Deutsche Bank malade de son IT

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Le nouveau patron de la première banque allemande prescrit un traitement de choc pour sortir l’établissement de la crise. Les systèmes d’information de la Deutsche Bank doivent être simplifiés et harmonisés.

Le nouveau patron de la Deutsche Bank, John Cryan, a dressé un tableau peu reluisant de l’état de la banque, lors de l’annonce de résultats trimestriels se soldant par une perte de 6 milliards d’euros. Un état du, pour partie, à une informatique complètement dépassée, selon le dirigeant. Et à des choix stratégiques assez malheureux en matière d’IT : « 80 % de nos 7 000 applications ont été externalisés auprès d’une multitude de prestataires », déplore le patron, cité par les Echos. Conséquence : une perte de compétences des équipes internes. La banque d’outre Rhin a prévu de ne pas renouveler les contrats de 6 000 de ses 30 000 prestataires externes, soit une coupe claire de 20 %. La saignée sera du même ordre parmi les effectifs du groupe, ceux-ci devant passer de 103 000 à 77 000 personnes (y compris la cession de Postbank et de ses 20 000 employés).

C’est Kim Hammonds, la DSI qui vient d’être nommée directrice des opérations et a rejoint le comité de direction, qui est chargée de la ré-ingénierie de l’IT. En juillet dernier déjà, John Cryan avait fixé la feuille de route de cette ancienne de Boeing (elle en a été la DSI pendant près de 3 ans), arrivée à la Deutsche Bank fin 2013. Il écrivait dans un mail interne, dévoilé par le Financial Times : « nous devons standardiser nos systèmes et procédures, décommissionner nos applications ‘legacy’, standardiser et améliorer nos données, industrialiser et automatiser nos processus et numériser l’expérience de nos clients ». Tout un programme.

Le Cloud : de 20 à 80 %

Parmi les éléments concrets de cette transformation, figurent la réduction du nombre de systèmes d’exploitation en utilisation (passant de 45 à 4 d’ici à 2020), le recours accru à la virtualisation (de 46 % de l’infrastructure à 95 %) et la montée en puissance du Cloud privé (dont le taux d’adoption doit passer de 20 à 80 %). En février dernier, la banque allemande avait signé un contrat d’externalisation de plusieurs milliards de dollars sur dix ans, avec HP. Le deal est centré sur la construction d’un Cloud privé, basé sur la déclinaison que fait HP d’OpenStack, Helion.

Les réductions de coûts que la banque anticipe sur son IT – 800 millions d’euros en mode nominal auxquels s’ajoute un milliard d’économies provenant de la réduction du nombre de prestataires – représentent une part très significative du plan d’économie de la banque (entre 1,5 et 2,5 milliard d’euros).

Dans un article récent, la Financial Times expliquait que la Deutsche Bank possède plus de 100 systèmes d’enregistrement pour ses activités de trading sur la seule place de Londres ! Victime d’une stratégie qui a laissé les métiers investir dans leurs propres technologies – incompatibles entre elles -, l’établissement de Francfort a été incapable de produire certaines données réclamées par les régulateurs, ce qui a contribué à son échec lors des stress tests organisés aux Etats-Unis. Tout récemment, la banque a encore versé par erreur 6 milliards de dollars à un fonds spéculatif américain, une somme qu’elle n’a récupérée que le lendemain.

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