L’université de Cornell met au point une puce radio universelle

ComposantsMobilitéPoste de travail
1 7 Donnez votre avis

La puce mise au point par des scientifiques de l’université Cornell s’appuie sur le signal radio pour gérer les risques d’interférence des fréquences sans passer par les coûteux filtres de gestion des bandes.

Une puce radio qui fonctionne sur toutes les fréquences dans le monde entier et coûte moins chère à produire. C’est le composant que des chercheurs de l’université Cornell aux Etats-Unis ont réussi à mettre au point… en s’inspirant du principe qui régit les techniques embarquées dans les casques à réduction de bruit de fond.

Plus en détail, les scientifiques ont réussi à séparer les signaux radio montants et descendants sans utiliser les coûteux et complexes filtres dédiés à distinguer les différentes fréquences hertziennes les unes des autres. Il faut savoir que séparer les bandes hertziennes qui reçoivent les signaux de celles qui les envoient est déjà délicat à gérer. Et quand le nombre de ces bandes ne cesse de grandir, le problème devient très complexe. D’où l’usage des filtres pour faire le tri et limiter les risques d’interférence.

Le signal gère lui-même les risques d’interférence

Mais Alyosha Molnar et Alyssa Apsel utilisent une autre technique, plus ingénieuse en apparence. L’idée est de se servir du signal lui-même pour gérer ces risques d’interférence en l’amplifiant ou l’annihilant simultanément. Dans leur article intitulé « A wideband fully integrated software-defined transceiver for FDD and TDD operation » (Un émetteur-récepteur à large bande entièrement intégré pour les opérations FDD et TDD) publié sur le site de l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers), ils décrivent un émetteur composé de six sous-émetteurs raccordés à une ligne artificielle de transmission.

Alyosha Molnar et Hazel Yuksel ont mis au point une nouvelle puce radio sans filtre.
Alyosha Molnar et Hazel Yuksel ont mis au point une nouvelle puce radio sans filtre.

Globalement, chacun des sous-émetteurs envoie des signaux à intervalles réguliers et leurs émissions pondérées individuellement sont programmées de sorte qu’elles se combinent pour produire un signal montant au niveau du port sortant de l’antenne, tout en annulant celui au niveau du port de réception. « Dans un sens, c’est un filtre et vous obtenez essentiellement cette annulation. Et dans l’autre sens, c’est un amplificateur », résume Alyssa Apsel dans le communiqué de l’université.

Un système reconfigurable

« Vous mettez l’antenne à une extrémité et le signal amplifié sort de l’antenne, et vous mettez le récepteur à l’autre extrémité et c’est là que l’annulation se produit, ajoute Alyosha Molnar. Votre récepteur voit l’antenne à travers ce lien, la ligne de transmission, mais il ne voit pas le signal d’émission parce qu’il s’annule [au niveau du récepteur]. » Autrement dit, la séparation du signal peut être contrôlée numériquement sans nécessité de filtre dédié à chaque bande de fréquence. Un système reconfigurable à volonté en apparence, donc.

La capacité à programmer ces sorties individuelles permet de régler ce jeu d’émission-annulation sur une large gamme de fréquences, aussi bien pour les applications mobiles que Wifi, Bluetooth, voire GPS, et de s’adapter à la puissance du signal à l’antenne. Qui plus est, le support de nouvelles bandes de fréquences pourrait être assuré par une simple mise à jour logicielle au même titre qu’une application pour smartphone. Il restera néanmoins à voir si cette technologie intéressera les fournisseurs de composants radio pour les terminaux mobiles connectés, smartphones, tablettes, voire PC, notamment, mais aussi, potentiellement, les postes télévisés et radio.


Lire également
Samsung finalise son premier composant pour antennes 5G
Comment la 5G va faire décoller le français Ommic
Sécuriser l’IoT via une puce dédiée

crédits photos : Cornell University

Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur