IoT : Orange veut couvrir 2600 communes avec Lora début 2017

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Orange accélère le déploiement de son réseau Lora et précise sa stratégie IoT, notamment face aux normes de l’industrie mobile.

Depuis son annonce, il y a un an, sur l’adoption du protocole Lora, Orange était resté relativement discret sur le déploiement de son nouveau réseau dédié aux objets connectés. L’opérateur vient de faire un point d’étape. A ce jour, 18 agglomérations* sont couvertes par des antennes Lora. Soit quelque 1300 communes d’où les entreprises peuvent aujourd’hui profiter de l’infrastructure à longue portée, bas débit et faible consommation énergétiques d’Orange pour y connecter leurs capteurs d’activité et autres puces de télérelève pour optimiser à distance la gestion des réseaux d’énergie, la surveillance des machines industrielles, l’usage des parking, la mesure de pollution, le suivi logistique et autre traqueur de localisation plus grand public.

Orange a dépassé son objectif sur son calendrier qui visait initialement 17 agglomérations et 1200 communes. Et entend poursuivre sur sa lancée. 2600 communes seront couvertes à travers 120 agglomérations pour fin janvier 2017. Avec une connectivité extérieure comme intérieure (indoor) aux bâtiments. Si Orange montre un certain dynamisme dans le déploiement de son réseau, c’est pour mieux rattraper, voire dépasser, son principal concurrent en matière de réseau Internet des objets (IoT), Bouygues Telecom. En mai 2013, ce dernier annonçait, via sa filiale Objenious, couvrir 50% de la population à travers 32 grandes agglomérations. Et ambitionne de déployer son réseau Lora sur l’ensemble de la population à l’aide de 4000 antennes d’ici la fin de l’année.

Plusieurs dizaines de projets en déploiement

Pascal Ancian, directeur marketing stratégique du groupe Orange, responsable du programme IoT
Pascal Ancian, directeur marketing stratégique du groupe Orange, responsable du programme IoT

Une analyse que ne partage pas Pascal Ancian. « Nous ne sommes pas sur une logique de couverture de la population car, au-delà des grandes agglomérations par défaut, nous déployons là où se trouve la demande », nous explique le vice-président marketing et responsable du programme IoT chez Orange. A savoir les entreprises, entités principalement intéressées pour connecter leurs objets. « Nous couvrons en priorité les sites industriels et adoptons la couverture en fonction des projets clients, notamment Indoor. »

Plusieurs dizaines de projets sont en cours de traitement. Beaucoup encore confidentiels mais l’opérateur en partage quelques-uns avec Silicon.fr. Dont Beezbee, une start-up qui connecte les ruches pour mesurer à distance leur poids, température et hygrométrie. Autre projet dans le domaine de l’agriculture avec les sociétés Astek et Transfarmers qui ont réalisé un pot de fleur-composteur connecté, là encore pour vérifier à distance la bonne évolution du compost. Enfin, plus classiquement, BH Technologies utilise des capteurs sur des containers de déchets pour optimiser les tournées d’enlèvement.

Lora et l’IoT du 3GPP

Pascal Ancian met également en avant la capacité d’Orange à déployer son offre Lora à l’international pour accompagner les clients en dehors des frontières françaises. Des expérimentations dans ce sens sont actuellement menées en Roumanie et Slovaquie. De son côté, Bouygues Telecom/Objenious entend passer des accords de roaming pour assurer l’extension de ses services Lora à l’international.

[Lire aussi notre dossier : 5 scénarios pour l’Internet des objets en entreprise]

Lora ne sera pas le seul réseau dédié aux objets connectés issu de l’infrastructure d’Orange. L’opérateur entend également adopter des normes IoT récemment édictées par le 3GPP (l’association de standardisation des technologies mobiles) pour contrer Lora et Sigfox. « Nous sommes persuadés qu’une seule technologie ne répondra pas à l’ensemble des besoins IoT, affirme Pascal Ancian, La réponse va être multi-technologique. » A Lora les faibles échanges de données avec des objets conçus pour une autonomie de 10 ans ou plus (relève de compteur, capteurs de chaleur, etc.), à l’EC-GSM, NB-IoT et LTE-M les envois plus massifs de données pour des systèmes embarqués ou caméras de vidéosurveillance, etc. La différence étant que, spécifiés pour les réseaux mobiles déjà en place, les protocoles IoT du 3GPP peuvent être plus rapidement déployés dans le monde que les solutions « low power ultra narrow band » qui s’appuient sur des réseaux qui restent à construire.

600 millions d’euros en 2018

C’est pourquoi Orange, contributeur actif des instances internationales de normalisation, a retenu Lora. « C’est un consortium ouvert, justifie le responsable, le marché [de l’IoT] ne se construira que si tout le monde travaille ensemble avec une garantie dans la durée. C’est important pour l’opérateur comme pour le client industriel qui va utiliser nos solutions pour plusieurs années. » Une façon à peine détournée de douter de l’avenir de Sigfox qui travaille dans son coin mais se déploie rapidement à l’international et a été sélectionné par SFR. Pour l’heure, Orange n’a pas encore arrêté son choix sur les normes IoT du 3GPP. Et pour cause, les composants dédiés sont à peine disponibles, tant pour la partie radio que cœur de réseau et chipsets. Les premiers tests en laboratoire sont prévus pour le quatrième trimestre avant de s’étendre sur le terrain. Orange finalisera l’évaluation de ces solutions courant 2017 avec plusieurs filiales et pays.

L’approche IoT d’Orange sera donc multi technologique de manière à répondre le plus efficacement possible à chaque projet. L’opérateur bénéficie déjà d’une certaine expérience dans ce domaine alors qu’il opère aujourd’hui quelque 10 millions d’objets cellulaires M2M en parc 2G. Dans tous les cas, Lora et l’IoT 2G/4G s’inscrivent comme un levier de développement majeur pour l’opérateur. Lequel vise 600 millions d’euros de chiffre d’affaires issus de son activité IoT globale (connectivité, distribution et services, aux entreprises comme au grand public) d’ici 2018 dans le cadre de son plan Essentiels 2020.


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