Loi Hadopi : les FAI affichent leur défiance
Riposte graduée, filtrage, recours, financement… les fournisseurs d’accès n’ont pas de mots assez durs pour qualifier le texte
La loi Création et Internet ou Hadopi ne convainc guère que le gouvernement et les Majors du divertissement. Après les commentaires très négatifs des associations de consommateurs, des députés de l’opposition, des députés européens, de la CNIL et du Conseil d’Etat (!), c’est au tour des FAI de remonter une nouvelle fois au créneau pour afficher toute leur défiance vis-à-vis de ce texte.
Dans un communiqué, l’AFA (l’Association des fournisseurs d’accès et de services Internet) composée d’AOL, Bouygues Telecom, Darty, Google, Kewego, Microsoft, Myspace, Neuf Cegetel, Numericable, Orange, SFR et Telecom Italia; et Free démonte point par point le projet de loi.
Bien sûr, l’association « confirme son engagement dans la lutte contre le piratage et le développement des offres légales, dans un strict équilibre entre protection du droit d’auteur et protection des libertés individuelles ». Mais selon elle, la loi pénalise « à l’excès les internautes et leurs fournisseurs ».
L’AFA critique d’abord le filtrage des réseaux qui pourrait être imposé aux FAI. L’association rappelle que les accords de l’Elysée (qui ont précédé la gestation de la loi) « prévoient que soient menées d’ici fin 2009 des expérimentations de filtrage, et soumettent une possible extension à trois conditions essentielles : succès de l’expérimentation, faisabilité technique de sa généralisation et cela dans des conditions financières réalistes.Aujourd’hui, rien ne prouve que ces techniques soient efficaces. Il est prématuré et contraire aux Accords de donner au juge de façon explicite un tel outil », explique-t-elle.
L’application de la fameuse riposte graduée (avertissement pus suspension de l’abonnement) est également dans la collimateur des FAI. Elle « doit être la règle et non soumise à la bonne volonté de l’instance administrative créée par la loi, qui n’est pas obligée de respecter toutes ces différentes étapes pour prendre des sanctions ».
Les FAI s’inquiètent également, et à juste titre, de l’absence des possibilités de recours pour les internautes. Cette absence est « très dommageable, au regard du respect des droits de la défense (que se passe-t-il en cas d’erreur de transmission ? d’erreur dans la saisine initiale par les organismes de défense et représentation des ayants droits ?). Le recours n’est possible qu’en cas de suspension, et n’est pas lui-même… suspensif. Aucun dispositif d’accueil des internautes « avertis » n’est par ailleurs prévu pour répondre à leurs questions, demandes ou contestations ».
L’association s’alarme également du mystère entourant le dispositif de suspension de l’abonnement. « Il est indispensable qu’une certaine souplesse soit introduite quant à son contour précis pour tenir compte des contraintes techniques : que se passe-t-il si la suspension de l’internet entraîne aussi suspension d’un autre service (téléphone, TV) ? La suspension de l’accès internet doit-elle concerner tous les services de communications publiques en ligne, ou peut-on en préserver certains chaque jour plus essentiels : mails, accès aux services publics en ligne … ? ».
Quant au financement des frais, l’AFA souligne que le projet de loi reste muet sur cette question.
Pour bien enfoncer le clou, les FAI estiment que l’offre légale n’est encore suffisante pour détourner les internautes du piratage. Pourtant, « la signature des accords de l’Elysée par les fournisseurs d’accès supposait en échange que les internautes aient accès à des offres légales compétitives. Or, les négociations avec les ayants droits, tant sur la chronologie des médias que sur l’ouverture des catalogues, restent suspendues à l’adoption de la loi et le temps passe sans que rien n’évolue ».
Enfermé dans ses certitudes, le gouvernement semble aujourd’hui bien isolé et son texte risque (si ce n’est déjà fait) d’être perçu comme un coup de pouce à une industrie qui n’a pas pas su négocier le virage du numérique et qui cherche bec et ongle à sauvegarder un modèle dépassé.
Derniers commentaires
2 replies to Loi Hadopi : les FAI affichent leur défiance
c’est un peu tard, les fai étaient d’accord, sans réfléchir bien sur, sinon l’incapable ministre de la soi-disant culture serait virée du gouvernement pour incompétence.
On a l’impression que la loi Hadopi doit ?e vot?(prochainement par le S?t) le plus rapidement possible.
Pourquoi ? Nous sommes au mois de Juin, le mois pr?r?u gouvernement pour forcer le vote de certaines r?rmes « critiques et d?cates », le mois o? soci? et les syndicats ont un peu la t? ailleurs (baccalaur?, d?t des vacances, examens…).
La r?tion de d?ance des FAI est naturellement ?dente car ce n’est pas en quelques mois qu’ils vont pouvoir mettre en place des outils de surveillance de leurs r?aux dont ce n’est pas leur boulot.
Tout ceci me fait peur !! J’ai peur que l’on entre dans ma vie priv?Internet pour surveiller ma connexion et ce que j’en fais car c’est bien cela qui va arriver bient?
Aucun respect de la vie priv?des internautes, aucune prise en consid?tion des diff?nts acteurs de l’Internet (CNIL, FAI, …) qui sont tous contre cette loi.
Alors comment contourner ceci ?
Il faudrait pouvoir rendre anonyme sa connexion Internet et ses transferts de fichiers LEGAUX envoy??es amis comme si on se trouvait sur un r?au priv??n FAI ne pourrait plus rien voir de la connexion de ses abonn?
Un syst? existe, que j’utilise depuis quelques mois, alors je me permets d’ne parler, juste vous en donner le nom : Peer2Me.
Avec ce syst?, plus rien ne transite sur des serveurs externes ni m? chez mon FAI et toute ma connexion est crypt?
En ??nbt que d’autres syst?s comme celui-ci puisse voir le jour dans les prochains mois afin de maintenir nos droits et nos libert?sur Internet.