Après NotPetya, Merck malade de longue durée

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Porté par les ventes de ses traitements contre le cancer, Merck parvient à absorber les conséquences de NotPetya. Même si le faux ransomware continue à freiner sa production.

Comme d’autres groupes, Merck n’est pas encore totalement sorti de la crise provoquée par NotPetya, ce ransomware destructeur qui s’est diffusé mondialement en partant d’Ukraine le 27 juin dernier. Dans un communiqué détaillant ses résultats, le groupe pharmaceutique, qui approche les 10 Md$ de chiffre d’affaires au second trimestre, reconnaît que la cyberattaque a conduit à des perturbations, y compris dans sa production, ses activités de recherche et ses ventes. « Bien que la société ne connaisse pas encore l’ampleur de l’impact de cette perturbation, qui persiste dans certaines activités, elle continue de travailler pour en minimiser les effets », écrit le groupe pharmaceutique.

Autrement dit, un mois après le déclenchement de la cyberattaque, Merck, un groupe de taille mondiale, est toujours aux prises avec le faux ransomware, dont le but réel semble avoir été d’effacer un maximum de données pour provoquer le maximum de dégâts. La société pharmaceutique précise ainsi être seulement en train de remettre sur pied ses activités de production. Elle semble un peu plus avancée dans la reconstruction de ses activités d’emballage, « en grande partie restaurées ». Par contre, si, pendant la crise NotPetya, la société a continué à prendre des commandes et à gérer des expéditions, d’autres pans de l’entreprise semblent encore souffrir, en particulier les activités de formulation ou celles visant à produire les substances actives des médicaments, la plupart du temps internalisées par les labos. Bref, des activités critiques de la production pharmaceutique sont toujours sévèrement handicapées, Merck admettant ne pas encore être encore en mesure de produire des produits en vrac. 

Les médicaments clefs préservés

Le groupe américain fondé en 1891 se dit confiant dans sa capacité à ne pas connaître de rupture d’approvisionnement pour ses « produits clefs » que sont le Keytruda, le Januvia et le Zepatier. Le pharmacien n’indique toutefois pas si cette « confiance » provient de la reprise de la production sur ces molécules ou de l’importance de ses stocks. Par contre, Merck reconnaît s’attendre à « des retards temporaires dans l’exécution des commandes pour certains autres produits sur certains marchés », autrement à des ruptures d’approvisionnement. 

Malgré tout, les prévisions du groupe, porté par les ventes florissantes du Keytruda (un traitement contre certains cancers), restent solides, avec un chiffre d’affaires annuel compris entre 39,4 et 40,4 Md$. Soit sensiblement plus que les estimations précédentes. Merck a toutefois abaissé son objectif de bénéfice par action sur 2017, mais invoque ici les dépenses de propriété intellectuelle liées à un accord avec le labo anglo-suédois AstraZeneca. Jeudi, l’Américain a convenu de verser 8,5 Md$ à la société européenne dans le cadre d’un accord de collaboration en matière d’oncologie.

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Photo : portalgda via VisualHunt / CC BY-NC-SA

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