La marge de Sopra amputée par l’intégration de Steria

ProjetsSSII
2 28 Donnez votre avis

Sopra Steria signe une année de transition, où elle s’est employée à éteindre ses foyers de pertes. Le groupe entend désormais ramener la marge au niveau que connaissait Sopra avant l’acquisition de son concurrent.

Sopra Steria a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 3,58 milliards d’euros, en progression de 6,4 % sur un an par rapport au cumul des résultats des deux SSII en 2014. Le bénéfice net s’établit à 84 millions. Rappelons que Sopra a mis la main sur son concurrent dans le courant de l’année dernière. La croissance brute affichée par le nouvel ensemble masque toutefois des effets de change et de modification de périmètre (due notamment au récent rachat de Cimpa auprès d’Airbus). Ces effets d’accélération exclus, la progression du chiffre d’affaires se limite à 2 %.

En France, le chiffre d’affaires atteint 1,36 milliard d’euros, porté par la bonne santé de l’activité intégration et conseil, un des points forts traditionnels de Sopra. Cet ensemble, qui représente plus de 80 % du total hexagonal, a connu une croissance organique de 3,5 % en 2015, notamment grâce au bon résultat du conseil. Cette solidité permet d’encaisser la restructuration des activités de gestion d’infrastructures (I2S). Cette dernière, qui intègre pourtant une branche cybersécurité en plein boom, recule de plus de 10 %. La SSII continue à accuser des pertes sur ce segment, même si Sopra Steria parle désormais d’un résultat opérationnel « proche de l’équilibre ».

Allemagne : l’hémorragie stoppée

pierre pasquier
Pierre Pasquier

Au Royaume-Uni, devenu la seconde géographie du groupe du fait du poids de Steria dans l’archipel, le chiffre d’affaires est en léger recul (-0,7 %). Mais le groupe affiche sa confiance dans le développement des contrats avec le secteur public, son principal pourvoyeur d’affaires sur place. Les deux co-entreprises que Sopra Steria possède avec le gouvernement britannique (NHS SBS et SSCL) « ont vu leurs activités progresser », assure la société dirigée par Pierre Pasquier dans un communiqué. En revanche, le groupe admet être en difficulté avec le secteur privé outre Manche et a entrepris une réorganisation de ces activités.

En Allemagne, foyer de pertes de Steria suite à une acquisition qui ne s’était pas révélé concluante (Mummert Consulting), Sopra Steria assure avoir arrêté l’hémorragie, avec un chiffre d’affaires en croissance et un résultat opérationnel proche de l’équilibre (contre plus de 13 millions de pertes il y a un an). Avec la progression de l’Espagne, de l’Italie et de la Scandinavie, le chiffre d’affaires du groupe en Europe continentale s’établit à 697 millions d’euros, en progression de 6,3 % sur un an.

Remonter la marge en 2016

Le groupe Sopra Steria peut aussi compter sur la solidité de ses activités logicielles. A 282 millions d’euros, l’activité Banking Software (applications bancaires) connaît une croissance organique de 2,5 %. Sa marge, en net repli (3 points de moins en un an), continue toutefois à être supérieure à la moyenne du groupe. Même remarque pour l’autre activité d’édition (regroupant l’ex-HR Access et des solutions dédiées à la gestion immobilière), qui voit son chiffre d’affaires progresser (+3,2 %) et reste fortement contributeur à la marge du groupe, malgré un recul d’un point en un an. Signalons que Sopra Banking Software vient de se porter acquéreur de 75 % de Cassiopae, un éditeur ayant réalisé plus de 50 millions de chiffre d’affaires en 2014.

Globalement, la marge opérationnelle du groupe s’établit à 6,8 %, au-dessus de l’objectif affiché en août dernier (environ 6,5 %). Il n’en reste pas moins que ce niveau reste bien inférieur aux standards de Sopra, qui, en 2013 encore, affichait une marge opérationnelle de 8,1 %. Et qu’il est également inférieur à la marge pro-forma (intégrant Steria sur tout l’exercice) publiée en 2014. Il est vrai que Sopra doit achever de digérer Steria – un morceau d’une taille équivalente à la sienne – et que ce dernier affichait avant l’acquisition une rentabilité moindre que son acquéreur (6,3 % en 2013). Même si l’intégration des SSII a permis de dégager 45 millions d’économies en synergies diverses, Sopra Steria passe sur son exercice 2015 plus de 67 millions de charges de réorganisation, dont 46 liés à l’intégration de Steria.

Effectifs : 17 % offshore ‘seulement’

Rappelons que, lors de leur fusion, les deux groupes se sont fixé comme objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros et une marge opérationnelle voisine de 10 %. Sans toutefois y associer une échéance. Pour 2016, Sopra Steria se donne pour objectif de rétablir la marge au-dessus de 7,5 %.

Sopra Steria emploie 38 450 personnes, environ 1 000 de plus qu’il y a un an. Le groupe a réalisé près de 7 200 recrutements sur l’année. Malgré les implantations de Steria en Inde, la SSII a peu recours à l’offshore : moins de 17 % de ses effectifs sont basés dans des pays à bas coûts, parmi lesquels la société intègre d’ailleurs l’Espagne. A titre de comparaison, 54 % des effectifs de Capgemini sont logés dans les pays à bas coût, principalement en Inde.

A lire aussi :

Top 10 des SSII en France en 2014 : Capgemini devance IBM et Atos

Sopra Steria : le départ de François Enaud n’est pas une surprise

Remplacement de Louvois : la Défense confirme le choix de Sopra – HR Access

 


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur