La consolidation du marché européen des télécoms au point mort

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Aux yeux de Gervais Pellissier, PDG adjoint d’Orange, la consolidation européenne des télécoms est bloquée par Bruxelles.

Selon Gervais Pellissier, la consolidation du marché des télécoms en Europe est au point mort. Le directur général adjoint d’Orange en charge des opérations européennes s’exprimait devant un groupe de journalistes. Selon lui, de nouvelles fusions-acquisitions d’opérateurs ne sont plus à l’ordre du jour en Europe. « Et quand je dis pas à l’ordre du jour, je parle pour les 12, 18 ou 24 prochains mois », a-t-il déclaré selon des propos rapportés par le Financial Times.

Les mauvais signes de Bruxelles

Son analyse s’inscrit dans le refus, début mai, de la Commission européenne d’accorder son feu vert au rachat de O2 (Telefónica) par Three (CK Hutchinson). Une fusion qui aurait ramené le marché britannique à trois opérateurs. Une situation que Margrethe Vestager, la Commissaire européenne à la concurrence, estimait trop peu concurrentielle pour servir l’intérêt des consommateurs et les investissements dans le réseau. Et l’intérêt qu’Hutchison porte à Wind (VimpelCom) en Italie risque de prendre le même chemin tant l’affaire s’inscrit comme une copie conforme du cas O2/Three.

Pourtant, aux yeux de Gervais Pellissier comme de nombre de dirigeants d’opérateurs, la consolidation du secteur est nécessaire pour construire un marché pérenne et garantir les investissements nécessaires à l’évolution des moyens de communication télécoms dans une Europe qui cherche à construire le marché unique. Et pour le DG adjoint d’Orange, les signes envoyés par Bruxelles influencent nécessairement les régulateurs locaux, entravant d’autant toute velléité de consolidation. « Il n’y a pas de lien juridique direct, mais nous ne pouvons pas imaginer qu’une autorité de la concurrence aille complètement dans le sens inverse du ton donné par Bruxelles », a-t-il déclaré.

Manque de confiance

Est-ce à dire que, en ratant l’opportunité de racheter Bouygues Telecom, Orange a perdu pour de long mois l’occasion de voir le marché français revenir à quatre opérateurs mobiles ? Sur cet échec, Gervais Pellissier a déclaré au FT : « Nous avons vu comment ils (Free et SFR, NDLR) sont incapables de travailler les uns avec les autres… la principale raison pour laquelle la transaction a échoué est le manque de confiance entre les acteurs. »

Une analyse globale beaucoup plus pessimiste qu’il y a un an. En juin 2015, Gervais Pellissier évoquait Telecom Italia, KPN aux Pays-Bas ou encore Belgacom comme des cibles potentielles pour poursuivre les fusions, y compris par Orange. Depuis, Vincent Bolloré (Vivendi) a mis la main sur l’essentiel du capital de l’opérateur italien (visiblement pour l’inscrire dans sa stratégie média), et KPN et Belgacom (Proximus) n’ont pas montré des signes d’ouverture pour une acquisition. Les prédictions de consolidation que Stéphane Richard, PDG d’Orange, avançait fin 2015, sont aujourd’hui remises en cause.


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