La Deutsche Bank sceptique sur l’accord Cloud Apple-Google

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Dans une note aux investisseurs, la banque allemande émet des doutes sur la taille et l’ampleur du contrat passé entre Apple et Google sur l’hébergement d’iCloud.

La semaine dernière, notre confrère CRN dévoilait un accord passé entre Apple et Google pour l’hébergement d’une partie du service iCloud pour un montant compris entre 400 et 600 millions de dollars. Même si on ne sait pas si cette enveloppe correspond à un montant annuel, il s’agit d’un véritable coup de canif dans les relations bien établies entre la firme de Cupertino et Amazon Web Services (AWS) pour un montant annuel estimé par Morgan Stanley à 1 milliard de dollars.

Mais le rapprochement entre Google et Apple n’aurait-il pas été surestimé ? C’est ce que laisse entendre la Deutsche Bank dans une note envoyée aux investisseurs. « Une source indépendante nous a expliqué que les médias ont pu déformer ce qui s’est réellement passé et que les montants indiqués (1 milliard d’investissements d’Apple dans AWS ou les 400 à 600 millions de dollars pour Google) sont absurdes », rapporte Business Insider qui a consulté la note.

Un deal loin du portefeuille de Google

L’établissement financier estime qu’en générant environ 400 millions de revenus en 2015, le deal avec Google Cloud Platform (GCP) est extrêmement important. Une grandeur suspecte et en décalage par rapport au portefeuille actuelle de la firme de Mountain View. Même si, constate la note, des grands comptes s’appuient sur le IaaS de Google, mais uniquement pour des « nouvelles initiatives web, petite et de niche ». Et d’ajouter : « Certaines sources industrielles montrent que Google est mieux placé sur le segment des PME, une vision partagée par nos propres clients qui utilisent la plateforme de Google. Nous n’avons pas rencontré de clients qui avaient migré leur IT existant au sein de GCP. » Pour autant, Spotify a annoncé la migration de son IT existant sur GCP.

Dans tous les cas, Deutsche Bank minimise les conséquences de l’éloignement d’Apple vis-à-vis d’AWS. Il soupçonne une volonté du constructeur américain de vouloir réduire le risque d’être mono-plateforme, tout en testant la migration des données avant de, selon la rumeur, créer son propre Cloud.

Sceptique sur une prochaine baisse de prix

Autre point de scepticisme, certains articles font état d’une possible annonce de réduction de prix lors de la prochaine conférence Next qui se tient cette semaine pour réalimenter la guerre tarifaire avec AWS. Hypothèse peu probable selon la banque, car AWS a montré qu’il pouvait répondre rapidement à des baisses tarifaires et il s’agit d’un business model avec des marges hautes. « Il est ironique que le gens pensent qu’Amazon n’est pas focalisé sur la rentabilité, mais AWS est un business à forte marge. Et c’est à Google et Microsoft d’être plus agressifs sur les prix (selon nos estimations) et d’aller sur des segments rentables de l’infrastructure Cloud », constate la note.

Nonobstant, la Deutsche Bank salue la fiabilité et la robustesse des fonctionnalités proposées par GCP, dirigée par Diane Green. Google est clairement le numéro 3 derrière AWS et Azure de Microsoft. Un retard que Google pourra rattraper. « Il est peut-être en retard à un moment où le marché du Cloud est à l’an 1 ou 2 d’un mouvement qui va durer 20 ans. Il a du temps pour se rattraper », conclut la note.

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Crédit Photo : Pathdoc-Shutterstock

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