Environnements SAP : Winshuttle se pose en alternative low cost au MDM

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L’éditeur américain, spécialiste des environnements SAP, propose une couche de gouvernance de données pour les ERP de l’Allemand. Une alternative au MDM pour environ un dixième du prix, selon Winshuttle.

Editeur originaire de Seattle et réalisant un chiffre d’environ 50 M$, Winshuttle est jusqu’à présent (un peu) connu des utilisateurs SAP pour fournir une solution répondant à un besoin de niche : la communication entre les ERP de l’Allemand et Excel. Un plug-in pour le tableur, baptisé Studio, facilite ainsi le chargement des données dans SAP. Cette fonctionnalité est exploitée pour les données comptables ou produits en particulier. Sur ce créneau, la société revendique quelque 2 000 clients dans le monde, dont 200 en France comme L’Occitane, L’Oréal ou la Mairie de Paris. « Ce produit cible les utilisateurs intensifs de SAP, soit en moyenne 5 % du total des utilisateurs du progiciel. Une population confrontée à des problématiques de volume », résume Pascal Laïk, un ancien de Siebel, Oracle et Informatica qui a pris la direction Europe du Sud du petit éditeur depuis un peu plus d’un an (en photo ci-dessus).

Mais c’est surtout sur un autre produit, Foundation, que l’éditeur réalise aujourd’hui l’essentiel de sa croissance. Selon Pascal Laïk, cette plate-forme de développement de workflow pour SAP représente déjà environ 50 % des revenus de l’éditeur en Europe du Sud, sur la base de 6 projets signés. La promesse de Foundation, produit bâti autour de Microsoft SharePoint, est simple : il permet de développer des processus associés à quelques règles de gestion et intégrés nativement à SAP. « Et on peut les déployer sans tests de non-régression », assure Pascal Laïk. Selon ce dernier, le procédé est notamment employé pour déployer, auprès de milliers d’utilisateurs, des écrans de saisie de données (clients, produits, fournisseurs) associés à quelques règles de gouvernance. Le tout sans avoir à acheter des licences SAP pour l’ensemble de cette population.

Pour les clients 100 % SAP

Au sein des entreprises ayant fait de l’ERP allemand leur référentiel, la solution peut servir d’alternative à un projet de MDM, assure même Winshuttle. Pascal Laïk cite ainsi le cas d’un grand industriel européen, dont une branche a lancé un projet de MDM coûteux, se chiffrant en millions d’euros. Tandis que la seconde entité a opté pour une règle stricte, consistant à intégrer tout système à son référentiel SAP. « Ce choix permet de faire supporter la gouvernance de données aux workflow, assure Pascal Laïk. Cette couche, disponible sur terminaux mobiles, va être déployée en 3 mois pour environ un dixième du prix du projet mené dans l’autre branche du groupe ». 7 000 utilisateurs environ vont avoir ainsi accès à des formulaires dédiés à leur profil pour saisir des données clients ou fournisseurs qui seront directement intégrés à SAP. Areva a aussi opté pour cette solution, en lieu et place d’un centre de saisie offshore travaillant jusqu’alors à la saisie de données fournisseurs. « Avec un retour sur investissement à 6 mois », dit Pascal Laïk, qui assure que le chiffre d’affaires de Winshuttle en Europe du Sud a été multiplié par 2,5 en 2015.

Reste la question des éventuels audits de licences de SAP, un éditeur connu pour être chatouilleux sur la question des accès indirects, autrement dit l’accès à des données ou processus SAP au travers de solutions tierces. Or, le Foundation de Winshuttle tombe précisément dans cette catégorie qui fait tousser l’éditeur et qui serait responsable d’environ deux tiers des demandes de régularisation à la suite d’audits, selon l’USF (le club des utilisateurs SAP francophones). « Dès qu’on extrait ou qu’on pousse des données dans SAP, l’éditeur considère qu’il s’agit d’un accès indirect », expliquait en octobre dernier Patrick Cardinaël, un membre de la DSI de JCDecaux qui a travaillé sur le sujet des accès indirects à l’occasion d’une note de synthèse publiée par l’USF. Pour éviter de mauvaises surprises, le club conseille aux utilisateurs de présenter à SAP le schéma de leur future architecture technique dès les négociations commerciales et d’annexer ce schéma au contrat.

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