Le mur de Post-it, la réponse « low-tech » aux tweets de Trump

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Avant que Donald Trump ne soit adoubé par le collège électoral, les milliers de Post-it d’opposition, ou plus rarement de soutien au président élu, qui couvraient le mur d’une station de métro de New York ont été retirés. 5 000 d’entre eux vont être conservés par la New-York Historical Society.

Malgré l’appel d’opposants au revirement de dernière minute, le collège électoral américain a bien confirmé lundi l’élection de Donald Trump comme 45e président des États-Unis. Les 20 000 Post-it qui couvraient un mur d’une station de métro de New York (14e rue – Union Square) ont été retirés le 16 décembre. Cet épisode marque la fin d’une « thérapie du métro » (subway therapy) initiée par l’artiste Matthew ‘Levee’ Chavez. Pendant les semaines qui ont suivi l’élection du 8 novembre, les New-Yorkais et visiteurs ont eu la possibilité d’exprimer leurs réactions après la victoire inattendue du magnat de l’immobilier républicain face à sa rivale démocrate, Hillary Clinton.

Selon un fonctionnaire de la Ville, les notes sur feuilles détachables adhésives ont été une réponse « low-tech » aux invectives de Donald Trump sur Twitter. Low-tech peut-être, mais l’opération a essaimé sur les réseaux sociaux. La campagne virale a dépassé les attentes de son initiateur et obligé l’autorité locale des transports publics (MTA, Metropolitan Transportation Authority) à prendre des dispositions pour retirer les Post-it. Aujourd’hui, l’histoire continue puisque 5 000 des Post-it de la station vont être conservés par la New-York Historical Society. Celle-ci a décidé d’organiser, jusqu’au 20 janvier prochain, l’exposition « messages pour le président élu » inspirée de l’opération.

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sticky notes nyc 2016 II © E Campbell

À qui profite l’opération ?

Levee dit avoir tenté de faire respecter tous les points de vue, y compris ceux qui différaient des sentiments d’inquiétude, de colère et de tristesse d’une majorité d’électeurs new-yorkais. Ceux qui ont voté contre Donald Trump le 8 novembre dernier. Mais l’expression relativement pacifique des débuts a cédé la place à d’autres arguments, entre propagande et théorie du complot. Les parties prenantes ont donc choisi de préserver une partie du mur des Post-it hors du métro. Pour ce faire, en plus du rapprochement opéré avec l’artiste, la New-York Historical Society a coopéré avec la MTA et le gouverneur de New York, Andrew Cuomo. Cette opération de détournement artistique de Post-it est aussi un gros coup de pub, à moindre frais, pour la marque déposée par l’industriel 3M…

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crédit photos © E Campbell

Auteur : Ariane Beky
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