IBM et VMware pactisent sur le cloud hybride

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Quand un géant des datacenters rencontre le leader mondial de la virtualisation, ils peuvent finir par s’entendre comme le prouve le partenariat annoncé hier ente IBM et VMware, lors de la manifestation IBM Interconnect à Las Vegas.

« Le cloud n’est pas la destination, mais une nouvelle plateforme,» lance Robert Leblanc, senior vice-président Cloud chez IBM aux plus de 24 000 participants à la convention Interconnect à Las Vegas (contre 20 000 l’an passé). «Nous bâtissons une plateforme hybride pour l’innovation métier et l’entreprise cognitive. Et cette plateforme accélère l’avènement de nouveaux processus et modèles métier innovants.»

Robert Leblanc (IBM) et Carl Eschenbach (VMware)
Robert Leblanc (IBM) et Carl Eschenbach (VMware)

En 2015, IBM avait déjà souligné sa stratégie vers l’hybride jusqu’à proposer une instance installable en local de son PaaS Bluemix.
Big Blue définit 5 principes jalonnant la voie d’accélération de l’innovation, et que l’on retrouvera dans les annonces majeures de la journée.
Des choix cohérents pour déployer les fonctions applicatives au bon endroit. «Déployez vos applications à l’endroit qui a le plus de sens pour vous,» souligne Robert Leblanc. D’où l’annonce d’un accord avec VMware.

Une intégration hybride pour déverrouiller les données et applications existantes. Outre l’accord avec VMware, IBM WebSphere Connect sur le cloud apporte l’ouverture et la connexion middleware à des milliers d’applications pour un monde hybride.

Une productivité Devops pour développer, tester et déployer vite et en continu. Annoncés également ce premier jour, API Connect, App Connect, et WebSphere BlockChain Connect entendent bien révolutionner le développement.

Des analyses de données puissantes et accessibles pour en extraire une compréhension plus profonde. «Afin de prendre de meilleures décisions en se tournant vers l’avenir et en ne restant pas figé vers le passé,» ajoute le VP Cloud. Une annonce Dataworks (reposant sur Apache Spark) tombe à point nommé.

Des solutions cognitives pour enrichir de compréhension et d’apprentissage continu les décisions et les interactions de l’entreprise. Une pluie API Watson deviennent disponibles pour les développeurs sur le cloud.

IBMWare : pour le bénéfice du client. Seulement lui ?

Avec 45 datacenters, on comprend qu’IBM puisse intéresser VMware, sans parler de ses clients. De même, Big Blue ne saurait détourner le regard du portefeuille de client du leader mondial de la virtualisation… D’où le partenariat annoncé par les deux leaders, “au grand bénéfice des entreprises clientes”, bien entendu. Un partenariat qui vient aussi concrétiser une vision partagée d’un monde informatique hybride, où les déploiements et connexions doivent être automatisés et simplifiés.

Sur cette architecture conjointement développée, un environnement VMware SDDC (Software Defined DataCenter) préconfiguré peut être provisionné automatiquement sur le cloud IBM (vSphere, NSX et Virtual SAN). Grâce aux couches réseau et sécurité communes, les entreprises peuvent simplement déployer des VM en mode hybride (sur site ou en mode cloud) sans rien modifier.

Elles utilisent alors les outils et l’automatisation IBM CloudBuilder pour provisionner des VM préconfigurées, ou validées SDDC par VMware. Parce que le nerf de la guerre se situe aussi au niveau de l’administration des systèmes et de leur supervision, VMware a de son côté adapté ces solutions vRealize Automation et vCenter à IBM Cloud. «Le choix dépendra des préférences du client et des compétences de ses informaticiens,» se dédouane Robert Leblanc.
Les deux partenaires annoncent commercialiser conjointement ces nouvelles offres de cloud hybride, y compris sous divers scénarios comme la migration sans couture, la reprise sur incident, l’extension de capacité, ou la consolidation de datacenters.

Vers un monde hybride cohérent et simplifié

«Pour nos clients ou futurs clients, il s’agit de disposer d’un socle cloud efficace et cohérent qui relie des environnements multiples dans un monde hybride,» commente simplement Carl Eschenbach, Président et directeur opérationnel chez VMware. Tandis que Robert Leblanc ajoute: «Cela permet aux entreprises d’utiliser des technologies et des outils pour lesquelles leurs équipes disposent déjà des compétences nécessaires.»

Avec déjà 45 datacenters dans le monde (dont 8 nouveaux annoncés), et une expertise en sécurité et en conformité réglementaire, on peut penser que les clients trouveront leur bonheur sur le cloud IBM pour respecter ces impératifs. En revanche, pour les entreprises peu habituées à chiffrer les coûts de déploiement et de production en datacenter interne, le forfait mensuel peut réserver quelques surprises. Ceci dit, rien n’empêche de “réinternaliser” au cas où, puisque cela fonctionne dans les deux sens! Il s’agit juste de bien vérifier ce que contiennent les contrats, ainsi que sur la durée d’abonnement imposée.

Si les clients des deux entreprises peuvent y gagner en efficacité et en intégration, on devine aussi que la synergie des deux entreprises est évidente: IBM dispose d’arguments pour attirer les clients de VMware, et ce dernier peut approcher plus facilement les clients du premier. «D’autant plus que nous disposons de très nombreux clients en commun,» confirme Robert Leblanc.

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Auteur : José Diz
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