Fusions-acquisitions IT : comme au bon vieux temps de la bulle Internet

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Porté par des acquisitions géantes comme celle d’EMC par Dell, le niveau des fusions-acquisitions dans les technologies retrouve un niveau qu’il n’avait plus connu depuis les années de la bulle Internet. Et Ernst & Young prévoit une année 2016 encore plus flamboyante.

Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? En tout cas, selon les calculs d’Ernst & Young (EY), le niveau des fusions et acquisitions (M&A pour ‘merger and acquisitions’) d’entreprises dans les technologies a atteint, entre janvier et fin octobre 2015, 396,4 milliards de dollars. En comptant les deux mois de la fin d’année, le total devrait donc excéder le précédent record, datant de 2000. Cette année-là, alors que la bulle Internet était à son niveau d’expansion maximale, 412,4 milliards de dollars avaient été dépensés par les entreprises pour s’adjuger le renfort de sociétés technologiques.

Octobre 2015, mois de tous les records

Cette fois, EY s’attend à ce que le phénomène perdure, 59 % des dirigeants du secteur des technologies expliquant vouloir poursuivre leurs acquisitions en 2016. Un taux plus élevé que lors des quatre études précédentes, menées au cours des quatre semestres précédents. « Nous pensons que l’innovation n’est pas suffisamment rapide à l’intérieur des organisations ; nous sommes dans une fenêtre où les fusions-acquisitions représentent le chemin le plus sûr pour se transformer », explique Jeff Liu, qui dirige le conseil en M&A pour le secteur de la tech chez EY, chez nos confrères d’Infoworld. 83 % des 1 600 dirigeants du secteur (dans 53 pays) anticipent une poursuite de ces opérations l’année prochaine. Tant la qualité des opportunités que leur nombre s’accroissent, selon les dirigeants interrogés, laissant augurer une année 2016 particulièrement active en matière de rapprochements. Notamment dans la zone euro, où plus d’un dirigeant sur quatre prévoit de renforcer ses plans d’investissement.

Selon le baromètre d’Ernst & Young, octobre 2015 est le mois de tous les records. Et ce même si on exclut le rachat d’EMC par Dell, pour lequel le Texan aligne la somme record de 67 Md$. Ce même mois, rappelons que Western Digital a mis 19 milliards sur la table pour s’adjuger Sandisk. Notons que cette vague d’acquisitions n’est pas uniquement portée par la consolidation du secteur, mais aussi par le rachat, par des entreprises IT, de sociétés cataloguées comme ne faisant pas partie de cette industrie. C’est ainsi qu’IBM a mis la main sur Weather.com pour nourrir son outil d’intelligence artificielle Watson en données météo, pour un montant supérieur à 2 milliards de dollars. 46 % des dirigeants de l’industrie IT interrogés réfléchissent à l’acquisition de sociétés hors du secteur.

Au total, au cours du troisième trimestre 2015, EY a recensé 1 069 opérations de fusions-acquisitions dans le secteur des tech. Le septième trimestre de suite à dépasser les niveaux de la bulle Internet.

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