L’Italie, prochain territoire de conquête de Free ?

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Iliad (Free) serait entré en négociation exclusive pour récupérer des actifs réseau dans le cadre de la fusion entre 3 Italia et Wind.

A défaut de l’Angleterre, ce sera peut-être l’Italie. Alors que la vente définitivement annulée la semaine dernière de l’opérateur O2 (filiale de Telefónica) à 3 (CK Hutchison) enlève tout espoir, pour l’heure, à Iliad de s’implanter outre Manche, la maison mère de Free tournerait son regard de l’autre côté des Alpes. Le hongkongais CK Hutchison et le russe Vimpelcom comptent en effet y fusionner leurs activités télécoms, 3 Italia et Wind respectivement, suite à l’annonce officielle faite le 6 août 2015. Et, dans ce cadre, les deux opérateurs seraient récemment entrés en négociations exclusives avec Iliad pour lui vendre certains actifs, croit savoir Bloomberg.

Les actifs en question pourraient concerner une partie du réseau, des licences mobiles ou des accords d’itinérance. Leur vente s’inscrirait dans la volonté de la Commission européenne d’entretenir une vive concurrence sur les marchés télécoms européens. C’est pourquoi Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence, avait mis son véto sur le rapprochement entre O2 et 3 en Angleterre s’assurant ainsi de maintenir quatre opérateurs sur le marché britannique. En Italie, les choses semblent se présenter autrement. Et les deux acteurs concernés par la concentration chercheraient à anticiper les conditions de Bruxelles en préparant le terrain pour maintenir également un marché à quatre opérateurs avec Telecom Italia et Vodafone (ce qui remet en cause le point l’idée d’équilibre qu’un marché à trois aurait dû créer).

Niel déjà présent en Italie

Si l’opération est validée par l’Europe, l’Italie sera le premier pays où Iliad mettra les pieds en dehors de la France (au-delà des accords d’itinérances) après les échecs des Etats-Unis (avec l’acquisition manquée de T-Mobile en 2014) et de l’Angleterre, donc. L’entreprise de Xavier Niel était en concurrence avec Fastweb (Swisscom) selon les sources citées par Bloomberg. Il restera à voir si elle y appliquera la même stratégie qu’avec Free en France, à savoir des tarifs agressifs autour d’une offre mobile réduite à une extrême simplicité.

Si Iliad/Free n’a aucune présence à l’étranger, et encore moins dans la péninsule sud-européenne donc, ce n’est pas le cas de son PDG. A travers sa holding NJJ Capital, Xavier Niel détient plus de 15% de l’opérateur historique Telecom Italia. Dont la majorité des parts est entre les mains d’un autre français, le groupe Vivendi. NJJ détient également Salt en Suisse et Monaco Telecom Si Iliad entre sur le marché italien, Xavier Niel se retrouvera dans la situation paradoxale d’entretenir sa propre concurrence.


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