Les leçons d’intelligence artificielle de Facebook

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« Ce n’est pas de la magie, c’est du code ». Facebook sensibilise ses utilisateurs à l’intelligence artificielle dans des vidéos. Le réseau social veut aussi endiguer le flux de désinformation, grâce à l’IA.

Critiqué pour son traitement jugé laxiste de la désinformation lors de la présidentielle américaine 2016, Facebook veut s’appuyer sur l’intelligence artificielle (IA) pour mieux prévenir le phénomène. Le réseau veut aussi éclairer ses utilisateurs sur les opportunités offertes par la technologie.  Pour Yann LeCun, directeur de recherche en intelligence artificielle de Facebook (FAIR), l’IA pourrait être utilisée pour limiter le flux de fausses informations ou détecter la violence dans des vidéos en direct, et ce en filtrant leur contenu. Encore faut-il définir un cadre pour sa mise en oeuvre.

« Quel est le compromis entre le filtrage et la censure ? La liberté d’expérience et la décence ? », a déclaré le chercheur français lors d’une récente table ronde californienne, dont le Wall Street Journal s’est fait l’écho. « La technologie existe ou peut être développée. La question est de savoir dans quel cadre la déployer ? Et ce n’est pas à mon département [d’en décider] », a-t-il ajouté.

Facebook vulgarise – un peu – l’IA

« Ce n’est pas de la magie, c’est du code »… Pour Facebook, il s’agit d’abord d’éclairer le « mystère » qui entoure l’IA dans l’inconscient collectif. Jeudi, le réseau social a mis en ligne sur Facebook Code une série de six vidéos informatives (en anglais) pour sensibiliser ses utilisateurs au fonctionnement de l’intelligence artificielle. Avant d’aborder le deep learning ou les réseaux de neurones à convolution, ses chercheurs démarrent leur leçon par une introduction.  « L’IA est une science rigoureuse axée sur la conception de machines et systèmes intelligents, utilisant des techniques algorithmiques inspirées par ce que nous savons sur le cerveau », soulignent dans un billet Yann LeCun et Joaquin Quiñonero Candela, directeur de l’apprentissage automatique appliqué chez Facebook.

« Votre smartphone, votre maison, votre banque et votre voiture utilisent déjà l’IA quotidiennement, ajoutent-ils. Parfois c’est évident, comme lorsque vous demandez à Siri [d’Apple] de vous orienter vers la station essence la plus proche, ou que Facebook suggère d’étiqueter un ami dans une image que vous avez postée en ligne. Parfois moins, comme lorsque vous utilisez votre [assistant vocal] Amazon Echo pour faire un achat inhabituel avec votre carte de crédit (comme un pull ringard pour les fêtes) et n’obtenez pas une alerte de fraude de votre banque ».

Défaire les pièges à clics

Ces exemples ne lèvent pas le voile sur la façon dont le réseau social préviendrait effectivement la diffusion de fausses nouvelles, relève le journal de Wall Street. Par ailleurs, l’algorithme de classement du fil d’actualité fourni par Facebook, un fil individualisé pour chacun de ses 1,79 milliard d’utilisateurs actifs par mois, est lui même suspecté de conforter les bulles informationnelles.

Malgré tout, Facebook utilise déjà l’IA pour détecter certains mots susceptibles d’alimenter des histoires qui se révèlent être des pièges à clics. Mais discerner les faits de la fiction est un défi plus difficile à relever. Et le risque d’évincer trop de contenu avec un filtre IA est élevé. Afin d’y remédier, l’entreprise américaine emploie des centaines de personnes pour contrôler les contenus diffusés sur sa plateforme, en plus d’ expérimenter des solutions techniques.

Dans les jours qui ont suivi la victoire de Donald Trump à la présidentielle US du 8 novembre, Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook, a minimisé le problème des fausses informations diffusées sur le réseau social. La semaine suivant l’élection, il a révisé sa communication et annoncé des mesures pour y faire face. La détection de ces contenus avant même leur signalement par les utilisateurs, en fait partie. L’argent étant le nerf de la guerre, Facebook s’est aussi déclaré prêt à sevrer de ressources publicitaires les sites vehiculant de fausses nouvelles. Google a fait de même.

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Photo credit: A Health Blog via Visual Hunt / CC BY-SA

Auteur : Ariane Beky
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