Cisco : la réduction des effectifs se limite à 5 500 personnes

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Malgré une rentabilité au beau fixe, Cisco va bien licencier. Mais la coupe claire se limitera à 7 % des effectifs, alors que des rumeurs avançaient jusqu’à 20 % d’employés licenciés. La société promet de réinvestir les économies ainsi réalisées.

Après des fuites qui annonçaient l’apocalypse (pas moins de 14 000 postes supprimés, soit 20 % des effectifs), Cisco a précisé hier les contours de sa restructuration. Ce sont finalement 5 500 postes (sur un total de 73 700) qui sont sacrifiés sur l’autel de la transformation de l’organisation vers le logiciel (avec la vague des réseaux ‘software-defined’).  Ce qui représente 7 % de ses effectifs dans le monde. La mise en œuvre de ce plan se traduira par une charge de restructuration pouvant aller jusqu’à 400 millions de dollars, que le géant des réseaux passera dans ses comptes lors de son prochain trimestre.

Dans un communiqué, la firme californienne indique : cette coupe claire vise à « optimiser la base de coûts dans les domaines de notre portefeuille souffrant d’une croissance plus faible et à investir davantage dans les domaines prioritaires, comme l’IoT, la collaboration, les datacenters de prochaine génération et le Cloud. Nous prévoyons de réinvestir quasiment l’intégralité des économies que ces actions vont dégager dans ces activités. »

Cisco France : entre 30 et 60 départs ?

En France, selon nos informations, un plan de restructuration était bien à l’étude depuis 2 à 3 mois. Mais ses conséquences pratiques sur la filiale ne sont pas encore arrêtées, selon une source ayant requis l’anonymat. Plusieurs scénarios sont à l’étude pour Cisco France (670 personnes en 2015), chargé des activités de vente et de marketing dans l’Hexagone.

Cette éventuelle nouvelle coupe claire suit deux autres plans qui touchent l’entité Cisco Vidéo Technologies France, société focalisée sur le développement de produits et qui comptait quelque 480 personnes en 2014 : une réduction d’effectifs (environ 90 personnes) mise en œuvre en 2015 et une opération d’outsourcing en cours à une société indienne (ciblant quelque 80 personnes). Cette société héberge l’activité française issue de l’ex-NDS, née d’un rachat effectué par Cisco en 2012.

Rappelons que, en parallèle de cette cure d’amaigrissement de sa filiale, le Californien a annoncé en octobre dernier un plan d’investissement de 200 millions d’euros dans la French Tech. Une opération largement médiatisée par le gouvernement français.

Le plan de départs a été confirmé par le groupe à l’occasion de l’annonce de ses résultats du quatrième trimestre fiscal 2016. Au cours de cet exercice, clos le 30 juillet, la firme américaine a réalisé un chiffre d’affaires de 12,6 milliards de dollars, soit une baisse de 2 % sur un an. Même si des domaines comme la sécurité (+ 16 % sur un an), la collaboration (+ 6 %), le sans-fil (+ 5 %) et même la commutation (+ 2 %) se portent bien, Cisco est handicapé par la faiblesse d’autres marchés, comme la vidéo ou le routage. Malgré tout, la société reste très rentable. Au cours de son quatrième trimestre fiscal, elle a dégagé un bénéfice de 2,8 Md$, en progression de 21 % sur un an.

Un trésor de guerre de 65 milliards

Sur l’année fiscale entière, Cisco réalise un chiffre d’affaires de 49,2 Md$, en légère progression sur un an. Les ventes de commutateurs (switches) et de routeurs représentent encore plus de 45 % de ce total. Le bénéfice, lui, a bondi de plus de 750 millions en un an, à 10,7 Md$. Le géant des réseaux dispose par ailleurs d’un trésor de guerre de 65,8 Md$, une cagnotte qui a grossi de près de 10 % en un an.

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