Externalisation de la division réseau en vue chez SFR

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Les syndicats dénoncent un rendez-vous manqué avec la direction qui devait détailler le plan New Deal de départ volontaire annoncé cet été.

« Un rendez-vous raté. » C’est ainsi que la CFE-CGC a qualifié la présentation, jeudi 22 septembre, par la direction de SFR des orientations stratégiques du groupe. Un rendez-vous pris l’été dernier, lors de l’annonce d’un plan de suppression de 5000 postes (dont 1000 issus de l’activité distribution) et de la signature par les représentants syndicaux majoritaires CFDT et Unsa de l’accord New Deal encadrant ce plan de départs volontaires. Les syndicats attendaient hier des précisions sur les divisions qui seraient touchées dans cette restructuration attendue à partir de juillet 2017 pour les salariés internes du groupe. Ceux de la banche distribution devront faire leurs cartons avant la fin de l’année.

Le plan détaillé de la direction s’est transformé en une « note d’information du comite de groupe de SFR Group sur les orientations stratégiques ». Une note de 126 pages, tout de même. Malgré son épaisseur, la CFE-CGC juge « parcellaire et lacunaire » le document. En résumé, s’il présente l’ambition stratégique de SFR sous l’angle industriel, il ne répond aucunement aux attentes des syndicats sur le devenir des salariés. « En l’état, [le document] ne permet pas d’analyser les conséquences économiques et sociales des options stratégiques retenues », regrette la CFE-CGC dans une communication à ses adhérents.

1 milliard d’euros d’économies

« La direction de SFR nous répond qu’elle va détailler l’organisation par secteur d’activité, nous précise Sana Iffach, déléguée syndicale centrale de la CFE-CGC. Ce n’est pas rassurant. » Selon la représentante syndicale, c’est « une façon de diviser pour mieux régner pour arriver à leur fin ». A savoir une économie de l’ordre de 1 milliard d’euros sur 3 ans. Laquelle passera par la suppression de 9000 postes. « Soit plus d’un salarié sur trois concerné », rappelle la déléguée.

Un plan de départ volontaire a été présenté cet été pour 5000 salariés avec des conditions qui « peuvent sauter si des changements substantiels arrivent sur le marché des télécoms ». Comme une nouvelle concentration du secteur, par exemple ? Les 4000 autres postes du lot seront externalisés dans des filiales d’Altice, maison mère de SFR, avait annoncé la direction l’été dernier.

Externalisation du service réseau

Les 1900 collaborateurs du service client devraient ainsi rejoindre Intelcia, une société franco-marocaine spécialisée dans les centres d’appels dans laquelle Altice a pris une participation majoritaire. Les prochains sur la liste de l’externalisation pourraient être les 2000 salariés du pôle réseau qui rejoindraient ERT Group, filiale de Parilis spécialisé dans la maintenance et le déploiement de réseau.

« Nous attendions plus de lisibilité sur les grandes orientations qu’entend faire prendre à nos sociétés notre actionnaire principal [afin de connaître ses] conséquences sur l’activité, l’emploi, l’évolution des métiers et des compétences, l’organisation du travail, le recours à la sous-traitance, à l’intérim, à des contrats temporaires et à des stage », déclare le syndicat dans son projet de résolution. Raté pour cette fois. Peut-être les représentants du personnel obtiendront-ils plus de détails à l’occasion des prochaines réunions de consultation qui s’égrèneront au fil des semaines du mois d’octobre. Celle concernant la partie réseau est fixée au 13.


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