Test du Galaxy S6 : Samsung passe un cap

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Smartphone monobloc, interface épurée, sécurité renforcée et ouverture aux applications Microsoft. Avec le Galaxy S6, Samsung négocie un nouveau tournant dans sa stratégie mobile.

Façades en verre (Gorilla Glass 4 qui plus est) aux bords chanfreinés, cadre métallique oblongue lui-même biseauté qui enserre d’un seul bloc la structure du téléphone… Avec son Galaxy S6, annoncé en mars dernier aux côtés du Edge (et son fameux écran aux bords incurvés), Samsung joue clairement la carte de l’élégance et du très haut de gamme qui marque clairement une rupture avec les précédents modèles de la série. Un changement d’autant plus net que l’utilisateur y perd au change sur certains points. La disparition du lecteur de carte microSD interdit désormais toute extension de la mémoire de stockage. Il faudra se contenter des 32 Go fournis par défaut. Et la batterie reste, pour le coup, inamovible, ce qui est certes moins problématique en regard de leur fiabilité aujourd’hui. Notons par ailleurs que, d’une génération à l’autre, l’appareil perd son étanchéité. On pourra également regretter la légère proéminence de l’objectif arrière qui interdit de poser parfaitement à plat l’appareil sur un bureau.

Le prix à payer pour tenter de séduire les aficionados de l’iPhone valait-il tous ces sacrifices ? Pas sûr. D’autant que, si l’objet est bien fini et agréable à l’œil, sa tenue en main ne nous a pas semblé des plus ferme au départ (mais on s’y fait vite même si le contact du verre n’est pas forcément plus chaud que celui d’un plastique verni, strié ou, mieux, un aluminium brossé). De plus, Samsung s’obstine à conserver son bouton physique central (qui certes fait office de capteur d’empreinte digitale) pour afficher l’écran principal (comme sur l’iPhone au passage). Ce qui oblige à exercer une pression physique qui, à l’heure du tout tactile, nous semble inutilement exagérée (les tablettes du constructeur peuvent en témoigner). Sur ce point d’ergonomie, on retrouve le bouton de Retour à la droite du bouton central, et celui de l’affichage de l’ensemble des fenêtres ouverte à sa gauche. Des commandes de navigation figées qu’il est regrettable de ne pas pouvoir personnaliser (par exemple mettre le bouton Retour sur la gauche plus accessible au pouce quand on tient justement l’appareil de la main gauche).

Une résolution écran parfaitement aboutie

Au-delà de ces considérations ergonomiques, le Galaxy S6 a du répondant avec son processeur octo-cœur Exynos 7 Octa 7420 à 2,1 GHz, ses 3 Go de mémoire vive LPDDR4, sa palanquée de capteurs (accéléromètre, gyroscope, proximité, boussole, baromètre, empreinte digitale, capteur magnétique et de pouls…) et les interfaces de communication de dernière génération qui vont avec (Wifi 802.11n/ac et Direct, HT80 MIMO (2×2), Bluetooth 4.1, NFC et infrarouge pour transformer le smartphone en télécommande). Notons que le smartphone supporte la double porteuse LTE (cat. 6) qui ouvre la compatibilité avec la 4G+ à 300 Mbit/s (LTE-A) en cours de déploiement en France notamment. Ainsi qu’un mode Download Booster qui combine Wifi et 4G pour accélérer les téléchargements de fichiers. Une configuration musclée qui ne n’a pas montré de signe de faiblesse lors d’exécution d’applications courantes (messagerie, réseaux sociaux, maps, musique, transports…) ou un peu plus gourmandes en ressources (jeux, photo/vidéo…). Signalons néanmoins que, lorsque le nombre d’applications ouvertes en arrière plan atteint son maximum (une quinzaine), il nous est arrivé plus d’une fois d’avoir à attendre quelques secondes avant de voir le démarrage d’une nouvelle application ou le déverrouillage du téléphone. Rien de rédhibitoire mais un peu décevant pour un appareil de cette classe. Notons enfin que l’appareil chauffe peu d’une manière générale, un peu plus lorsque l’on utilise le capteur photo. Mais rien de problématique.

Le SM-G920F (nom de série du S6) se distingue particulièrement sur le plan de l’image. Son écran 5,1 pouces Super Amoled Quad HD dispose d’une résolution de 2 560 x 1 440 (16/9e). Soit une densité de 577 points par pouce qui, fort d’un GPU Mali-T760, assure un rendu d’image absolument superbe. Côté capture, les capteurs enregistrent jusqu’à 16 millions de pixels et 5 millions en façade avant. De quoi réaliser des photos au format 5312 x 2988 pixels et des vidéos 4K (3840×2160) qui nécessiteront un écran adéquat pour en apprécier toute la finesse des détails. En attendant, on pourra lui préféré le déjà excellent mode HD 1080p à 60 images/seconde. D’une manière générale, le capteur photo réalise de bons clichés avec des couleurs bien équilibrées quand la luminosité ambiante s’y prête. Cela peut s’avérer plus délicat en intérieur sous éclairage artificiel que les profils préconfigurés de balance des blancs corrigent plus ou moins efficacement.

Une application photo de bonne facture

L’application photo/vidéo (activable sans déverrouiller l’appareil en appuyant deux fois successivement sur le bouton central, ce qui est très pratique) est de bonne facture. Elle propose 7 modes de prises de vue dont un curieux système de capture Photo 3D, sorte de QuickTime qui, au rendu, permet d’évoluer autour du sujet mais dans un périmètre limité à 180 degré environ. Le mode Pro permet d’affiner manuellement les réglages, dont un mode macro assez efficace (sans néanmoins autoriser une mesure de luminosité sur une zone précise où une mise au point manuelle) et le mode Focus sélectif permet, après la prise de vue, de choisir la netteté entre le premier et l’arrière plan. Classique, le mode panoramique se montre plutôt efficace par sa vitesse de capture.

Livré avec Android (Lollipop) 5.0 (sans qu’une mise à jour vers la 5.1 n’ai pour l’heure été proposée), le S6 conserve son interface TouchWiz… que Samsung a eu la bonne idée d’épurer par rapport à celle du S5. La navigation et l’usage de l’appareil s’en trouve simplifié alors qu’il n’est plus encombré de fonctions et gadgets à la présence pour le moins discutable. Si Samsung a laissé son application S Health de monitoring de santé (avec une mesure de rythme cardiaque plutôt efficace à nos yeux), le constructeur semble s’être concentré sur le productif. Aux côtés des 17 applications Google livrées par défaut (pas toutes indispensables et auxquelles on pourra ajouter Google Agenda absent et pourtant plus ergonomique à nos yeux que le S Planner par défaut), on en trouve trois qui proviennent de Microsoft : OneDrive, OneNote et Skype. Une nouveauté qui témoigne des accords de partenariat entre les deux firmes qui pourraient bien s’étoffer à l’avenir. Jusqu’à voir l’arrivée de la suite Office sur le Galaxy S7 ? En attendant, le S6 est livré par défaut avec Hangcom Office Viewer pour pouvoir lire (uniquement) les fichiers bureautiques et PDF. Pour en éditer, il faudra installer sa version complète (ou une autre) ou s’appuyer sur l’offre Google Drive (Docs, Sheet…). Notons que le client Email livré par défaut offre des fonctionnalités pertinentes comme la possibilité de fermer temporairement (mettre de côté) un email en cours de rédaction ou la possibilité de paramétrer le programme de synchronisation afin de ne télécharger les messages qu’en fonction d’un emploi du temps précis et selon les déplacements géographiques de l’utilisateur.

La sécurité à l’ordre du jour

La sécurité est également à l’œuvre sur le S6. Celui-ci embarque nativement l’application Knox 2.0 pour isoler les contenus professionnels du reste des usages de l’appareil et administrable depuis une solution tierce de gestion des appareils mobiles. Pour un usage plus personnel, Knox se voit complété du service MyKnox qui, depuis le portail my.samsungknox.com, permet de prendre un certain niveau de contrôle de l’appareil à distance (verrouillage ou réinitialisation) et de repérer son emplacement sur une carte. Un service qui s’est révélé assez fiable. Cependant, si sa configuration est ultra simple (il suffit de sélectionner les applications à ajouter dans le container sécurisé), elle impose de reconfigurer les paramètres des applications, comme la messagerie, après la sélection . On pourra lui préférer un autre service, Findmymobile, également proposé et aux fonctions assez proches. Samsung a également renforcé la sécurité de son environnement avec une application de protection contre les menaces (un scan d’antivirus proposé par McAfee dans les faits).

Côté authentification, l’usage du lecteur d’empreintes digitales pourra s’avérer bien utile. Néanmoins, la trop grande sensibilité au positionnement du doigt (le pouce par défaut en l’occurrence) qui nécessitait parfois plusieurs lectures pour s’identifier, nous a poussés à abandonner ce mode. Que nous avons voulu retester après une mise à jour générale du système (en 5.0.2) censée améliorer cette application. Mais l’appareil n’a jamais été capable de reconnaitre notre empreinte, ni d’accepter le code de déverrouillage lié. Dans l’impasse, et sauf à réinitialiser entièrement l’appareil, nous avons définitivement laissé tomber la reconnaissance digitale.

Côté ergonomie un peu poussée, le S6 propose un mode de division d’écran en deux parties pour travailler sur deux applications simultanément. Mais le mode ne fonctionne qu’avec une poignée d’applications. Il est également possible de réduire la taille des fenêtres des applications pour disposer d’une vue d’ensemble de leurs contenus. Un mode opératoire qui n’est pas forcément le plus productif.

Une autonomie renforcée

Intéressons nous à l’autonomie. Celle-ci nous a plutôt agréablement surpris. Tant par la consommation de la batterie qui tient facilement une bonne journée que par le temps de charge. Ce dernier s’effectue en moins de deux heures (1h43 pour passer de 6 à 100% de charge). Côté consommation, en usage modéré, la batterie chargée à 87% à 9h30 du matin disposait encore de 33% passé 23h30. Dans un usage plus extrême, par exemple lors d’un trajet en TGV de 4h30 avec Wifi ouvert, écoute de musique, capture vidéo, consultation des emails et messagerie instantanée, l’autonomie est passée de 93% à 43%. Une très bonne performante alors même que la batterie du S6 voit sa capacité réduite à 2550 mAh contre 2800 mAh sur le S5. Le nouveau Galaxy dispose également des modes Economie d’énergie et Ultra qui, en désactivant certaines fonctionnalités, prolonge la vie de la batterie (jusqu’à près de 12h en mode Ultra avec une charge à 20%). Utile quand on est loin de toute prise électrique et que l’usage du téléphone reste indispensable. Signalons que le Galaxy S6 est aussi compatible avec la recharge sans fil (standard WPC et PMA) que nous n’avons pas testé faute de borne à disposition.

En conclusion, au-delà d’une petite bizarrerie ennuyeuse (l’incompatibilité incompréhensible de l’appareil avec l’application iDTGV), le Galaxy S6 s’avère, dans l’ensemble, plutôt une réussite. Que l’on apprécie ou pas son design, son ergonomie d’ensemble est assez bien fignolée (même si on pourra lui préférer un autre clavier que celui par défaut) et efficace. Certaines fonctionnalités se dévoilent au fil des usages comme des bonnes surprises. Par exemple, l’affichage de l’heure locale dans un pays étranger à côté de celle du pays d’origine. Autant de petites fonctionnalités qui travaillent à améliorer le confort et la productivité de l’utilisateur.


En images :

Samsung Galaxy S6 en images

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Samsung Galaxy S6
Un smartphone 5,1 pouces (143,4 x 70,5 x 6,8 mm) pour 138 g.


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