Intel, avec Centrino, continue à miser sur le WiMax – bien tard?

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La plate-fome Centrino WiMax devrait être présente dans 26 appareils dès cette année. Trop tard ?

Intel réussira-t-il à reproduire le succès du Wi-Fi avec le WiMax ? Après le carton planétaire de sa puce Centrino compatible avec le Wi-Fi, le fondeur mise désormais sur la dernière évolution du ‘chip‘ (lancée en juillet) qui inclut un composant WiMax. Enfin !, diront certains. L’intégration de cette puce à Centrino 2 était attendue depuis des mois. Outre le WiMax, elle gère le Wi-Fi prochaine génération 802.11 et aussi les capacités HSDPA des réseaux 3G.

« Des accords avec les principaux fabricants de PC ont été signés », explique Sriram Viswanathan, vice-président d’Intel, secteur Mobilité. « Dell, Asus, Acer intégreront le nouveau Centrino à leurs machines dès cette année. 26 ‘devices’ qu’il s’agisse de PC, de MID ou autres seront disponibles en 2009. On table sur une centaine d’appareils compatibles l’année prochaine ».

Bonne nouvelle donc. L’éco-système se met enfin en place. D’autres fabricants proposent également des clés USB, des ‘dongles‘…« C’est une technologie d’avenir », s’enthousiasme le VP d’Intel. Et c’est vrai que le WiMax promet.

Dans les pays émergents ou dans les zones blanches des pays où les accès DSL sont déployés, cette technologie peut s’imposer en complément des solutions de haut débit fixe. D’ailleurs, des déploiements ont lieu dans de nombreux pays, notamment en Amérique du Sud.

Dans le mobile, le WiMax pourrait également trouver sa place pour le haut débit mobile et le nomadisme.

Mais dans ce secteur, le WiMax semble avoir raté le coche. Face aux retards répétés de cette technologie, de nombreux géants ont décidé d’abandonner cette technologie. Alcatel-Lucent va réduire drastiquement ses investissements et Nokia a déclaré qu’il ne lancerait pas de nouveau terminal compatible. « Sur cette technologie, nous ne voyons rien venir d’ici plusieurs années »,déclarait Ben Verwaayen, le nouveau directeur général d’Alcatel-Lucent en décembre…

Car dans le mobile, c’est bien le LTE (Long Term Evolution), évolution de la 3G qui aujourd’hui semble s’être imposé, autant chez les opérateurs que chez les équipementiers. Pourquoi les opérateurs mobiles investiraient-ils dans le WiMax alors que leurs infrastructures 3G peuvent assez facilement évoluer vers le LTE ? Seuls les USA avec l’initiative Clearwire et le Japon misent encore fortement sur le WiMax mobile. Le WiMax Forum, lobby où le fondeur est très actif, évoque de son côté un potentiel de 800 millions de personnes ‘connectables’ d’ici 2010.

« Alcatel-Lucent ou Nokia sont encore engagés dans le WiMax Forum, ils continuent à travailler avec nous et participent à l’éco-système », répond Sriram Viswanathan. Méthode Coué ?

En fait, la chance du WiMax semble être passée. En France par exemple, alors des licences ont été attribuées, seulement 524 sites ont été déployés alors que l’objectif était d’atteindre 3.564 en 2008…

« Le WiMax mobile sera déployé par des nouveaux entrants pour des marchés locaux ou une demande spécifique. Quelques opérateurs locaux utiliseront cette technologie notamment là où le DSL est peu présent. Aux Etats-Unis, l’initiative Clearwire qui vise à déployer un réseau national est sur de bons rails. Mais il s’agit là-bas de proposer une alternative à la 3G qui est très peu déployée dans le pays », expliquait récemment à ‘Silicon.fr’, Andre Mechaly d’Alcatel-Lucent.

« Le WiMax a sa place dans la 4G mais toutes les conditions sont réunies pour faire du LTE la nouvelle génération du mobile », confiait pour sa part Guy Roussel, président d’Ericsson France. « Le LTE est une migration de ce qui existe déjà. Si je suis opérateur, je vais m’orienter naturellement vers l’évolution de la 3G. Le WiMax mobile pourra s’installer dans quelques zones avec des opérateurs spécifiques ».

Conclusion : alors que le Wi-Fi avait débarqué sur un marché vierge, le WiMax est déjà distancé dans le mobile et s’apprête donc à ne viser que des marchés de niche dans le fixe. Pas de quoi faire les affaires d’Intel même si la compatibilité de sa puce avec la 3G+ lui permet de jouer sur deux tableaux.

A lire, notre enquête, Quel avenir pour le Wimax en France ?

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