Les TIC vont-elles sauver la planète ?

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Les technologies de l’information sont-elles profitables à la planète ? Ce sera à la société de la connaissance d’en décider…

Dans la sinistrose ambiante, un livre qui décide de croire en l’avenir aurait mérité de figurer au pied des sapins de Noël. Mais « Développement durable 2.0. L’internet peut il sauver la planète ? »,aux éditions de l’Aube, ne sera disponible en librairie qu’en janvier. L’ouvrage explore les potentialités offertes par les Tics en matière de développement durable, avec un parti pris d’espoir, mais sans oublier les impacts négatifs de ces technologies sur l’environnement, la société et l’individu. Avec, en filigrane, les transformations profondes induites par les Tics.

Gilles Berhault, fondateur d’ Acidd, réseau de réflexion et de mobilisation sur les technologies de l’information et le développement durable, est l’auteur du livre. Pour lui, les sociétés se trouvent à une étape de changement structurel, déterminé par la conjonction de différentes dynamiques : Dégradation effective de l’état de la planète, avec, notamment, la diminution des ressources en énergie, prise de conscience des citoyens et des gouvernements de ces enjeux, déploiement massif des technologies de l’information, porteuses de bouleversements politiques, sociétaux, économiques et individuels.

Comment ces dynamiques s’articulent elles ? Des usages des tics vont dans le sens du développement durable. L’auteur cite le cas des courses sur internet, plus écologiques que la virée au supermarché, des technologies qui permettent de mesurer ou simuler l’impact environnemental, mais également du co-voiturage. Car c’est surtout, note l’auteur, par la participation de tous, permise par les tics, et qui redéfinit les rapports sociaux, qu’une véritable démarche de développement durable peut s’instaurer. A l’inverse, les tics peuvent également être fortement consommatrices d’énergie (5% de l’énergie mondiale aujourd’hui), et les machines elles mêmes fort peu écologiques, voire dangereuses pour la santé de ceux qui les fabriquent ou, peut être même, de leurs utilisateurs. Au delà, elles sont également porteuses de risques sociétaux : surveillance…

Inquiétude et optimisme

Au total, je suis « inquiet de ce monde et optimiste » écrit l’auteur. Qui place ses espoirs dans une « société de la connaissance » qui pourrait succéder à la société industrielle. Dans cette nouvelle société, forcément globale, structurée par les réseaux de l’information, les rapports économiques, notamment, sont redéfinis autour de la notion d’usage, et non plus d’achat (« nous n’avons pas besoin de posséder une voiture, mais de se déplacer »). Les individus, en travaillant dans des centres de télétravail, sont moins rattachés à une entreprise, mais beaucoup plus intégrés dans une communauté locale. Le politique et les rapports Nord Sud également, se modifient par une participation et une implication accrue des citoyens.

Reste que le descriptif de cette nouvelle société ne prend que très partiellement en compte un enjeu pourtant vital : dans cette nouvelle société, il faudra bien se nourrir. Et les denrées alimentaires ne sont pas numérisables. Là, la logique traditionnelle qui veut qu’un bien pris par quelqu’un soit perdu pour les autres demeure donc d’actualité, comme l’ont montré les épisodes de crise alimentaire en Afrique, cette année. Par ailleurs, les tendances décrites par l’auteur restent pour beaucoup des perspectives.

Certes, des protocoles comme celui de Kyoto ont marqué des prises de consciences, des labels d’efficacité énergétique comme « énergie » de l’Ademe ont vu le jour, et des collectivités locales ont mis en place des politiques innovantes. Mais, comme le note Gilles Berhault, parmi les responsables politiques, « beaucoup ne comprennent pas les enjeux des civilisations numériques ». Gageons que ce livre contribuera à la réflexion de tous ses lecteurs -responsables politiques ou non-, puisque cette société de la connaissance n’existe que si tous s’en font les contributeurs. Et la voie de l’optimisme partagé est peut être la seule viable.


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