Laurent Graciani (Adecco) : « Modis recrute 500 ingénieurs en France, en 2016 »

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Modis, entreprise de services IT du groupe Adecco, table sur la qualité des projets et défis à relever pour recruter les talents que s’arrache l’industrie. Les explications de Laurent Graciani.

Issu du rapprochement des SSII Ajilon IT Consulting et Datavance, Modis est un acteur international des services informatiques appartenant au groupe Adecco. En France, Modis emploie 1500 collaborateurs et fait partie des 35 premières ESN (ou SSII) du marché. L’entreprise « ambitionne de recruter 500 ingénieurs en 2016 ». Laurent Graciani, directeur général du groupe Adecco France en charge des activités consulting et outsourcing, détaille la stratégie du spécialiste du travail temporaire sur le marché des services IT.

Silicon.fr : En France, contrairement aux États-Unis, il n’y a pas d’envolée des salaires IT. Est-ce un frein pour attirer et retenir les profils IT les plus recherchés du marché ?

Laurent Graciani : Le salaire n’est pas le facteur déterminant d’attractivité et de fidélisation. Les ingénieurs s’intéressent avant tout à des projets passionnants qui permettant de relever des défis technologiques et métiers. Ainsi, nous constatons que nos projets liés à la conception et au développement d’objets connectés sont très recherchés par ces profils. C’est vrai aussi pour la conception de services innovants orientés expérience utilisateurs (le « design thinking ») ou encore pour la sécurisation des infrastructures, des données et des applications.

D’une manière plus globale, les projets permettant d’accompagner une entreprise dans sa transformation digitale, et de faire évoluer une organisation d’une logique produit vers une logique service, sont aussi très motivants pour les meilleurs profils. Les consultants recherchent également un cadre de travail convivial, humain, et des perspectives de progression de carrière dynamique.

Les recrutements informatiques ciblent essentiellement les jeunes diplômés et les cadres ayant de 1 à 10 ans d’expérience. Quelle est la marge de manœuvre des « seniors » ?

L.G. : Plus de 60 % de nos recrutements concernent effectivement des consultants en début de parcours. Par ailleurs, compte tenu de notre positionnement d’expert technologique et métier, nous recherchons aussi continuellement des directeurs et chefs de projets, des experts et spécialistes (Cloud, Big data, sécurité…). Autant de postes dédiés aux ingénieurs expérimentés et talentueux.

Au niveau fonctionnel et technologique, la richesse et la diversité des expériences vécues peut vraiment faire la différence. Dans un monde où tout va très vite, particulièrement dans le numérique où technologies et méthodologies évoluent sans cesse, la capacité à se former tout au long de son parcours, la curiosité et la mobilité intellectuelle, sont les garants d’une employabilité qui reste forte.

Comment réduire l’inadéquation entre l’offre et la demande de compétences techniques et « soft skills » ?

L.G. : La formation doit jouer un rôle clé. Au sein du groupe Adecco nous avons une conviction forte : il faut aussi rapprocher l’école de l’entreprise. Nous avons donc créé une grande école de l’alternance, et nous nous sommes associés à Microsoft pour lancer la filière numérique de l’école.

Mon objectif est aussi de renforcer notre proximité avec les écoles d’ingénieurs pour capter les talents, bien entendu, mais aussi pour conseiller les écoles sur les compétences techniques, fonctionnelles et comportementales attendues par le marché. Nous avons également mis en place un système de tutorat, afin que des consultants référents accompagnent d’autres consultants.

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Auteur : Ariane Beky
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