IoT : Telefónica ouvre les portes de l’Amérique latine à Sigfox

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Telefónica va intégrer le réseau de Sigfox dans son catalogue d’offres IoT en compléments des technologies cellulaires 4G pour objets connectés.

« Nous sommes honorés de nous associer à Telefónica pour accroître l’offre de solutions IoT et conquérir de nouveaux marchés. » Ludovic Le Moan (photo ci-dessus) peut l’être. En tant que directeur général de Sigfox, il vient de signer un accord mondial avec l’opérateur international espagnol. Ce dernier va s’appuyer sur le réseau Internet des objets (IoT) mondial de la start-up française pour renforcer ses services en matière d’objets connectés. Un contrat majeur, s’il en est, dans la stratégie de l’entreprise installée aux portes de Toulouse, à Labège.

La technologie de réseau bas débit basse consommation à large portée (LPWA) de Sigfox s’inscrit en complément des offres IoT cellulaire de Telefónica. Les normes NB-IoT et LTE-M des réseaux cellulaires 4G répondent en effet à des usages que ne permettent pas de supporter les solutions LPWA propriétaires de Sigfox (ou même Lora proposée par l’alliance industrielle éponyme). « La simplicité de la solution de connectivité de Sigfox et son écosystème IoT mondial sont un complément idéal à nos technologies de connectivité IoT et notre stratégie LPWA », assure Andres Escribano, directeur de l’IoT chez Telefónica.

Des réseaux complémentaires

Avec ses 300 bits/s, le réseau de Sigfox est dimensionné pour remonter une poignée d’octets par jour et par objet. Des données qui fournissent des informations sur l’état de l’objet, son usage, voire sa localisation. De fait le LTE-M et ses débits de 200 Kbit/s jusqu’à 1 Mbit/s permet de remonter de plus grands volumes d’information comme des flux vidéo ou la mise à jour de firmware à distance. Avec ses 20 à 80 Kbit/s sur un réseau 4G, le NB-IoT se situe entre les deux et pourrait adresser des usages plus grand public comme les montres connectées et autres wearable. La différence se situant dans le prix des capteurs (une poignée d’euros chez Sigfox et Lora) et leur autonomie (annoncée pour 10 ans ou plus) là où les technologies cellulaires se révèlent aujourd’hui plus onéreuses et plus consommatrice en énergie. Un constat qui pourrait néanmoins évoluer avec la préparation des futurs protocoles de la 5G.

D’autre part, la technologie cellulaire, sur bandes licenciées, permet de palier les risques de brouillage ou d’interférences des bandes, par définition libres, utilisées pour les objets connectées sur les basses fréquences des réseaux LPWA (868 MHz en Europe). Le réseau basse consommation de Sigfox pourra de son côté prendre le relais en cas de nécessité de prolonger l’autonomie énergétique de l’objet. Enfin, les deux réseaux se secourront mutuellement en cas de défaillance de l’un d’eux. Mais à condition que les objets soient équipés des composants radio des deux technologies. Ce qui alourdira son prix. Sauf dans certains cas critiques, la complémentarité des deux réseaux dédiés aux objets connectés de Telefónica et Sigfox doit donc plus se voir dans les usages différents, voire laisser émerger de nouveaux usages, que dans un modèle sécurisant de disponibilité assurée. Un complément de couverture n’est cependant pas à négliger alors que Sigfox entend déployer son réseau dans une soixantaine de pays d’ici 2018.

Combiner les deux offres dans de nouvelles solutions

Concrètement, la plateforme de gestion de connectivité de Telefónica intègrera le cloud Sigfox. En bénéficiant de la collecte et la gestion des données, ainsi que de l’intégration des objets à travers le réseau mondial déployé par l’entreprise toulousaine, l’opérateur espagnol pourra ainsi développer ses propres solutions IoT de bout en bout, indépendamment de celles du Français.

[Lire aussi : IoT : 2016, l’année du décollage]

Les clients des deux acteurs devraient trouver dans ce partenariat des opportunités pour accélérer leurs déploiements IoT à grande échelle, particulièrement en Europe et Amérique latine, notamment en matière de suivi d’actifs et de compteurs connectés (pour faciliter les relevés à distance et la surveillance des risques de fuites). « Nos clients existants développent déjà de nouveaux cas d’utilisation basés sur la combinaison de nos offres, afin de faire de l’Internet des objets un axe de développement majeur de leurs activités », assure Ludovic Le Moan qui vise les 100 millions d’objets connectés l’année prochaine dans un large ensemble d’applications verticales (agriculture, automobile, santé, maison connecté, grande distribution, énergie, industrie…).

En complément d’Altice

Aucune entreprise n’est aujourd’hui citée. Mais celles qui sont intéressées ne doivent pas manquer. La branche entreprise de Telefónica, qui s’adresse notamment aux multinationales, opère en Espagne, Allemagne, Mexique, Colombie, Argentine, Brésil et aux Etats-Unis. Ainsi qu’en France où l’Espagnol propose ses services à travers Telefónica Business Solutions France, une co-entreprise portée par Bouygues Telecom. Une situation quelque peu paradoxale alors que ce dernier privilégie le protocole Lora, concurrent de Sigfox, à travers sa filiale Objenious.

Telefónica n’est pas le premier opérateur à ouvrir une porte sur l’international à Sigfox. L’opérateur français avait signé, l’année dernière, un partenariat équivalent avec Altice, maison mère de SFR en France et présent au Luxembourg, en Belgique, aux Caraïbes, au Portugal, en Israël, en Suisse et aux Etats-Unis. Mais l’envergure historique de Telefónica et sa présence en Amérique latine devrait ouvrir à Sigfox de nouvelles opportunités de développement et consolider sa stratégie de fourniture d’un service IoT mondial.


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