Le créateur du Bitcoin démasqué… et aussitôt perquisitionné

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Selon la presse américaine, un Australien, Craig Steven Wright, serait le créateur du Bitcoin. Des révélations intéressant la police australienne, qui a décidé de perquisitionner la maison de l’ingénieur informatique.

Il y a un peu plus d’un an, Newsweek avançait que celui qui se cache derrière la création du Bitcoin s’appelait réellement Satoshi Nakamoto, un Japonais naturalisé Américain habitant en Californie. Ce dernier avait réfuté son implication dans l’élaboration de la monnaie virtuelle. Le soufflet était depuis retombé, mais voilà que deux médias américains, Wired et Gizmodo, annoncent avoir percé l’identité de l’énigmatique Satoshi Nakamoto.

Il s’agirait de Craig Steven Wright, citoyen australien de 44 ans. Selon son profil Linkedin, il aurait toutes les qualifications (il se déclare multi-certifié) et surtout les diplômes (en droit, dans la sécurité, mais aussi dans la finance quantitative) pour avoir mené à bien un tel projet. Andy Greenberg, journaliste à Wired, et Gwern Branwen, le pseudo d’un consultant en sécurité et spécialiste du Dark Web, n’ont pas de doutes, mais pas de certitudes non plus. « Soit Wright a inventé Bitcoin ou alors c’est un mystificateur de génie qui a tout fait pour que l’on pense qu’il l’a réalisé », soulignent les deux auteurs en préambule de leur enquête.

Un faisceau de présomptions

Tout a commencé par plusieurs documents fournis par une source proche de Wright à Gwern Branwen. Parmi ces informations, figure un post d’août 2008, soit quelques mois avant la publication d’un livre blanc sur le Bitcoin en novembre 2008. Dans cet article, il parle d’une prochaine publication d’un papier sur les crypto-monnaies et fait référence à « une comptabilité à trois entrées » issue d’un document datant de 2005 de Ian Grigg, spécialiste de la cryptographie financière. Toujours sur ce blog, Craig Steven Wright demande à ses lecteurs de chiffrer leur message pour le contacter avec une clé publique PGP. Or la clé proposée correspond à celle utilisée par Satoshi Nakamoto. Enfin, l’ingénieur australien indique dans une note du 10 janvier 2009 que « la bêta de Bitcoin sera lancée demain. C’est décentralisé… Nous ferons des essais jusqu’à ce que ça fonctionne ».

L’enquête est lancée et Wired continue à explorer la vie de Craig Steven Wright. Ce dernier s’est associé avec David Kleiman, un analyste en sécurité depuis décédé, pour créer la société Tulip Trust. Elle aurait récolté les premiers Bitcoins, soit 1,1 million d’unités. Ce montant correspond à celui visible sur le blockchain et que l’on attribue à Satoshi Nakamoto. Ce pseudo resurgit d’ailleurs dans un courrier entre Wright et un associé sur un litige avec l’administration fiscale australienne. Il écrit : «  J’ai fait de mon mieux pour cacher le fait que j’ai fait tourner Bitcoin depuis 2009, mais je pense que tout le monde va finir par le savoir. » Le magazine a essayé de contacter Wright pour avoir confirmation de ces suppositions. Après plusieurs échanges cryptiques avec l’ingénieur, il a cessé toute communication.

Perquisition des autorités australiennes

Quelques heures seulement après la publication de l’enquête de nos confrères, la police australienne a fait une descente dans une résidence, située dans la banlieue nord de Sidney appartenant à Craig Steven Wright, ainsi que dans les locaux de ses sociétés, De Morgan et Panopticrypt Pty, situées dans un autre quartier de la ville. Les autorités judiciaires australiennes ont été mandatées par l’Australian Tax Office et ont indiqué que « les opérations n’étaient pas liées aux bitcoins ».

Le propriétaire de la maison où a résidé l’ingénieur et sa famille pendant un an a indiqué à nos confrères de Reuters que Wright avait mis en place « un système informatique conséquent » qu’il avait branché sur une alimentation tri-phasée à l’extérieur, pour avoir de la puissance supplémentaire. Ce besoin de puissance se retrouverait aussi dans les sociétés montées par Wright. Selon Wired, il aurait investi plus d’un million de dollars dans l’achat de deux supercalculateurs dont l’un est même classé dans le Top500 (répertoriant les machines les plus puissantes sur le globe) à la 17ème place (le C01N qui appartient à la société Tulip Trading). De même, il aurait déboursé beaucoup d’argent pour amener la fibre dans une ferme lui appartenant dans l’Est de l’Australie.

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 Crédit Photo : Samuel Borges Photography-Shutterstock

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