Nokia améliore ses résultat grâce aux brevets

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Le chiffre d’affaires annuel de Nokia en hausse de près de 6% est freiné par la division réseau affectée par la baisse des ventes de la 4G.

Nokia termine l’année sur des résultats positifs. Au quatrième trimestre 2015, son chiffre d’affaires s’élève à 3,6 milliards d’euros. Un résultat sensiblement meilleur (+2,8%) que les 3,5 milliards de 2014 pour la même période et qui s’améliore sur l’ensemble de l’année à près de 12,5 milliards contre 11,8 milliards un an auparavant (+5,9%). Ce qui se traduit par un résultat opérationnel non IFRS (hors éléments exceptionnels, donc) de 734 millions sur le dernier trimestre et de 1,95 milliard sur l’année, en hausse annuelle de 46% et 22% respectivement.

Dans les détails, ces bons résultats sont particulièrement portés par Nokia Technologies. La division brevets de l’entreprise finlandaise explose de 170% avec un chiffre d’affaires de 403 millions d’euros au 4e trimestre (et de 318% en résultat opérationnel à 322 millions). Et de 77% à plus d’1 milliard (et 102% sur l’année à 720 millions en bénéfices). La monétisation, efficace, de la propriété intellectuelle du groupe compense une activité réseau ralentie qui compose l’essentiel des revenus. Avec un chiffre d’affaires de 3,2 milliards sur le dernier trimestre, Nokia Networks affiche un recul de 5% (mais en hausse de 12% d’un trimestre à l’autre). Sur l’année, ça s’améliore : +3% pour 11,45 milliards d’euros. Ce qui se traduit par un résultat (toujours non IFRS) de 468 millions (en légère baisse en regard des 470 millions de 2014) sur le trimestre et en baisse de 8% à 1,26 milliard sur l’année.

Ralentissement de la 4G

« Nokia Networks dépend de la demande du marché qui ralentit avec la 4G largement déployée sur les marchés majeurs, commente Sylvain Fabre, directeur de recherche pour le cabinet Gartner. Les déploiements continuent mais auprès d’opérateurs moins porteurs. » Pour l’analyste, les équipementiers sont entrés dans une phase de transition qui va perdurer jusqu’au déploiement de la 5G « C’est une période d’attente avec un jeu d’efficacité sur la réduction des coûts qui affecte les grands vendeurs. »

Rajeev Suri confirme : « Alors que l’environnement concurrentiel de Networks est resté relativement stable au 4e trimestre, nous nous attendons à des vents contraires sur le marché en 2016 alors que les déploiements 4G/LTE en Chine et sur d’autres marchés commencent à ralentir. » La zone Afrique Moyen-Orient et la Chine ont néanmoins constitué les régions les plus dynamiques pour l’équipementier en 2015. La Chine fait d’ailleurs à elle seule autant que l’Amérique du Nord (15% chacun des ventes) tandis que l’Afrique Moyen-Orient génèrent 11% du chiffre d’affaires et l’Amérique latine 9%. L’Asie-Pacifique fait désormais jeu égal avec l’Europe au 4e trimestre en générant 25% des ventes chacune.

Digérer Alcatel-Lucent

Ces résultats, néanmoins supérieurs aux attentes du marché, s’inscrivent dans le contexte d’absorption d’Alcatel-Lucent. Nokia a annoncé, mercredi 10, avoir acquis 91,25% du capital de l’entreprise française. Si l’opération d’acquisition est indéniablement un succès qui fournit notamment à Nokia quelque 40 000 ingénieurs et chercheurs (un actif capital alors que se profile la 5G), il faut maintenant le transformer sur le plan opérationnel. Nokia prévoit une économie de 900 millions d’euros grâce à la synergie des coûts opérationnels d’ici 2018 et 200 millions en 2016.

Sur l’aspect management, Sylvain Fabre pense que « avec l’expérience Nokia-Siemens, l’équipe dirigeante a montré son savoir-faire ». Il reste néanmoins à consolider la structure et le catalogue. « Il n’y a pas énormément de chevauchement de produits à part dans le sans fil », estime l’analyste qui évoque également des points communs dans le cœur de réseau, la virtualisation (via la filiale Nuage Networks) et le Cloud. Nokia pourrait apporter des précisions sur la question dans deux semaines à Barcelone dans le cadre du Mobile World Congress (MWC) 2016. Selon Sylvain Fabre, la consolidation du catalogue et la gestion des clients affectés nécessitera 1 an à 18 mois de travail. 2016 risque donc d’être une année sensible. Rajeev Suri s’est d’ailleurs gardé de tout pronostic.


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