Élection US sous influence : Guccifer 2.0 publie d’autres documents sur Clinton

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Le pirate Guccifer 2.0 et le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, trompent-ils leur monde ? Le premier déclare avoir piraté la Fondation Clinton, qui dément. Le second nie vouloir nuire à Hillary Clinton, mais publiera des documents sensibles pour la candidate démocrate avant l’élection du 8 novembre.

Wikileaks a célébré son dixième anniversaire mardi 4 octobre. Et plus d’un observateur tablait sur la publication de nouveaux documents sensibles relatifs à Hillary Clinton, la candidate démocrate à l’élection présidentielle américaine de 2016. Mais il n’en a rien été. Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, qui s’exprimait mardi depuis l’ambassade d’Equateur à Londres, où il vit reclus depuis plus de quatre ans, s’est contenté d’annoncer un calendrier. Et c’est le pirate Guccifer 2.0 qui lui a volé la vedette.

Guccifer 2.0, un hacker qui se dit né en Europe de l’Est et qui a déjà orchestré le vol des données du DNC (Democratic National Committee), a affirmé hier dans un billet de blog avoir « piraté les serveurs de la Fondation Clinton et téléchargé des centaines de milliers de fichiers et de bases données de donateurs ». Ces assertions, qui tombent à nouveau au moment où Hillary Clinton devance, dans les sondages, son rival républicain Donald Trump, ont été rapidement démenties par la Fondation Clinton. « Nous n’avons encore aucune preuve que les systèmes de la Fondation Clinton ont été piratés, et nous n’avons pas été alertés par les autorités à ce propos », a déclaré à la presse américaine une porte parole de l’ONG des Clinton. « Aucun des dossiers ou des fichiers concernés n’émanent de la Fondation Clinton », a-t-elle ajouté.

Guccifer 2.0 et le renseignement russe

Les noms figurant sur la liste de donateurs présumés ne seraient effectivement pas ceux de donateurs de la Fondation Clinton, selon Ars technica. En revanche, certaines données seraient liées à d’autres piratages revendiqués cet été par Guccifer 2.0 : ceux du DNC (Democratic National Committee), dont les milliers de courriels internes déjà publiés par Wikileaks, et du DCCC (Democratic Congressional Campaign Committee), le comité démocrate chargé de lever des fonds pour les parlementaires. Selon des chercheurs en sécurité et des fonctionnaires américains, ces piratages sont pilotés par le renseignement russe, ce que Vladimir Poutine dément… La Russie, toujours, serait une des sources précieuses de données pour Wikileaks.

Assange, Clinton et la chasse aux sorcières

La conférence de presse de Julian Assange, modestement nommée « surprise d’octobre », a été l’occasion pour la fondateur de Wikileaks de faire durer le suspense ou d’agacer. L’homme a indiqué que son site dispose d’un million de documents sensibles. Ces fichiers portant sur « la guerre, les armes, le pétrole, Google et la surveillance massive » devraient être publiés par lots au cours des 10 prochaines semaines. « Trois organisations puissantes dans trois pays différents » seraient plus particulièrement concernées.

Par ailleurs, Assange a réaffirmé que « tous les documents relatifs aux élections américaines sortiront avant le 8 novembre ». En revanche, il a nié vouloir nuire à Hillary Clinton et torpiller sa campagne. Ce qui ne l’a pas empêché de déclarer que WikiLeaks « va amplifier les publications pour (se) défendre de ce qui est une poussée McCarthyste aux États-Unis, en particulier de la part de Hillary Clinton et de ses alliés, car c’est elle qui est la plus exposée actuellement ». Du petit lait pour Donald Trump ?

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crédit photo © U.S. Department of State via VisualHunt.com

Auteur : Ariane Beky
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