Internet des objets : Sigfox lance sa Fondation connectée

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En lançant sa fondation, Sigfox entend apporter des solutions pour des causes humanitaires. Et démontrer la pertinence de sa technologie.

« Nous avions l’idée en tête dès le démarrage de Sigfox : démontrer la pertinence de la technologie LPWA pour des causes humanitaires », lance Ludovic Le Moan, co-fonfateur avec Christophe Fourtet, de Sigfox. C’est en substance l’idée qui prévaut derrière la Sigfox Foundation que vient d’annoncer aujourd’hui l’opérateur de réseau dédié aux objets connectés. « La Fondation est une initiative de Ludovic et Christophe, indépendante de Sigfox, assure Xavier Drilhon, deputy CEO, elle est appelée à faire venir d’autres entreprises. »

On l’aura compris, tout en poursuivant les développements de l’entreprise, les co-fondateurs de Sigfox entendent mettre l’Internet des objets (IoT) au service des causes « qui donnent du sens à la vie », résume Ludovic Le Moan. Autrement dit, mettre des capteurs basse consommation et à bas coût au service de l’observation de la Terre « mal servie aujourd’hui car les technologies coûtent très cher », souligne Christophe Fourtet. Contrairement à l’offre de Sigfox qui entend réduire les coûts des communications à une échelle sans commune mesure avec l’existant. « Si la technologie ne résout pas tout, elle apporte une partie de la solution », ajoute, convaincu, Ludovic Le Moan.

Sécuriser l’expédition polaire

De la mesure géologique ou météorologique, à celle de l’eau, en passant par la surveillance des environnements végétaux et animaliers, les projets de la Fondation sont nombreux. L’un d’entre eux est actuellement mis en œuvre : l’exploitation d’un réseau Sigfox en Antarctique, à la station polaire belge Princesse-Elisabeth installée à 200 km de la côte. Exploitée dans le cadre de la mission scientifique Belare, les deux antennes du réseau IoT visent à renforcer la sécurité des membres de l’expédition locale. Les capteurs « permettent de retrouver des gens qui se perdent au-delà de deux jours (durée d’autonomie d’un GPS classique généralement, NDLR), notamment en cas de tempête, annonce Rachid Touzani, directeur du Secrétariat polaire belge. Mais aussi de cartographier ce désert de glace, notamment pour repérer les crevasses. Il y a un véritable intérêt car cela permet de tester les technologies dans des situations extrêmes ». Avec des températures qui peuvent descendre à -80°C dans la zone. Les tests sont en cours, les résultats seront publiés en mars.

De gauche à droite : Christophe Fourtet (CSO, cofondateur Sigfox), Xavier Drilhon (CEO Sigfox), Ludovic Le Moan (président, cofondateur Sigfox), Rachid Touzani (directeur du Secrétariat polaire belge) et Kristoff Van Rottinghe (cofondateur de Sensolus)
De gauche à droite : Christophe Fourtet (CSO, cofondateur Sigfox), Xavier Drilhon (deputy CEO Sigfox), Ludovic Le Moan (président, cofondateur Sigfox), Rachid Touzani (directeur du Secrétariat polaire belge) et Kristoff Van Rottinghe (cofondateur de Sensolus)

Un projet mené en partenariat avec Sensolus, l’entreprise qui a développé les 45 capteurs trackers. « L’Antarctique est un laboratoire idéal, sans interférence, explique Kristoff Van Rottinghe, cofondateur de la startup belge. Si ça fonctionne en Antarctique, on est presque sûr que ça fonctionnera partout ailleurs. » Le fabricant a notamment développé une balise GPS basse consommation qui, à partir de 3 piles AA, dispose d’une autonomie de 5 ans à raison d’une liaison par heure (3 ans pour des communications toutes les 30 minutes) sur le réseau de Sigfox, assure le porte-parole de Sensolus. Lequel souligne la facilité de la solution. « On installe les piles et ça fonctionne, il n’y a rien à faire, pas de configuration, pas de mot de passe, rien. » Une solution idéale pour des utilisateurs finaux qui ont généralement d’autres problématiques que de savoir configurer un terminal de réseau. « Sur le réseau Sigfox, les capteurs deviennent opérationnels économiquement », résume Kristoff Van Rottinghe.

Des usages sans fin

D’autres projets devraient voir le jour. Notamment autour de la santé, la sécurité, le lien social, la lutte contre les incendies de forêt, ou encore la sauvegarde des 20 000 derniers rhinocéros de la planète, un sujet cher à Ludovic Le Moan. « Les usages sont sans fin », pense Christophe Fourtet. Des discussions sont en cours avec des entreprises et organisations. « La philosophie de la fondation n’est pas de délivrer gratuitement mais d’adresser des marchés, des causes, à bas coût, explique Ludovic Le Moan, Nous ne voulons pas être dans l’effet d’annonce, nous nous lancerons dans de nouvelles causes quand nous serons capables de les adresser concrètement. » D’où l’idée de faire appel à des donateurs pour développer les projets dans l’idée d’atteindre une échelle industrielle et des coûts opérationnels accessibles.

A travers la mission humanitaire du projet, la fondation servira ainsi de vitrine technologique aux solutions de Sigfox. Autrement dit, « dépasser le proof-of-concept pour passer à des solutions déployées en masse », insiste Christophe Fourtet. Une façon de mettre en avant l’infrastructure mondiale que déploie l’opérateur. Aujourd’hui opérationnel dans une douzaine de régions, Sigfox vise la couverture de l’ensemble des pays industriels et développés des zones émergentes d’ici trois ans. « En 2016, le réseau sera présent sur tous les continents », assure Xavier Drilhon. En attendant l’entrée en Bourse, l’entreprise devrait poursuivre les levées de fonds.

Créer de l’ordre

Mais si les aspects financiers sont capitaux, l’important n’est pas là aux yeux de Ludovic Le Moan. « Nous avons créé le marché du réseau basse consommation à bas coût. L’enjeu est colossal. Il faut donc créer un peu d’ordre. » Pour cela, Sigfox va notamment s’atteler à développer un référentiel de consommation. « Nous cherchons un organisme indépendant pour qualifier la basse consommation », indique le co-fondateur qui a probablement dans l’idée de s’appuyer sur ce référentiel pour distinguer les solutions Sigfox de celles de la concurrence. Selon lui, « personne n’est aujourd’hui en mesure d’offrir la même chose ».


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