EDLF se structure pour surfer sur la vague de la fibre optique

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En se regroupant derrière EDLF, cinq intégrateurs de réseaux télécoms espèrent profiter de l’accélération du déploiement de la fibre en France.

Se structurer pour répondre aux grands projets de déploiement de la fibre en France. C’est l’ambition d’EDLF, les « Entrepreneurs De La Fibre ». Cette nouvelle structure réunit cinq PME spécialisées dans la pose des réseaux de télécommunication, notamment : Engelvin TP Réseaux, Groupe Gendry, Groupe RIPP, Mancipoz Groupe et Urania Telecom. Chaque entreprise est actionnaire à 20% d’EDLF. L’ensemble affiche 234 salariés, un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros pour l’activité télécoms et une présence dans 7 régions de la métropole, ainsi qu’en outre mer. La SAS sera dirigée par Jean-Christophe Nguyen Van Sang, directeur général du Groupe RIPP. L’initiative a été annoncée en début de semaine dernière dans le cadre de la 6e édition du Forum du Très Haut Débit, qui s’est déroulée à Marseille. La société est en cours de création.

Taille critique

Etienne Dugas, président d'EDLF, du Groupe RIPP et de la Firip
Etienne Dugas, président d’EDLF, Groupe RIPP , Firip

« Le déploiement de la fibre demande une taille critique face aux milliards d’euros en jeu, explique à Silicon.fr Etienne Dugas, président et instigateur d’EDLF, président de Groupe RIPP ainsi que de la Firip (Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique). A raison de 1000 euros par prise optique en moyenne, il faut pouvoir être en mesure de répondre aux appels d’offre des marchés de 100 000 prises. Soit 100 millions d’euros. Même pour 20 000 prises, il faut assurer 20 millions. Si vous êtes une PME qui fait 5 millions vous n’avez aucune chance. »

L’objectif d’EDLF sera donc de pouvoir répondre en premier sous-traitant, voire en cotraitance des majors, aux appels d’offres lancés par les Conseils régionaux dans le cadre de la construction des réseaux d’initiative publique (RIP) et par les opérateurs nationaux. Orange essentiellement aujourd’hui et, « un peu » SFR. Dans un premier temps, EDLF répondra aux appels d’offres pour le compte de ses actionnaires dont le mandataire du marché sera désigné selon le secteur géographique concerné. Ce mode de fonctionnement de départ « permettra à EDLF d’acquérir des références, justifie son instigateur. En fonction de l’évolution, on mettra peut-être EDLF en avant et plus l’entreprise locale. »

« Il y a un surcroit d’activité sur tout le territoire »

Cette structure, enrichie de moyens de direction de projets et de mutualisation des matériels de production, n’a pas pour ambition de concurrencer des opérateurs de RIP tels que Covage, Axione ou Altitude pour répondre à leurs besoins. « Nous ne sommes pas opérateur d’opérateurs, précise Etienne Dugas, nous sommes intégrateurs, nous concevons et construisons les réseaux. L’objectif est de répondre aux appels d’offres en co-traitance avec d’autres intégrateurs (Sogetrel, Copelec, Circet, Eritel…) afin d’améliorer nos marges en évitant l’abaissement des prix. »

Le déploiement de la fibre est en plein essor. Selon le dernier pointage de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), la France compte 6,5 millions de prises FTTH (fibre à domicile) au 30 juin. « Il y a une accélération forte de la fibre avec le lancement du plan France THD, et parce que Orange investit massivement dans les zones très denses et AMII (zones conventionnées) et que tous les départements de France se lancent à travers les RIP », constate notre interlocuteur. Et de citer en exemple les 400 000 prises à construire en Alsace, 600 000 dans le Nord, 150 000 en Bretagne, 110 000 en Mayenne, l’ouverture du marché Drôme-Ardèche avec 20 000 premières prises… « Il y a un surcroit d’activité sur tout le territoire. C’est pour ça qu’on se positionne maintenant et pas dans 5 ans. »

Du travail pour 30 ans

EDLF vise ainsi les 5 millions d’euros en 2017, 15 millions en 2018 et 30 millions en 2019 avec 30 000 prises à déployer. Son développement passera aussi par une extension à la Réunion qui devrait lui la porte de l’Afrique de l’Est, puis de l’Ouest. « Le continent Africain est le dernier endroit de croissance forte dans le déploiement des réseaux de télécommunication pour les années avenir », souligne Etienne Dugas. Même sur le territoire national, l’activité se poursuivra bien au-delà de 2022, date visée dans le cadre du plan France THD pour couvrir le pays de connexions très haut débit. « D’abord, il faudra maintenir le réseau. Ensuite, 85% des déploiements se font en aérien aujourd’hui. Il faudra bien les enfouir un jour. On a du boulot pour les 30 prochaines années. Cela ne me soucie guère. »

Ce qui inquiète plus Etienne Dugas est le manque de main d’œuvre et de compétences. « Comme on est tous en tension, il faut aujourd’hui former. C’est un vrai sujet. Certes l’Etat met des moyens à travers les budgets de la formation continue et professionnelle et dans le cadre du plan 500 000 (le plan destiné à former 500 000 chômeurs annoncé en début d’année par François Hollande, NDLR). Néanmoins, il faut flécher ces budgets sur les bonnes formations et surtout trouver les candidats. » Le dirigeant s’inquiète notamment de « l’excessive complexité » du financement de la formation professionnelle « tout comme l’articulation de Pôle Emploi ». Un dossier qu’il compte suivre de près en tant que président de la Firip. 40 000 formations sont attendues. Dont 13 000 créations d’emplois.


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