Iliad succombe finalement à la tentation de Venise

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Siège social d'Iliad à Paris
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La rumeur est donc confirmée : Iliad va devenir le 4ème opérateur d’Italie en rachetant des actifs de la société née de la fusion de 3 Italia et Wind. Le Français profite de la volonté de Bruxelles de maintenir la concurrence sur le marché transalpin.

Hier soir, Iliad a confirmé la rumeur de son arrivée sur le marché italien. En effet, Bloomberg annonçait que l’opérateur français était entré en négociations exclusives avec le Hongkongais CK Hutchison et le Russe Vimpelcom, qui ont fusionné leurs activités en Italie en annonçant le rapprochement de 3 Italia et Wind.

Or cette fusion reste soumise à l’approbation des services de la concurrence de la Commission Européenne. Cette dernière impose des mesures pour maintenir la concurrence sur le marché transalpin. Iliad profite donc de ces exigences européennes pour jouer le rôle de deus ex machina. Il se propose de récupérer des ressources hertziennes, 3G/4G de 2×35 MHz (2×5 MHz en 900 MHz, 2×10 MHz en 1800 MHz, 2×10 MHz en 2100 MHz et 2×10 MHz en 2600 MHz).

Iliad est prêt à débourser 450 millions d’euros entre 2017 et 2019 pour acquérir ces fréquences. L’opérateur s’engage aussi à acheter plusieurs points hauts proposés par Wind/3 Italia ou loués à des tiers. L’objectif est de pouvoir démarrer rapidement l’activité.

Itinérance et mutualisation des réseaux

Pour être sûr de pouvoir se développer dans de bonnes conditions sur l’ensemble du territoire italien, Iliad prévoit une mutualisation des réseaux (RAN sharing) avec Wind et 3 Italia sur les zones rurales. De même, lors de son lancement, le Français a signé un accord d’itinérance 2G/3G/4G sur le réseau de ses partenaires pour une durée de 5 ans, accord renouvelable une fois à la demande d’Iliad.

L’ensemble de ces éléments a été soumis à la Commission européenne qui rendra sa décision le 8 septembre prochain. En tout cas, Iliad a toutes les cartes en main pour devenir le 4ème opérateur mobile en Italie. Reste à voir si les recettes qui ont fait le succès de Free en France seront appliquées en Italie (baisse drastique du prix du forfait, service client en ligne, location de mobile, etc).

Comme nous le rappelions hier, il s’agit de la première incursion de l’opérateur en dehors de l’Hexagone. Une stratégie européenne qui n’est pas sans rappeler les ambitions d’un autre acteur, Altice, qui s’est déjà implanté au Portugal. Si Iliad franchit les Alpes pour la première fois, Xavier Niel a lui investi via sa holding NJJ dans plusieurs pays européens comme la Suisse (avec Salt) ou Monaco. De même, il est présent en Italie comme actionnaire de Telecom Italia. Mais, par voie de communiqué, il a annoncé que cette participation (moins de 25 millions d’euros) serait vendue dans les prochaines semaines.

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