historiques, selon une étude de MacKinsey évoquée par le porte-parole de Red Hat. Et, selon Gartner, les employés des sociétés les plus innovantes ont tendance à recommander deux fois plus leurs employeurs que les salariés des organisations moins avancées en matière IT. « Cela facilite le recrutement des talents », note Christian Ligier.

Red Hat s’investit toujours plus dans le secteur des télécoms car « les grands s opérateurs jouent rôle prépondérant dans l’Open Source et l’image de l’innovation digitale ». Pour l’heure, sur le marché multisectoriel du NFV, le fournisseur américain se concentre sur la partie virtualisation logicielle. « Elle ne représente que 10% du marché du NFV mais elle est stratégique car elle garantit l’indépendance des solutions matérielles pour les opérateurs. » Une offre clé s’il en est, donc.

D’ailleurs, fer de lance d’OpenStack, Red Hat fait figure de partenaire de référence auprès des équipementiers Nokia, Cisco, Ericsson et désormais Huawei (suite aux accords finalisés en janvier dernier). « Nous travaillons aussi avec des gens comme F5 Networks et Palo Alto Networks, incontournables », précise le responsable. Mais Red Hat regarde au-delà du NFV. « On pense que la donnée est primordiale pour les opérateurs. »

Une gestion unifiée de l’infrastructure

Pour mettre en œuvre cette vision, l’entreprise de Raleigh propose une architecture à base de trois composants : l’infrastructure NFV, pour transporter et générer la donnée; le basculement du réseau dans le Cloud; et l’automatisation. « On traite les donnée dans nos plates-formes data management et data applicative pour la délivrer aux équipes et au réseau. Si l’opérateur doit déployer des milliers de datacenters à la périphérie du réseau, il pourra le faire de manière homogène à partir de la plate-forme unifiée. » Unification qui s’inscrit comme une promesse de gain d’exploitation.

Face à la virtualisation grandissante des applications, Christian Ligier met en avant les avantages de la conteneurisation. « Le provisionnement d’un serveur physique nécessite plusieurs jours, celui d’une machine virtuelle 10 minutes et celui d’un conteneur 10 secondes, assure-t-il. Le futur est la livraison des services sur conteneurs qui offrent un véritable gain de temps pour sa mise en application mais aussi en terme d’image pour l’entreprise. »

Où en est l’approche de cette nouvelle technologie par le marché ? « Elle est variable car elle nécessite une transformation numérique. Certaines organisations sont très avancées, comme Amadeus qui a déployé en production. D’autres sont plus lentes car elles doivent attirer des compétences en la matière. Mais l’usage des conteneurs va exploser à l’avenir », promet Christian Ligier. Une offre que Red Hat, qui a misé très tôt sur Kubernetes, propose à travers OpenShift.


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