Les femmes sont-elles meilleures développeurs ?

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Les modifications de code proposées par des femmes sont plus souvent acceptées que celles des hommes sur GitHub, tant que le genre du développeur n’est pas révélé, selon une étude.

Minoritaires (10 %) parmi les développeurs, les femmes se heurtent encore aux préjugés dans les communautés de développement Open Source, selon une étude préparatoire de chercheurs en informatique des universités d’État américaines de Caroline du Nord et polytechnique de Californie. « Bien que les femmes sur GitHub (la plateforme de partage de code étudiée) puissent être plus compétentes, les préjugés contre elles existent néanmoins », soulignent les auteurs de l’étude publiée le 9 février.

GitHub revendique 12 millions de développeurs membres. Les chercheurs ont croisé des données de GHTorrent et du réseau social Google+ pour connaître le genre de 1,4 million de contributeurs, et étudié les propositions de modification de code (demandes de tirage, ou pull requests en anglais) présentées sur GitHub durant une période donnée. Ils sont parvenus à la conclusion que, tant que le genre du contributeur n’est pas connu (GitHub ne le demande pas), le code écrit par des femmes est approuvé à un taux plus élevé (78,6 %) que le code écrit par des hommes (74,6 %).

La méritocratie a bon dos

Cette différence ne s’explique ni par des changements mineurs qu’apporteraient les femmes au code, ni par des performances nettement plus élevées dans certains domaines. « Les taux d’acceptation de contributions présentées par des femmes sont plus élevées que celles des hommes pour tout langage de programmation du top 10, à des degrés divers », ont souligné les auteurs de l’étude. En revanche, dès qu’une femme est identifiée comme telle sur GitHub, sa contribution est plus souvent rejetée que celle de ses homologues masculins. Pas de régime de faveur donc, au contraire.

Interrogées par le Guardian, des développeuses identifiées sur GitHub ont toutefois indiqué qu’il est impossible de dire si des préjugés sexistes sont à l’origine du rejet. Il n’empêche, selon l’étude, « le refrain bien connu selon lequel l’Open Source est une pure méritocratie doit être réexaminé ».

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crédit photo © Undrey / shutterstock.com

Auteur : Ariane Beky
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