Microsoft : le nouveau meilleur ami de l’Open Source ?

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Présent sur le Paris Open Source Summit, Microsoft est-il devenu un réel allié des communautés Open Source ? L’éditeur, jadis meilleur ennemi du libre, fait étalage de sa bonne volonté au travers de ses liens avec Docker et Red Hat.

De passage à Paris, à l’occasion du Paris Open Source Summit (qui se tenait les 18 et 19 novembre dans la capitale), Mark Hill, vice-président de Microsoft pour l’Open Source, détaille le partenariat qui lie le premier éditeur mondial à Docker, la start-up star des conteneurs. Un exemple qui, à ses yeux, illustre le virage du premier éditeur mondial concernant l’Open Source. Après avoir été hébergé dans une filiale à part – afin de ne pas ‘contaminer’ les autres équipes de développement -, le logiciel libre est désormais une composante à part entière de la R&D de Redmond. Un changement de braquet qui s’explique notamment par la montée en puissance du Cloud Azure.

Silicon.fr : Quel niveau de compatibilité allez-vous offrir avec les technologies Docker ?

Mark Hill : La prochaine version de Windows Server supportera un format de conteneurs Windows qui respecte le standard ouvert qu’a créé Docker pour cette technologie. Sur un plan opérationnel, cela signifie que l’outil de Microsoft Desired System Configuration va supporter les conteneurs Docker et que les outils de ce dernier vont supporter la technologie de conteneurs de Windows. Et ce, même s’il ne sera pas possible de déployer du code Docker directement dans Windows Server. Par ailleurs, sur Azure, il est déjà possible de faire tourner des conteneurs Docker au-dessus de Linux. Et nous proposons une intégration du Docker Hub (magasin applicatif de la start-up, NDLR).

Le partenariat très étroit avec Docker vise à autoriser les conteneurs Windows à fonctionner partout et à laisser aux entreprises le choix de leurs outils d’orchestration. Quels que soient ceux qu’elles retiennent, les conteneurs Linux et Windows fonctionneront.

Après être né dans le développement, Docker tente aujourd’hui de s’implanter dans les productions informatiques. La technologie peut-elle supplanter la virtualisation ?

M.H. : Une nouvelle génération de directeurs de la production IT s’intéressent aux conteneurs pour leur capacité à réduire les cycles de mises en production. Mais cela va prendre du temps et je ne crois pas que les investissements effectués dans la virtualisation vont perdre de leur pertinence. Cette technologie reste bien adaptée aux charges de travail traditionnelles, qui subissent peu de changements. Certes, les conteneurs permettant d’aller un cran plus loin, avec des applications immédiatement capables de passer à l’échelle et une promesse de portabilité entre Cloud. Mais nombre d’applications seront difficiles à passer en conteneurs. Je ne suis pas sûr qu’il existera un jour un outil permettant d’automatiser la migration d’une application virtualisée vers des conteneurs…

Si Azure supporte Docker, c’est aussi le cas des autres grands Cloud publics, à commencer par AWS…

M.H. : Notre implémentation est plus ouverte. C’est du pur standard Docker, contrairement à ce que proposent nos concurrents avec leurs services sur étagère. De ce fait, nous facilitons la portabilité des conteneurs entre Cloud, ce qui reste un des intérêts majeurs de cette technologie. Nous n’avons jamais eu l’intention de créer une version de Docker ne fonctionnant que sur Azure. On pourrait étendre ce raisonnement avec Red Hat : via un accord avec cet éditeur, nous avons décidé de créer un support unique, dédié aux déploiements Red Hat sur nos technologies, sur Azure ou on-premise. Les clients ont un interlocuteur unique. On ne trouve rien de tel chez AWS ou Google.

Comment est organisé le développement Open Source chez Microsoft ?

M.H. : Jusqu’à récemment, celui-ci était logé dans une filiale dédiée. Mais, au début de cette année, cette entité a été fermée et tous les développeurs Microsoft sont désormais incités à contribuer aux communautés. Nous avons créé un bureau de programme Open Source afin de suivre les contributions et de vérifier que nos engagements – la fourniture d’un code dûment testé et documenté notamment – sont bien respectés. Par exemple, tout le code créé pour gérer les intégrations entre Windows Server et Docker est reversé en Open Source. Rien que sur la journée du 17 novembre, les développeurs de Microsoft ont publié, dans diverses communautés Open Source, 45 000 lignes de code.

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