Cloud : comment Google tente de refaire son retard

CloudIAASPAAS
3 46 Donnez votre avis

Service de Machine Learning, réseau étendu de datacenters, nouveaux outils d’administration. Lors de sa conférence Next, Google a fait étalage de sa détermination à revenir au niveau d’AWS et d’Azure dans le Cloud public. En ciblant les grandes entreprises.

Un peu tard ? Il faudra attendre encore probablement quelques mois avant de se prononcer sur les effets des efforts que déploie actuellement Google pour combler son retard sur AWS (Amazon Web Services) et Microsoft dans le Cloud public. Selon les chiffres du cabinet Synergy Research, en 2015, le géant de la recherche contrôlait 4 % du marché des infrastructures Cloud (Iaas, Paas, Cloud privés et hybrides), contre 9 % pour Microsoft et surtout 31 % pour AWS. Morgan Stanley a récemment évalué l’activité Cloud de Google à 500 M$ en 2015. En janvier, Amazon a dévoilé que AWS tournait à un rythme annuel de 9,6 Md$. Pour Mountain View, le fossé à combler est donc considérable.

Diane Greene
Diane Greene.

Google s’est lancé dans une vaste contre-offensive, symbolisée par le recrutement en novembre dernier de Diane Greene, la co-fondatrice de VMware qui a pris la tête de son activité Cloud. « Nous sommes totalement déterminés. Nous avons des datacenters extrêmement efficaces et cela nous permet d’offrir des prix plus bas que nos concurrents », a martelé la dirigeante, lors de la conférence Next qu’organise en ce moment Google à San Francisco. La société californienne s’est lancé dans la construction de 10 nouveaux datacenters, en plus des deux qu’elle ouvre en 2016 (à Tokyo et dans l’Oregon). « Le retard de Google sur le marché des infrastructures Cloud tient en partie à son réseau de datacenters moins étendu, analyse John Dinsdale, chef analyste et directeur de recherche au sein de Synergy Research. Google est en train de combler ce déficit, et accentue son positionnement sur les entreprises. »

Le Machine Learning enfin sur la Google Cloud Platform

Lors de la première journée de sa conférence, Mountain View n’a d’ailleurs pas manqué de se livrer à un petit exercice de ‘name-dropping’ : après avoir séduit Spotify et Apple (qui souhaitait réduire sa dépendance à AWS), la Google Cloud Platform a aussi convaincu Disney, Coca-Cola et Home Depot.

Mais, pour faire signer les grands comptes, encore faut-il proposer des services au niveau de leurs attentes… et de la concurrence. Lors de Next, Google a ainsi levé le voile sur son service Cloud Machine Learning (en bêta privée pour l’instant). Ce dernier permet de créer des modèles personnalisés de prévision basés sur des algorithmes d’apprentissage automatique. Lors de la conférence, Jeff Dean, qui dirige le projet de recherche de Deep Learning chez Google, a ainsi dévoilé un exemple d’utilisation, permettant de prédire quand un utilisateur va cliquer sur une publicité sur la base de données anonymisées fournies par Criteo.

Le service est bâti sur la technologie Open Source de Google TensorFlow, employée dans de nombreux produits maison comme Gmail. Cette dernière, le projet de Machine Learning le plus populaire sur GitHub, est aussi au cœur du système AlphaGo qui a récemment battu le champion humain au jeu de Go. Le choix de TensorFlow pour animer le service Cloud de Machine Learning permettra aux utilisateurs d’exporter leurs modèles vers des applications installées derrière le firewall. Une option que n’offre ni AWS, ni Azure de Microsoft. Mais les deux leaders de Cloud public proposent eux des services de Machine Learning depuis déjà des mois (lire ici et ici).

En plus de ce service programmable, Google propose un jeu d’API de Machine Learning : Speech API (reconnaissance vocale), Vision API (analyse d’images) et Translate API (traduction automatique).

Administrer les Cloud de Google et AWS

stackdriver-3
Stackdriver administre la Google Cloud Platform et AWS.

Au-delà de ce service très attendu, Google a décidé également de muscler les outils d’administration et la sécurité de sa plate-forme. C’est dans cette catégorie qu’entre le lancement – là aussi en bêta – de Stackdriver, un outil de monitoring et de diagnostic unifié pour la Google Cloud Platform et AWS. L’outil, qui propose notamment des alertes, des analyses de logs ou du reporting d’erreurs, permet, sur le papier,  d’aller titiller la base installée d’Amazon, en lui proposant de bâtir son infrastructure sur deux fournisseurs de Cloud – une façon d’entretenir la concurrence – sans alourdir ses coûts d’administration.

Toujours afin de répondre aux besoins des grandes entreprises, Google dévoile un service d’audit (attendu pour mai), permettant de tracer l’activité des utilisateurs, et enrichit ses rôles dans la gestion d’identité. « C’est le premier des multiples lancements que nous prévoyons pour enrichir les fonctions d’IAM (Identity and Access Management) de la Google Cloud Platform », promet Mountain View dans un billet de blog. La firme assure notamment que ses utilisateurs auront bientôt la possibilité de définir leurs propres rôles dans la plate-forme. Encore une preuve de la détermination de Diane Greene et de ses équipes de faire de la Google Cloud Platform une alternative crédible à AWS, Azure et SoftLayer (IBM) sur le marché des entreprises.

A lire aussi :

Cloud : un euro sur trois dépensé va dans la poche d’Amazon

La France fait fuir les grands noms du Cloud

 


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur