Orange et Bouygues officialisent leurs fiançailles

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Après un mois de rumeurs, Bouygues et Orange ont confirmé avoir signé un accord de confidentialité autour de l’acquisition de Bouygues Telecom.

Hier encore, Bouygues ne « comment[ait] pas les rumeurs de marché ». Aujourd’hui, mardi 5 janvier, le groupe de BTP ainsi qu’Orange ont confirmé leurs discussions en vue de l’acquisition de Bouygues Telecom. « Bouygues annonce que des discussions préliminaires ont été engagées avec Orange pour explorer toute éventuelle opportunité, indique le groupe Bouygues dans son communiqué. A cet effet, un accord de confidentialité a été signé ce jour par Bouygues et Orange. » Un accord qui aurait dans les faits été signé la veille de Noël, rapportait le JDD. « Orange confirme la reprise de discussions préliminaires avec le Groupe Bouygues en vue d’un rapprochement avec Bouygues Télécom », confirme de son côté l’opérateur historique.

« Nous explorons toutes les pistes possibles »

Aucun des deux acteurs n’a souhaité commenter plus amplement ces annonces pour Silicon.fr. Selon les différents scénarios évoqués, d’abord par l’agence Bloomberg début décembre puis par le JDD le week-end dernier, Orange pourrait racheter Bouygues Telecom pour 10 milliards d’euros, dont 8 milliards sous forme d’une participation de 15% de Bouygues au capital d’Orange faisant du groupe dirigé par Martin Bouygues le deuxième actionnaire de l’opérateur numéro 1 français derrière l’Etat dont la part pourrait être diluée à 20% contre 25,04% aujourd’hui (dont 11,60% détenus par BPIFrance Participations). Un temps évoqué, TF1 ne ferait pas parti du lot.

« Rien n’est arrêté, concède-t-on chez Orange, ce sont des hypothèses mais nous ne sommes pas contraints par ce schéma. Nous explorons toutes les pistes possibles. » Il ne s’agit d’ailleurs pas de discussions exclusives et aucune date de calendrier n’est arrêtée pour fixer une limite à ces pourparlers. Rappelons que des discussions sur l’acquisition de Bouygues Telecom avaient déjà eu lieu au printemps 2014, dans la foulée de l’acquisition de SFR par Numericable/Altice, sans finalement aboutir.

Bouygues ancré dans les télécoms

« Nous sommes dans une position assez forte sur le marché, nous n’avons pas besoin de consolidation », nous indique Orange afin de rappeler que ce rapprochement, s’il a lieu, se fera nécessairement dans l’intérêt de l’opérateur historique. Et des autres parties. « Pour que le projet voit le jour, il faut que les autres acteurs soient impliqués. » Iliad/Free, en premier lieu, qui pourrait lorgner des fréquences (notamment le 800 MHz dont il est dépourvu) et des infrastructures mobiles, voire des réseaux de fibres optiques (que cèderait Orange). SFR (Numericable-SFR) pourrait récupérer des clients de forfaits B&You, voire des clients Entreprise pour éviter d’alourdir la position dominante d’Orange Business Services (récemment condamné pour abus). Dans tous les cas, ce sera à l’Autorité de la concurrence ou à Bruxelles de valider, ou pas, l’option retenue.

Autant de scénarios qui conforteraient la poursuite de la consolidation du secteur des télécoms en France où perdureraient trois acteurs. Dans tous les cas, Martin Bouygues, qui refusait une précédente offre du patron d’Altice, Patrick Drahi, en juin dernier, ne compte visiblement pas sortir de ce marché et déclare rester « Intéressé par tout schéma qui lui permettrait de conforter son ancrage durable dans les télécoms ».


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