Huawei veut faire entre les réseaux mobiles dans l’ère du Cloud

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Edward Deng, président de Wireless Solutions de Huawei
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Sur la scène de Tokyo, Huawei a présenté un ensemble de solutions pour gérer la totalité des composantes des réseaux mobiles dans le Cloud.

Le Global Mobile Broadband Forum (MBBF) de Tokyo a été l’occasion pour Huawei de partager, une fois encore, sa vision des technologies de communications sans fil. Edward Deng, président de Wireless Solutions de l’équipementier chinois a annoncé une suite de solutions pour mettre en œuvre la « cloudification » des réseaux sans fil. Baptisé ERA, cette suite comprend CloudEdge, dédiée à la gestion du cœur de réseau, CloudRAN, pour les accès radio, et CloudAIR pour les interfaces radio.

Pour Edward Deng, le Cloud est une réponse efficace à la multiplication de types d’applications et de leurs besoins respectifs. « Cette diversité applicative va monter d’un cran la barre des capacités du réseau et ses opérations. Pour faire face à ce défi, un réseau moderne a besoin d’une utilisation efficace des ressources, d’un déploiement de modules à la demande et d’un approvisionnement de services agile afin de réaliser le développement à long terme, a expliqué le responsable selon qui la construction d’un réseau basé sur le Cloud est la seule façon de le faire. »

Redessiner l’architecture des réseaux sans fil

C’est fort du succès de l’offre CloudEdge lancée en 2014, aujourd’hui opérationnelle sur plus de 10 sites sur une soixantaine de contrats en cours, que Huawei veut élargir les technologies Cloud sur l’ensemble des fonctions réseau. CloudEdge assure la convergence de multiples technologies d’accès radio, facilite le provisionnement d’applications à travers le silotage du réseau (slicing) et les solutions personnalisées.

Huawei a entrepris de compléter CloudEdge en présentant CloudRAN en avril dernier. « L’objectif de CloudRAN est de redessiner l’ensemble de l’architecture des réseaux sans fil, en transformant la gestion des ressources, la connectivité multiple et l’architecture élastique en capacités natives pour mieux répondre aux défis d’un avenir incertain », explique Edward Deng. L’équipementier a illustré le propos en faisant une démonstration de diffusion de vidéo 4K à 21,1 Gbit/s à partir d’une double connectivité LTE et 5G gérée avec CloudRAN. L’offre ne sera cependant pas commercialisée avant le troisième trimestre 2017.

Maximiser les ressources spectrales

Et quitte à centraliser la gestion des accès au sein du Cloud, autant la prolonger jusqu’à la ressource qui permet ces connexions. A savoir le spectre hertzien. C’est l’objet de CloudAIR présenté à Tokyo vendredi. La solution a été conçue pour gérer plus efficacement les ressources des interfaces radio, le spectre en premier lieu mais aussi la puissance d’émission et les canaux nécessaires pour assurer un signal optimal selon les besoins. Elle devrait donc faciliter l’exploitation des bandes de fréquences entre différentes technologies mobiles (2G, 3G, 4G et 5G demain) pour répondre dynamiquement aux fluctuations du trafic. Une façon de maximiser la valeur de la ressource spectrale et d’offrir une couverture large aux nouvelles générations d’accès (évitant ainsi de rester tributaire du déploiement d’un nouveau réseau pour commercialiser de nouveaux services).

Si Huawei compte inscrire l’ensemble des composantes du réseau mobile dans le Cloud pour permettre aux opérateurs de tirer au mieux parti des capacités de leurs ressources, Edward Deng n’a pas précisé la disponibilité de CloudAIR et, donc, de l’offre complète ERA. Mais les opérateurs ont le temps. La solution qui devrait faire appel à des technologies SDN/NFV notamment, semble avant tout taillée pour la 5G qui, outre les capacités supérieures que le réseau de nouvelle génération apportera, se distinguera par ses solutions d’agrégations de fréquences et de technologies. Avec les premiers essais grandeurs nature attendus pour 2018.

De la 4G à 2,1 Gbit/s

En attendant l’entrée dans cette nouvelle ère, Huawei en a profité pour faire une démonstration de connectivité à très haut débit. En s’associant avec l’opérateur britannique EE (BT), partenaire de longue date, l’équipementier a réalisé une connexion à 2,1 Gbit/s. Soit 4 fois plus rapide environ que ce qu’offre aujourd’hui le meilleur réseau mobile 4G en LTE-A à base d’agrégation de trois porteuses. La démonstration, réalisée en laboratoire, visait avant tout à démontrer les capacités avancées du LTE dans une vision transitoire vers la 5G.

Enfin, profitons-en pour souligner que Huawei et Orange ont inauguré le Global Network Operation Center (GNOC) dans le cadre d’un accord de services managés signé en 2015 pour 5 ans. Le GNOC assurera la gestion centralisée des réseaux d’Orange dans neuf pays africains dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, et la Guinée Bissau.


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