Juniper Networks veut lever les obstacles à la cohérence numérique

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A l’occasion d’une conférence, Juniper Networks a décliné la vision d’un futur technologique composé de méga services que viendra soutenir le réseau.

« Au réveil, j’ai la météo et mon flux d’informations du jour, j’ai mon application d’entraînement qui me recommande d’aller marcher un peu, je connecte mon traqueur d’activité qui en sait quasiment plus sur ma santé que mon propre médecin, je programme mon robot aspirateur pour faire le ménage quand je ne suis pas dans la maison mais j’aimerais qu’il soit directement connecté à mon agenda ou à des détecteurs de présence afin que le système gère cette information par lui-même. Je monte dans ma voiture et ma maison se ferme automatiquement dès que je dépasse une certaine distance… Avec le rythme soutenu des évolutions technologiques et la façon d’y accéder, nous pourrions penser que nous avons atteint un point de non retour. Mais je pense que nous en sommes encore loin. Ce voyage dans l’innovation n’a pas de destination. » A l’occasion de la conférence « The open disruptive decade » donnée à Londres, jeudi 29 septembre, Rami Rahim (photo ci-dessus), le CEO de Juniper Networks, a partagé sa vision d’un avenir technologique proche et dans laquelle le réseau s’inscrit évidemment comme une pièce maitresse.

Un futur où les applications se connecteront et s’assembleront afin de fournir des méga services holistiques qui nous faciliteront la vie, selon le dirigeant. Par exemple, à la question « qu’est-ce qu’on mange ce soir », l’application proposera un menu en prenant en compte un large ensemble de paramètres qui iront de la localisation de la personne, à son état de santé, en passant par son budget, les aliments stockés dans le réfrigérateur, etc. Si le choix d’aller au restaurant est retenu, un taxi sera éventuellement commandé automatiquement. Autre exemple, l’apprentissage scolaire qui passerait par la pratique de l’expérience immersive des élèves que permettront des technologies comme la réalité augmentée (apprendre l’histoire en visitant un monument historique, faire des maths dans un supermarché…). Des services qui seront mêmes capables d’anticiper nos besoins. « Ce futur arrive, c’est la prochaine vague de l’innovation », assure Rami Rahim.

Quatre obstacles

Un futur qui fait appel à un ensemble toujours plus grand de concepts que sont la sécurité, l’intelligence artificielle, le big data, l’automatisation, l’ouverture, la réglementation, les alliances industrielles… Ce que le CEO qualifie de cohérence des services numériques et qui met la pression sur un réseau dont les éléments doivent, de l’autre côté, composer avec le déclin de la loi de Moore. Rami Rahim identifie quatre barrières à l’émergence de cette cohésion numérique : le besoin de performances, les coûts, l’interopérabilité et la confiance. Quatre obstacles qu’il s’agit de faire tomber pour profiter des pleines capacités de l’ère numérique alors que « ces services sont quasiment disponibles aujourd’hui ».

En matière de performance, La puissance de calcul est désormais apportée par les datacenters et même l’exploitation de grappes de datacenter (l’hyperscale datacenter). « Ce qui nécessite d’innover sur la partie réseau et l’architecture en dimensionnant l’infrastructure sans la complexité d’avoir à gérer des centaines ou milliers d’éléments », précise Rami Rahim. Un rôle taillé sur mesure pour le SDN et le NFV, opérateurs de pilotage centralisé du réseau. La maîtrise des coûts passe elle par l’automatisation. A l’heure ou le coût par unité de travail augmente chez les humains quand il descend pour la machine, « cela ne signifie pas tuer l’emploi mais nous doter d’une vraie capacité à continuer à innover », assure le dirigeant.

Sécurité à tous les étages du réseau

L’interopérabilité, elle, passera par un véritable langage commun entre les réseaux optiques et IP. « Le futur du réseau est une automatisation et optimisation du couple paquet/optique. C’est un véritable axe d’innovation pour Juniper ». Le porte-parole de l’équipementier reconnait néanmoins la nécessité que les différents constructeurs (Juniper, Nokia, Huawei…) travaillent ensemble pour atteindre cette interopérabilité aujourd’hui permise via la couche Ethernet IP exécutée au-dessus du signal optique.

Enfin, la confiance est directement liée à la sécurité. Et la vision de Juniper est d’apporter cette sécurité à chacun des éléments qui composent l’ensemble du réseau. Un concept que l’équipementier qualifie de Software Defined Secure Networks (SDSN) ou chaque élément partage ses informations (failles, attaques, etc.) avec les autres, voire avec l’ensemble du réseau mondial. Des informations que l’automatisation pourrait alors traiter pour générer des correctifs et les appliquer automatiquement, sans intervention humaine. « Le machine learning permet de mettre ça en œuvre aujourd’hui », assure Rami Rahim.

Extension des OpenLab

Juniper entend faire partager cette vision d’une cohérence des services numériques à ses partenaires, clients ou prospects. Plus prosaïquement, le fournisseur les invite à venir tester les solutions de SDN/NFV pour mieux appréhender la rupture technologique qui s’annonce. Pour y faire, Juniper prévoit la multiplication de son OpenLab. Le site historique du New Jerseay sera accompagné, au cours des six prochains mois de six autres centres de test (notamment en mettant à disposition des sandboxes pré-définies), de démonstrations, de mise partenariat ou encore de programmes universitaires. Londres et Amsterdam sont les premiers sur la liste avec des ouvertures annoncées le 10 octobre et 8 novembre respectivement. Suivront Briddewater (Canada), dans la Silicon Valley, Tokyo, Singapour et Sidney. Les visiteurs des OpenLab auront alors tout le loisir de vérifier la pertinence de la vision de Juniper convaincu que « la cohésion des services fournit l’invisibilité ».


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