Internet des objets : Orange jette son dévolu sur Lora

Gestion des réseauxM2MMobilitéOperateursProjetsRéseaux
6 182 Donnez votre avis

Les pilotes réalisés à Grenoble par Orange valide la pertinence du protocole Lora pour déployer un réseau dédié à l’Internet des objets. L’opérateur rejoint ainsi Bouygues Telecom sur ce terrain.

Et de deux ! Après avoir laissé planer le suspens un certain temps, Orange a finalement décidé d’adopter le protocole Lora pour opérer son réseau dédié à l’Internet des objets (IoT). Il rejoint ainsi Bouygues Telecom qui, en mars dernier, prévoyait de couvrir 500 communes d’ici la fin de l’année sous ce protocole soutenu par la Lora Alliance. Le consortium regroupe une quinzaine d’acteurs, dont quelques poids lourds comme IBM ou Cisco, des industriels des composants et des opérateurs (dont Bouygues).

L’alliance se donne notamment pour objectif de faire de Lora un standard de communication pour l’IoT. Le protocole permet d’opérer des échanges bidirectionnels à faible débit entre objets alimentés par des batteries afin de garantir leur autonomie énergétique plusieurs années (jusqu’à 10 ou 15 ans). Une technologie qui a convaincu Orange qui, après un pilote à grande échelle dans la ville de Grenoble avec plus d’une trentaine de partenaires, a retenu Lora pour l’opérer sur son réseau afin de transporter les communications des objets pour ses besoins comme ceux de ses clients, grand public et entreprises.

Une lame de fond dans les années à venir

Les objets connectés sont notamment utilisés dans le secteur des « villes intelligentes » pour la gestion des déchets, les mesures de pollution, l’optimisation des parkings, la télérelève de compteurs, etc., comme par les industries pour gérer leurs machines et autres chaines logistiques ou encore dans la santé. Un marché très prometteur. « Le développement de l’internet des objets s’annonce comme une lame de fond dans les années à venir, déclare Stéphane Richard, le PDG d’Orange. On estime ainsi qu’il y aura plus de 25 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020. »

Le réseau Internet des objets d’Orange sous Lora sera opérationnel dès le 1er trimestre 2016 et sera déployé au niveau national. Mais l’opérateur ne fournit pas de précision quand au nombre de villes, ou de régions, qu’il souhaite couvrir, ni sur son calendrier.

600 millions d’euros de chiffre d’affaires

Le réseau Lora viendra compléter les services M2M (Machine to Machine) qu’Orange opère depuis plus de dix ans maintenant dans le monde. Par ailleurs, le protocole constituera une solution parmi d’autres pour connecter les objets. L’opérateur entend étudier les différentes solutions technologiques pour assurer la communication inter-objets et poursuit en parallèle ses travaux de normalisation des futurs réseaux cellulaires pour opérer l’internet des objets. Notamment sur la norme 2G EC-GSM (extended Coverage GSM) et en 4G LTE Cat 0 et PSM (Power Saving Mode) qui devraient être activée en 2017, ainsi qu’autour de la 5G qui, à l’horizon 2022, définira les standards de l’IoT.

L’IoT constitue en effet un axe de diversification stratégique pour Orange qui prévoit d’y réaliser 600 millions d’euros de revenus d’ici à 2018 dans le cadre de son plan Essentiels 2020. Au-delà de l’offre de connectivité, l’opérateur développe également l’activité de distribution d’objets connectés, ainsi que les services de Big Data autres offres à valeur ajoutée dans le domaine de la santé, du bien-être, de la maison connectée ou encore des « smart cities » depuis des plates-formes compatibles et interopérables avec les différents réseaux adaptés aux objets connectés. « Orange a pour ambition de devenir l’opérateur de référence de l’internet des objets », ajoute Stéphane Richard. Outre Bouygues Telecom, Orange devra affronter plusieurs opérateurs entièrement dédiés à l’IoT dont l’emblématique et dynamique start-up Sigfox qui se déploie à l’international.


Lire également
Orange se prépare à l’IoT sans attendre la 5G
Orange pousse les objets connectés dans sa 4G
Show Hello : Orange mise sur les objets connectés et le Big Data


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur