Juniper Networks veut simplifier l’interconnexion des datacenters

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Avec sa solution d’interconnexion pour datacenters Open Cloud Interconnect, Juniper unifie les couches réseau IP et optique dans sa surcouche logicielle.

Juniper Networks a profité de la conférence OFC (Optical Networking and Communication) cette semaine à San Diego pour présenter Open Cloud Interconnect (OCI), une solution d’interconnexion pour datacenters (DCI). Si la solution est nouvelle, « elle s’appuie sur des composants switching et routing existants », précise Eric Bornet, directeur channel et commercial entreprise de l’entité française de l’équipementier américain. Notamment la partie optique apportée par BTI Systems acquis en avril 2016. « Ce qu’on annonce avec Open Cloud Interconnect, c’est la capacité d’embarquer directement des composants DWDM dans nos routeurs et switches et dans la partie optique pure du portefeuille BTI d’embarquer également une brique IP un peu plus soutenue que ce qui existait lors du rachat. »

Interconnecter deux équipements en DWDM

Eric Bornet, directeur channel et commercial entreprise de Juniper France.
Eric Bornet, directeur channel et commercial entreprise de Juniper France.

Une agrégation des briques optique et IP sur laquelle vient s’ajouter une consolidation software à travers des couches de virtualisation et de SDN (Software Defined Networks ou réseaux programmables) pour piloter l’ensemble de manière homogène. Cette solution unifiée intègre la partie optique dans les routeurs et commutateurs, « ce qui n’existait pas auparavant chez nous », afin de simplifier la vie des administrateurs de datacenter de services Cloud en matière de déploiement, d’administration et d’automatisation du réseau. Ils pourront ainsi utiliser les infrastructures réseau des couches 1 jusqu’à 5, selon Eric Bornet, pour interconnecter en DWDM (le multiplexage de longueurs d’ondes) entre deux équipements.

Concrètement, la solution s’appuie sur de nouvelle carte de ligne de réseau DWDM QFX10000 et UFM6 de la gamme BTI7800. La première soutient une capacité optique de 1,2 Tbit/s à travers 6 ports de 200 Gbit/s combinable à un VPN Ethernet (EVPN), un VXLAN et une sécurité MacSec. La seconde, un multiplexeur/transpondeur, comprend 10 ports client 10/100 Gigabit Ethernet (GE) configurables en 2 ports DWDM montant jusqu’à 200 Gbit/s chacun. Compatible avec les autres cartes ligne réseau de Juniper et de tiers, le modèle permet de maintenir un signal sur des distances de 2000 km.

Ouvert aux architectures tierces

Au-delà de la performance, OCI va pouvoir, selon notre interlocuteur, adresser tous les cas d’usage et les différentes architectures déployées à travers une seule solution. « On est capable de supporter les charges d’interconnexion sans avoir à repenser l’architecture en fonction des pics de trafic, résume Eric Bornet, nous apportons de la flexibilité et la capacité de se projeter de manière simple et homogène et en intégrant la partie automatisation. » Une partie particulièrement en pointe dans l’actualité de Juniper.

Juniper OCIL’équipementier évoque évidemment la suite JuneOS Space pour la gamme des routeurs MX et QFX, proNX Service Manager (issu de BTI) sur la partie optique pour activer les longueurs d’ondes (liens colorés) de manière automatisée ainsi que, au dessus, les contrôleurs Contrail Networking et/ou NorthStar. « Mais tout cela est bien entendu ouvert, assure le porte-parole de Juniper, si le client a déjà opté pour une autre offre SDN, on sera capable de s’interconnecter avec les systèmes existants à travers nos API ». Une offre qui pourra s’adapter à l’existant comme répondre à de nouveaux projets, Juniper pouvant désormais compléter la partie optique ou réseau indépendamment avec des briques purement software ou hardware.

Un marché de 286 milliards de dollars

Une ouverture que Juniper met en avant face à l’offre concurrente chez Cisco, Arista ou Huawei pour la partie routage IP, et Nokia (Alcatel-Lucent), Ciena ou Adva sur l’offre optique, pour adresser les grands acteurs du Cloud mais aussi les opérateurs qui proposent des services aux entreprises voire les entreprises elles-mêmes. « Beaucoup d’entreprises opèrent encore leur propres datacenters, assure Eric Bornet, elles doivent s’assurer d’avoir un réseau d’interconnexion fiable et une gestion de leurs workload fine en fonction de leurs activités. »

Dans tous les cas, l’usage du Cloud, et donc du datacenter et de leur interconnexion, est amené à se développer. Selon IHS Markit, le marché des services Cloud devrait progresser de 23% entre 2016 et 2020 pour atteindre un chiffre d’affaires de 286 milliards de dollars. Une aubaine pour les équipementiers.


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