Feu vert de Bruxelles en Italie : Free débute son expansion internationale

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Le feu vert à la fusion 3 et Wind que la Commission européenne vient d’accorder ouvre à Iliad/Free les portes de l’Italie.

Maxime Lombardini et Thomas Reynaud, respectivement directeurs général et financier d’Iliad, avaient raison de se montrer confiants sur la capacité de la société à poursuivre le développement de Free à l’international lors de la présentation des résultats du groupe pour le premier semestre 2016. La Commission européenne vient de donner son feu vert à la fusion entre les opérateurs Wind (détenu par VimpelCom) et 3 (CK Hutchison) en Italie. Un rapprochement possible sous la seule condition, aux yeux des services de la concurrence de l’exécutif Bruxellois, de maintenir quatre opérateurs mobiles sur le marché local. Autrement dit, d’en créer un quatrième à partir des actifs que devraient céder les deux opérateurs après leur union.

Un « remède » sur lequel s’est jeté Free qui, après son échec américain en 2014 avec l’offre refusée de racheter T-Mobile et une non-occasion sur le marché britannique suite au refus de Bruxelles de voir 3 racheter O2 (Telefónica), voit en l’Italie une opportunité pour s’étendre en dehors des frontières hexagonales. Début juillet, Iliad signait un accord avec 3 (H3G) et Wind en vue de récupérer des actifs pour satisfaire aux conditions de Bruxelles sur le contrôle des concentrations.

35 MHz duplex de fréquences 3G et 4G

L’accord prévoit le transfert d’un portefeuille de 2×35 MHz de fréquences 3G et 4G (2×5 MHz en 900 MHz, 2×10 MHz en 1800 MHz, 2×10 MHz en 2100 MHz et 2×10 MHz en 2600 MHz). Au-delà des fréquences, Iliad a obtenu de Wind et 3 l’engagement de céder plusieurs milliers de sites macro en zones denses (constituées de 75% de la population). Un accord de partage de réseau (RAN sharing) est également prévu dans les zones rurales (25% de la population). A défaut, l’opérateur français pourra également y acquérir des sites tout en s’appuyant sur les deux « tower companies » du pays pour installer ses antennes et déployer son propre réseau. Enfin, un accord d’itinérance 2G, 3G, 4G « et même 5G quand elle arrivera », a précisé Maxime Lombardini, permettra à Iliad d’opérer sur le réseau de Wind/3 pendant 10 ans (5 ans renouvelable à l’initiative de la maison mère de Free). Le paiement, de 450 millions d’euros pour l’ensemble de ces actifs, s’étalera entre 2017 et 2019 et sera financé sous forme de dette.

« Toutes les conditions sont réunies pour démarrer rapidement une offre mobile agressive et devenir le 4e opérateur mobile en Italie », a commenté le directeur général d’Iliad. Lequel compte profiter de l’expérience acquise en France, fort de la maîtrise des solutions de CRM et de facturation développées en interne, mais aussi de son savoir-faire en matière de distribution, notamment en ligne, « même s’il faudra prendre en compte les spécificités du marché italien ». De fait, avec un pouvoir d’achat de la population italienne légèrement inférieur à celui des Français, l’opération pourrait sembler périlleuse. « Nous partons avec des conditions plus favorables que celles que nous avons eues en France sur le marché mobile, soutient Maxime Lombardini, on a des fréquences et une multitude de sites pour s’installer rapidement. Nous sommes très confiants pour y créer de la valeur. »

Free futur trublion italien ?

Et ce d’autant que le marché est assez différent de celui de la France. Le quadruple play y est inexistant (mais cela pourrait évoluer avec l’arrivée d’Enel comme opérateur d’infrastructure pour développer le très haut débit fixe dans le pays), la pénétration mobile atteint les 140% de la population dont 79% privilégie le prépayé, et si la 4G est bien développée (avec 90% du territoire) seuls 19% des abonnés de l’opérateur historique Telecom Italie Mobile (TIM) y souscrivent (contre 33% en moyenne en Europe fin 2015 et plus de 50% en France aujourd’hui). Enfin, le marché global des télécoms italiens s’élève à 30 milliards d’euros, dont 12,8 milliards pour le mobile (soit 17,2 euros dépensés par mois par abonnés contre 17,8 euros en France).

Autant de facteurs qu’Iliad pourrait venir bousculer en appliquant son modèle très concurrentiel comme son forfait à 20 euros pour 50 Go de données 4G (contre 40 euros et 20 Go de données constatées en Italie) avec roaming sur toute l’Europe et les Etats-Unis. Voire l’offre ultra agressive à 2 euros (2 heures d’appels et SMS illimités). Mais pour l’heure, les dirigeants de Free ne se prononcent pas sur les offres qu’ils comptent lancer de l’autre côté des Alpes. Ni sur une quelconque date de lancement. Et encore moins sur la marque du futur 4e opérateur italien. Libertà ?


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