Le comportement commercial d’Oracle est « inadmissible », dit le Cigref

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Après SAP, c’est Oracle qui est vertement pris pour cible par les entreprises. Le Cigref et son homologue européen EuroCIO tancent les comportements commerciaux de l’éditeur. En particulier dans les environnements virtualisés VMware.

Et un nouveau signe témoignant du désarroi des entreprises utilisatrices face à l’attitude des grands fournisseurs, qui utilisent largement les audits de licences pour améliorer leurs résultats. Après la lettre de l’USF, le club des utilisateurs SAP francophones, à l’éditeur allemand, dévoilée vendredi, au tour du Cigref et de son homologue européen d’EuroCIO de sonner les cloches d’un autre fournisseur connu pour ses audits aggressifs, Oracle. Les deux clubs déplorent « la dégradation de la qualité des échanges et des services de ce fournisseur vis-à-vis de ses entreprises clientes, en France et en Europe ».

Une des pommes de discorde est connue depuis longtemps et porte sur le licensing Oracle dans les environnements virtualisés VMware. L’éditeur de Redwood Shores prenant prétexte de la capacité de vSphere à déplacer les VM entre différents clusters pour demander aux entreprises d’acheter des licences pour l’ensemble de la ferme de serveurs. Une interprétation qui peut avoir des conséquences financières extrêmement lourdes. En février 2016, les présidents du Cigref et d’EuroCIO ont donc écrit à Oracle pour parvenir à un accord sur le sujet. Sans réponse à ce jour de la part de l’Américain, malgré les nombreuses relances envoyées depuis. « C’est un élément. Mais plus globalement, nous dénonçons l’absence de dialogue associé à des comportements commerciaux qui irritent les entreprises », précise Henri d’Agrain, le délégué général du Cigref.

Un groupe de travail pour quitter Oracle ?

Cette absence de dialogue pousse les deux organisations réunissant des DSI de grandes entreprises à dénoncer aujourd’hui des « comportements commerciaux inadmissibles ». Et de rappeler dans la foulée que cette attitude de l’éditeur a déjà considérablement dégradé son image auprès des entreprises. Une étude réalisée fin 2016 par EuroCIO montre que 80 % des DSI considèrent que les contrats Oracle ne présentent pas suffisamment de flexibilité et qu’un directeur informatique sur deux s’est déjà engagé dans une stratégie de sortie des technologies de l’éditeur. Sur ce terrain, le Cigref assure être prêt à accompagner ses membres qui le souhaitent « dans leur réflexion sur les différentes stratégies de sortie des contrats Oracle ». Concrètement, un groupe de travail sur le sujet va être proposé au conseil d’administration du club pour 2017-2018 ; la décision validant officiellement sa création devant être prise durant l’été.

La sortie du Cigref constitue un sévère coup de semonce pour la filiale française d’Oracle qui, en novembre dernier, assurait avoir changé ses pratiques pour entrer pleinement dans un nouveau mode de relation avec ses clients, porté par le Cloud.

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